lundi 24 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2303918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2023, Mme A B épouse C, représentée par Me Guillou, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de la convoquer afin de lui remettre un récépissé de première demande de titre de séjour ou subsidiairement un accusé de réception de cette demande, dans un délai de 48 heures sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- elle est entrée sur le territoire français le 20 novembre 2014 sous couvert d'un visa C ; elle s'est mariée avec M. C qui est titulaire d'une carte de résident ; deux enfants sont nés en France de cette union, dont l'un est porteur d'un handicap ; elle a demandé son admission exceptionnelle au séjour en raison de sa vie privée et familiale par envoi postal réceptionné par la préfecture le 11 avril 2023 ; elle n'a toujours pas été convoquée par la préfecture pour récupérer son récépissé et ne dispose d'aucun justificatif de cette demande ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est placée dans une situation d'incertitude au regard de sa situation administrative et qu'elle peut faire l'objet d'un éloignement du territoire français à tout moment, alors qu'elle a présenté un dossier d'admission au séjour complet ;
- la mesure sollicitée est utile pour faire respecter ses droits et ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. En l'espèce, il ressort des pièces jointes à la requête que, conformément aux préconisations du site de la préfecture, Mme C a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale par un courrier de son conseil en date du 6 avril 2023 dont la préfecture de Seine-et-Marne a accusé réception le 11 avril 2023. Mme C soutient qu'elle ne s'est depuis lors pas vu délivrer de récépissé ni de document attestant du dépôt de sa demande de titre de séjour. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces jointes à la requête qu'à la date de la présente ordonnance, la demande d'injonction présentée par Mme C porterait atteinte à l'exécution d'une décision administrative, le délai de quatre mois dont dispose le préfet de Seine-et-Marne pour statuer sur sa demande de titre de séjour, en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'étant pas expiré.
6. Toutefois, il ressort des écritures de Mme C et des pièces jointes à sa requête qu'elle est entrée en France sous couvert d'un visa de court séjour le 20 novembre 2014, après s'être mariée en 2013 dans son pays d'origine avec un compatriote titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 3 décembre 2031. Mme C n'a présenté sa première demande d'admission au séjour que le 11 avril 2023, plus de huit ans après son entrée en France, durant lesquels elle s'est elle-même exposée à un risque d'éloignement du territoire français. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que l'enfant Hafsa Hajjai, dont l'âge n'est pas précisé et dont la filiation avec la requérante n'est pas établie, est porteuse d'un handicap, bénéfice depuis plusieurs années de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) et est suivie par une psychomotricienne et un pédiatre, la requérante n'apporte aucun élément de nature à établir que l'absence de délivrance d'un récépissé, alors que la demande d'admission au séjour est très récente et qu'aucun élément n'est produit qui attesterait de relances nombreuses et vaines auprès de la préfecture, serait de nature à préjudicier à brève ou moyenne échéance à l'état de santé ou à l'assistance dont cette enfant a besoin. Dans ces conditions, Mme C, qui ne se prévaut d'aucune autre circonstance, ne saurait être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qu'elle présente, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme C présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à A B épouse C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 24 juillet 2023.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026