LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2307820

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2307820

lundi 7 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2307820
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLESCS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2023, M. B D, représenté par Me Lescs, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite de refus d'enregistrement par l'Office français de l'immigration et de l'intégration de son dossier de regroupement familial, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'enregistrer sa demande de regroupement familial sur le fondement des dispositions de l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au bénéfice de son conseil une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée caractérisée quand un couple est séparé, notamment en matière de regroupement familial ; l'urgence résulte également de la nécessité d'assurer le bon fonctionnement du service public ; la situation de l'épouse du requérant est critique compte tenu de ce que le domicile conjugal est situé à Jalalabad, qu'elle est en situation d'isolement et dans l'impossibilité de sortir ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; la décision méconnaît les dispositions de l'article 4 de la loi relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations car elle ne comporte ni le nom et la qualité de son auteur ; elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoient la délivrance sans délai de l'attestation de dépôt de dossier de regroupement familial, et de celles l'article 23 de la directive n° 2011/95/Ue qui tendent à préserver l'unité familiale ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation alors que son dossier était complet.

Vu :

- la décision implicite de refus d'enregistrement de son dossier de regroupement familial :

- la requête enregistrée sous le numéro 2307796 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D, ressortissant afghan né le 22 septembre 1998 à Khan Khel Nangarhar (Afghanistan) est entré en France le 5 février 2018, selon ses déclarations pour y solliciter l'asile. M. D s'est vu reconnaître le bénéfice de la protection subsidiaire et a été mis en possession d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 29 octobre 2019 au 28 octobre 2023. M. D a déposé le 6 mars 2023 une demande de regroupement familial au profit de son épouse à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sans que lui soit remise une attestation de dépôt. Par une lettre du 17 avril 2023, la directrice territoriale de cet Office à Créteil l'a invité à produire une série de huit pièces obligatoires et de deux pièces complémentaires dans un délai de trente jours afin de compléter son dossier. A la suite des demandes de pièces complémentaires, M. D a transmis des éléments complémentaires par lettres avec accusé de réception réceptionnées le 9 mai 2023 et le 20 juillet 2023 par le service instructeur. Par la requête susvisée, M. D demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre la décision de refus implicite d'enregistrement de sa demande de regroupement familial et d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'enregistrer cette demande.

Sur les dispositions législatives et réglementaires applicables au litige :

2. Aux termes de l'article R. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger fait sa demande auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le préfet territorialement compétent ou, à Paris, le préfet de police en est immédiatement informé. ". Aux termes de l'article R. 434-12 du même code : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer. ". Enfin, aux termes de l'article R. 434-26 dudit code : " L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'entrer en France dans le cadre du regroupement familial est le préfet et, à Paris, le préfet de police. Cette autorité statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt par l'étranger du dossier complet de cette demande. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial. "

3. Il résulte des dispositions précédentes que seule la délivrance par les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), auxquels l'étranger doit avoir adressé sa demande de regroupement familial en application de l'article R. 434-7 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'attestation de dépôt d'un dossier complet de regroupement familial prévue à l'article R. 434-12 fait courir le délai de 6 mois de l'article R. 434-26 au-delà duquel le silence gardé par l'autorité administrative, à savoir le préfet de département, fait naître une décision implicite de rejet de la demande de regroupement familial.

Sur les conclusions à fin de suspension présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

5. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

6. Contrairement à ce que M. D soutient, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas présumée en matière de regroupement familial. Toutefois, si le refus d'enregistrement d'un dossier de demande de regroupement familial par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne porte pas en principe une atteinte grave et immédiate à la situation de l'étranger regroupant, il lui appartient de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire, dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige. En l'espèce, si M. D se prévaut de ce qu'il a déposé une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse le 6 mars 2023, il est constant que cette demande n'était pas complète, ce qui a conduit l'Office français de l'immigration et de l'intégration à lui demander des pièces manquantes par une lettre du 17 avril 2023. Si M. D prétend avoir transmis au service instructeur l'ensemble des pièces attendues par ce dernier, les éléments produits au dossier ne permettent pas d'établir si le service instructeur disposait d'un dossier complet 9 mai 2023 ou le 20 juillet 2023. Par suite, et en tout état de cause, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait dû lui délivrer l'attestation prévue par les dispositions de l'article R. 434-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès le 6 mars 2023, date de dépôt de sa demande de regroupement familial. D'autre part, s'il résulte de l'instruction que M. D a épousé Mme E A le 25 octobre 2022 à Nangarhar, il ressort de la traduction du carnet de mariage que cette dernière réside désormais à Téhéran (Iran). Or, il ne résulte pas de l'instruction que Mme E A épouse D séjournerait en Iran de manière irrégulière et qu'elle y serait exposée à une mesure de reconduite d'office par les autorités iraniennes à destination de l'Afghanistan. Enfin, M. D ne fait état d'aucun obstacle qui l'empêcherait de rendre visite à son épouse en Iran. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la décision en litige, par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas délivrée sans délai à M. D d'attestation de dépôt, aurait porté une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation de l'épouse du requérant et à la situation de ce dernier. Par suite, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas suffisamment caractérisée à ce jour. Dès lors, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions à fin de suspension d'exécution de la requête. Il doit en être de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que de celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Melun, le 7 août 2023.

Le juge des référés,

Signé : S. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026