jeudi 17 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2307883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MARMIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, Mme A C, représenté par Me Marmin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 11 juillet 2023 en tant qu'il lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
- cette condition est présumée remplie dès lors que la décision attaquée lui refuse le renouvellement de son titre de séjour ;
- la décision attaquée la place dans l'impossibilité de travailler alors qu'elle avait retrouvé un emploi en contrat à durée déterminée, si bien qu'elle est privée de ressources ;
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 11 juillet 2023 portant refus de séjour :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission du titre de séjour ne lui a pas été communiqué avant son intervention ;
- elle a été prise au motif qu'elle n'avait pas produit le contrat de travail visé par les autorités compétentes, ni d'autorisation de travail, ni ne justifiait d'une demande d'autorisation de travail, sans que l'administration lui adresse une demande de pièce complémentaire en application de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui imposent le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " lorsque son titulaire est involontairement privé d'emploi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que la mesure d'éloignement ne peut pas être exécutée tant qu'il n'a pas été statué au fond sur sa légalité par le tribunal ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite en ce qui concerne la décision portant refus de séjour dès lors qu'elle n'avait pas de droit au renouvellement du titre de séjour qui lui avait été accordé de façon discrétionnaire ;
- il n'est fait d'aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 juillet 2023 sous le numéro 2307762 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi, fait à Rabat le 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 10 août 2023 à 10h00 en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Thominette, substituant Me Marmin, représentant Mme C et les explications de Mme C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, en précisant que sa demande de suspension est dirigée uniquement contre la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et non contre celle portant obligation de quitter le territoire français, que son contrat à durée indéterminée avec la Croix-Rouge française s'achève le 31 août et que l'article L. 421-1 du code des étrangers et du droit d'asile est applicable dès lors qu'il n'y a pas de disposition équivalente dans l'accord franco-marocain.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante marocaine née le 27 mars 1985, est entrée en France, selon ses déclarations, le 24 juin 2011. Elle a bénéficié, du 2 juillet 2020 au 1er juillet 2021, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", renouvelée jusqu'au 1er juillet 2022 et dont elle a présenté une nouvelle demande de renouvellement le 3 mai 2022. Par un arrêté du 11 juillet 2023, le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite. Mme C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
En ce qui concerne l'urgence :
3. Il résulte des dispositions citées au point 2 que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
4. La condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour. En se bornant à faire valoir que Mme C ne remplissait pas les conditions pour bénéficier du renouvellement du titre de séjour qui lui avait été accordé de façon discrétionnaire, le préfet ne justifie d'aucune circonstance particulière susceptible de renverser cette présomption d'urgence. Il suit de là que la condition d'urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
5. Aux termes de l'article R. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Devant la commission du titre de séjour, l'étranger fait valoir les motifs qu'il invoque à l'appui de sa demande d'octroi ou de renouvellement d'un titre de séjour. Un procès-verbal enregistrant ses explications est transmis au préfet avec l'avis motivé de la commission. L'avis de la commission est également communiqué à l'intéressé. ". Il résulte de ces dispositions que l'avis motivé de la commission doit être transmis à l'intéressé et au préfet avant que ce dernier ne statue sur la demande dont il a été saisi.
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que Mme C n'a pas reçu, avant que n'intervienne la décision litigieuse, communication de l'avis rendu le 13 avril 2023 comportant les motivations retenues par la commission, de sorte qu'elle a été effectivement privée d'une garantie, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Dans ces conditions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 11 juillet 2023, en tant qu'il refuse à Mme C le renouvellement de son titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
9. En l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la demande de Mme C et, dans un délai de huit jours, de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne), la somme de 1 000 euros que Mme C demande en application de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 11 juillet 2023 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande de renouvellement du titre de séjour de Mme C est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la demande de Mme C et, dans un délai de huit jours à compter de la notification qui lui sera faite de la présente ordonnance, de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat (préfet de Seine-et-Marne) versera à Mme C, la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 17 août 2023.
La juge des référés, La greffière,
D : M. B D : M. Do Novo
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026