jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2403200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BERTIN & BERTIN -AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mars 2024, la commune de Mouroux, représentée par
Me Jérôme Duvignau, demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, ayant pour mission de :
- se faire communiquer tous les documents et toutes pièces utiles ;
- entendre contradictoirement les parties et leurs conseils convoqués ou entendus et noter leurs observations ;
- déterminer les désordres en lien avec les malfaçons et non-façons de l'entreprise Belliard ;
- évaluer les conséquences financières de ces désordres sur la construction du groupe scolaire ;
- quantifier le préjudice de la ville, en lien avec les défaillances, malfaçons et non-façons de la société Belliard ;
- établir un rapport provisoire, sur lequel les parties pourront présenter leurs observations, avant d'établir son rapport définitif ;
2°) de réserver les dépens et les frais irrépétibles.
Elle soutient que :
- dans le cadre de la construction d'une école élémentaire et de sa cantine rue de la Mardotte à Mouroux (77120), la société Belliard, à qui la commune a attribué les lots Charpente bois - Bardage bois - Brise soleil bois, Couverture - Etanchéité, Revêtement de façades, Menuiseries extérieures - protections solaires, n'a pas assuré correctement l'étanchéité du bâtiment, qui s'est trouvé affecté d'infiltrations entraînant des répercussions sur les travaux de l'ensemble des autres titulaires de lots du marché ; toutefois, l'assureur de la société Belliard, qui a été placée en redressement judiciaire en juillet 2022, a contesté le lien de causalité entre certains désordres relevés par la commune de Mouroux et les infiltrations résultant des malfaçons de son assuré ;
- l'expertise sollicitée permettra, d'une part, de déterminer si les désordres relevés par les différentes entreprises et par le maître d'œuvre de l'opération sont bien en lien avec les infiltrations imputables à la société Belliard, et d'autre part, de chiffrer les préjudices aux fins d'établir le décompte de liquidation du marché.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, la société Mma Iard et la société Mma Iard Assurances Mutuelles, représentées par Me Mathias Ferré, demandent au juge des référés de prendre acte des protestations et réserves qu'elles formulent en qualité d'assureurs de la société Sellier sur la mesure sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, la société Bp Consulting et les sociétés Mma Iard et Mma Iard Assurances Mutuelles, ses assureurs, représentées par Me Mathias Ferré, demandent au juge des référés de prendre acte des protestations et réserves qu'elles formulent sur la mesure sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, la société Smabtp, assureur de la société Belliard, représentée par Me Arnaud Ginoux, conclut à ce que le juge des référés :
1°) lui donne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée ;
2°) confie à l'expert qui sera nommé une mission d'expertise classique d'examen de tous les désordres allégués, incluant de donner un avis sur leur origine et leur cause, avec leurs conséquences tant matérielles qu'immatérielles, et de donner un avis sur leur imputabilité, désordre par désordre, à l'égard de l'ensemble des intervenants du chantier ;
3°) réserve les dépens.
Elle fait valoir que :
- la proposition d'indemnisation qu'elle a adressée à la commune de Mouroux se fonde sur deux rapports établis respectivement par un économiste de la construction et par son expert d'assurance, desquels il apparaît que certains postes de préjudice ne sont pas en lien avec les désordres potentiellement imputables à la société Belliard, ou se rapportaient à des reprises de non-conformités pour lesquels l'assureur n'est pas tenu à garantie ;
- la mission de l'expert doit porter sur les désordres allégués et les imputabilités susceptibles d'être retenues à l'égard de l'ensemble des parties requises, et devra distinguer les conséquences tant matérielles qu'immatérielles des désordres allégués en disant s'ils proviennent de malfaçons ou non façons.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, la société Meandre Cub Architectes, représentée par Me Jérôme Bertin, conclut à ce que le juge des référés :
1°) statue ce que de droit sur la demande d'expertise sollicitée notamment à son encontre ;
2°) lui donne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée ;
3°) lui donne acte que cette position ne constitue pas une reconnaissance de mise en jeu de sa responsabilité ;
4°) réserve les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2024, la société Mma Iard et la société Mma Iard Assurances Mutuelles, représentées par Me Mathias Ferré, concluent à ce que le juge des référés :
1°) rejette la demande de la commune de Mouroux tendant à une expertise au contradictoire des sociétés Mma Iard et la société Mma Iard Assurances Mutuelles en qualité d'assureurs de la société Smmc ;
2°) mette à la charge de la commune de Mouroux la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que la commune de Mouroux ne produit pas d'attestation d'assurance correspondante et ne justifie donc pas d'un intérêt à agir à leur égard en qualité d'assureurs de la société Smmc.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. En application de ces dispositions, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée.
3. La commune de Mouroux sollicite du juge des référés la désignation d'un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue notamment de déterminer l'origine des désordres ayant affecté la construction de l'école élémentaire et de sa cantine rue de la Mardotte à Mouroux (77120).
4. La demande d'expertise présentée par la commune de Mouroux n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et ne préjuge en rien des responsabilités encourues.
5. Dans la mesure où il importe de pouvoir constater et décrire les causes et conséquences des désordres matériels cités dans la requête, la demande d'expertise présente, en l'état de l'instruction et en l'absence d'accord amiable entre les protagonistes, un caractère utile, du fait notamment que l'origine des désordres reste à déterminer.
6. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à cette demande sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise hors de cause des sociétés Mma Iard et Mma Iard Assurances Mutuelles :
7. En l'état de l'instruction, les sociétés Mma Iard et Mma Iard Assurances, qui se bornent à faire valoir que la commune de Mouroux ne produit pas d'attestation d'assurance de la société Smmc, n'apparaissent pas manifestement étrangères au litige. Leur demande de mise hors de cause doit donc être rejetée.
Sur la demande de pré-rapport :
8. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité. La demande de la commune de Mouroux tendant à ce que l'expert dépose un pré-rapport doit donc être rejetée.
Sur les demandes tendant à réserver les dépens :
9. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux
dépens. " ; et aux termes de l'article R.621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R.621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () ".
10. Il résulte des dispositions précitées qu'il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne, ni de la réserver pour le futur. Par suite, les conclusions tendant à réserver les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux protestations et réserves :
11. Il n'appartient pas au juge des référés de donner acte de protestations et réserves. Par suite, les conclusions de la société Mma Iard, de la société Mma Iard Assurances Mutuelles, de la société Bp Consulting, de la société Smabtp et de la société Meandre Cub Architectes tendant à ce qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à ce qu'il soit donné acte de l'absence de reconnaissance de mise en jeu d'une responsabilité :
12. Il n'appartient pas au juge des référés de donner acte de ce que la position de la société société Meandre Cub Architectes ne constitue pas une reconnaissance de mise en jeu de sa responsabilité. Par suite, les conclusions de la société société Meandre Cub Architectes tendant à cette fin ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice
administrative :
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la société Mma Iard et de la société Mma Iard Assurances Mutuelles tendant à l'application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B A est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1° convoquer les parties ;
2° se rendre sur les lieux, entendre les parties et tout sachant et prendre connaissance de tous éléments nécessaires sinon utiles à sa compréhension des faits de la cause ;
3° se faire communiquer tous documents et pièces nécessaires sinon utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;
4° déterminer l'origine et les causes ainsi que l'étendue et les conséquences des désordres mentionnés dans la requête ayant affecté la construction de l'école élémentaire et de sa cantine rue de la Mardotte à Mouroux (77120 ;
5° donner son avis sur les préjudices de toute nature subis par la commune de Mouroux et en évaluer le montant ;
6° fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond ultérieurement saisie de se prononcer sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis ;
7° concilier éventuellement les parties sur la base d'une transaction qui pourrait se révéler en cours d'expertise et engager éventuellement une médiation entre les parties ;
8° formuler toutes observations utiles ;
9° déposer son rapport au greffe du tribunal administratif de Melun au terme de la mission d'expertise.
Article 2 : L'expertise se déroulera contradictoirement en présence, outre de l'expert désigné, de la commune de Mouroux, de la société Smabtp, de la société Meandre Cub Architectes, de la société Mma Iard, de la société Mma Iard Assurances Mutuelles, de la société Bp Consulting, de la société Slemj et Associés, de la société Smmc, de la société Sellier, de la société Aviva Assurance, de la société Cooltherm, de la société Smabtp, et de la société Lebatard.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9.
Article 4 : La première réunion d'expertise interviendra au plus vite à la diligence de l'expert.
Article 5 : L'expert déposera au greffe son rapport exclusivement sous forme électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées ; avec l'accord de celles-ci, la notification est faite par voie électronique par un procédé garantissant, dans des conditions prévues par l'article 748-6 du code de procédure civile, la fiabilité de l'identification des parties à la communication électronique, l'intégrité des documents adressés, la sécurité et la confidentialité des échanges, la conservation des transmissions opérées et permettant d'établir de manière certaine la date d'envoi ainsi que celle de la mise à disposition ou celle de la réception par le destinataire.
Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 7: Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Mouroux, à la société Smabtp, à la société Meandre Cub Architectes, à la société Mma Iard, à la société Mma Iard Assurances Mutuelles, à la société Bp Consulting, à la société Slemj et Associés, à la société Smmc, à la société Sellier, à la société Aviva Assurance, à la société Cooltherm, à la société Smabtp, à la société Lebatard et à M. B A, expert.
Fait à Melun, le 11 juillet 2024.
La juge des référés
Signé : S. C
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026