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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2403838

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403838

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403838
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation12ème chambre, éloignement
Avocat requérantGALMOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 mars 2024 et le 20 novembre 2024, M. E, représenté par Me Le Sayec, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de 5 ans ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D soutient que :

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est entachée d'incompétence ;

- a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ;

- est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La décision portant refus d'un délai de départ volontaire :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2024, la préfète de l'Essonne, conclut au rejet de la requête. Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Binet,

- et les observations de Me Le Sayec, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête et le mémoire, par les mêmes moyens;

- et de M. D qui déclare présenter un passé compliqué mais faire beaucoup d'efforts, que c'est sa compagne qui travaille et lui s'occupe des enfants et qu'en cas d'absence prolongée, la vie de famille serait mise en cause.

La préfète de l'Essonne n'était ni présente ni représentée.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant angolais, déclarant être présent sur le territoire français depuis plus de dix années, a été interpelé le 26 mars 2024 et placé en garde à vue pour des faits d'escroquerie en bande organisée, usage de faux document et aide à l'entrée d'un étranger en France. Par un arrêté du 26 mars 2024, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en application du 1° et du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de 5 ans. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 26 mars 2024.

2. En premier lieu, par un arrêté du 5 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de l'Essonne a donné délégation à Mme C A, adjointe au chef du bureau de l'éloignement du territoire et signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté cite les articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le règlement européen (UE) n°2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment celles sur lesquelles se fondent les décisions contestées. En outre, l'arrêté expose les éléments retenus pour fonder ces mêmes décisions, à savoir, la situation irrégulière de l'intéressé sur le territoire, les éléments constitutifs de la menace à l'ordre public, et décrit sa situation familiale. Ainsi, la décision qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation du requérant, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement M. D en mesure d'en discuter les motifs et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant avant de prendre les arrêtés attaqués. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (). ". Aux termes de l'article 51 de la Charte : " 1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union (). ".

6. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni sur chacune des décisions qui l'assortissent dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été entendu le 26 mars 2024 par les forces de police alors qu'il était placé en garde à vue. Il résulte du procès-verbal de cette audition, signé par lui sans réserve, qu'il a été entendu sur sa situation familiale et sur sa situation administrative, et a déclaré avoir fait une demande de titre de séjour en 2021 ou 2022 qui a été rejetée et pour laquelle il a précisé avoir fait appel. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il ait été empêché de s'exprimer avant que ne soit pris l'arrêté litigieux. Il n'est par ailleurs ni établi, ni même allégué, que M. D aurait disposé d'autres informations pertinentes à cet égard qui auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de cette décision. Dès lors, d'une part, M. D ne saurait être regardé comme ayant été privé du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. D'autre part, pour les mêmes motifs, l'intéressé n'est pas davantage fondé à soutenir que le principe du contradictoire aurait été méconnu.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni :

1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ; 2° Sous réserve des conventions internationales, et de l'article 6, paragraphe 1, point c, du code frontières Schengen, du justificatif d'hébergement prévu à l'article L. 313-1, s'il est requis, et des autres documents prévus par décret en Conseil d'Etat relatifs à l'objet et aux conditions de son séjour et à ses moyens d'existence, à la prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, ainsi qu'aux garanties de son rapatriement ; 3° Des documents nécessaires à l'exercice d'une activité professionnelle s'il se propose d'en exercer une. ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / (). ".

8. L'arrêté attaqué du 26 mars 2024 expose que M. D s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour et que son comportement constitue un trouble à l'ordre public. Ainsi, la préfète fonde sa décision sur les dispositions du 1° et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort clairement des termes de cet arrêté que, pour faire obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, la préfète de l'Essonne s'est fondée sur ces deux motifs, et pas uniquement sur la circonstance que le comportement de l'intéressé représenterait une menace pour l'ordre public. De plus, si M. D soutient avoir fait des démarches de régularisation de sa situation administrative, il ne produit aucun justificatif à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, la circonstance que ce dernier n'aurait pas commis les délits pour lesquels il a été placé en garde à vue est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement contestée. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. D a été condamné à six reprises depuis le

12 décembre 2005, par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de 5 mois d'emprisonnement et une interdiction du territoire français pendant 2 ans, pour des faits de recel de bien provenant d'un vol, d'escroquerie, de détention frauduleuse de faux documents administratifs constatant un droit, une identité ou une qualité, et le même jour par la même juridiction, à une peine d'un mois d'emprisonnement pour refus de se soumettre à un prélèvement biologique destiné à l'identification de son empreinte génétique. Il a été condamné le 28 juin 2007 par le tribunal correctionnel d'Evry à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits d'escroquerie et prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui. Puis, il a été condamné le 21 novembre 2007 par la Cour d'assises de l'Essonne à une peine de huit ans d'emprisonnement pour des faits de viol commis en réunion et d'arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivi d'une libération avant le septième jour. Il a également été condamné le 14 mai 2012, par le tribunal correctionnel de Chartres à une peine de deux mois d'emprisonnement pour des faits de recel d'un bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas 5 ans d'emprisonnement, et le 14 mai 2014, par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de recel de bien provenant d'un vol, d'escroquerie et de recel de faux documents administratifs. Par ailleurs, il ressort du relevé de consultation décadactylaire concernant M. D, qu'il a été signalisé le 3 novembre 2021 et 17 juillet 2022 pour des faits de conduite sans permis. Enfin, il ressort de l'autorisation de perquisition du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire d'Evry du 12 mars 2024, autorisant la perquisition du domicile de M. D, dans le cadre d'une enquête préliminaire pour des faits d'escroquerie en bande organisée, des faits d'usage de faux document administratif et d'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en France, que des mouvements interbancaires frauduleux, notamment des encaissements de chèques volés et la réception de virements frauduleux, ont orienté les recherches vers une société dénommée KV Multiservices et pour laquelle, après enquête, le gérant était identifié comme étant M. D. A ce titre, si M. D déclare contester toute implication dans les infractions retenues dans cette procédure, il ne produit aucun élément au soutien de sa contestation. Par suite, et au regard de ce qui précède, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commis par la préfète de l'Essonne doit être écarté.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. M. D fait valoir que sa vie privée et familiale se trouve en France dès lors qu'il réside avec sa famille en France, sa concubine, ressortissante congolaise titulaire d'une carte de résident et leurs trois enfants nés en France et scolarisés. Cependant, si M. D soutient qu'il réside avec sa compagne et ses enfants, il ne produit qu'une seule une facture de fournisseur d'énergie, établie un mois après la date de l'arrêté attaqué, au soutien de ses allégations. A ce titre, les attestations produites, et présentées comme rédigées par des proches, dont deux le sont exactement dans les mêmes termes, le sont pour les besoins de la cause et ne suffisent pas à illustrer que le requérant réside réellement au domicile familial ; l'attestation sur l'honneur rédigée par la mère des trois enfants ou l'attestation du pédiatre ne permettent pas non plus de s'en assurer. En tout état de cause, au regard de la gravité des faits commis ou qui lui sont reprochés, constituée notamment de la persistance d'un comportement criminel et délinquant portant atteinte tant aux personnes qu'aux biens, troublant l'ordre public depuis son entrée sur le territoire français, M. D n'est pas fondé à soutenir que la préfète aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En septième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus d'un délai de départ volontaire par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (). ". Enfin, selon l'article L. 613-2 de ce même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

13. En huitième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

14. En neuvième, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français litigieuse n'est assortie d'aucun délai de départ volontaire, la préfète de l'Essonne était tenue, en vertu de l'article L. 612-6 et faute pour le requérant de justifier de circonstances humanitaires, de prononcer une interdiction de retour, et, il résulte des considérations exposées aux points 8 et 10, que la préfète de l'Essonne a pu légalement fixer la durée de cette interdiction à trois ans sans commettre d'erreur d'appréciation, ni entacher d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision et sans méconnaitre les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 5 ans. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : D. BINET

La greffière,

Signé : S. AÏT MOUSSA

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. AÏT MOUSSA

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