mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SAUDEMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2024, M. A B, représenté par Me Saudemont, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle dans un délai de sept jours à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de renouveler ce document jusqu'au jugement de sa requête en annulation de la décision en litige ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser Me Saudemont, au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, s'il est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ou, si tel n'est pas le cas, à lui-même, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-sa requête est recevable, dès lors que : en premier lieu, la requête en annulation dont fait par ailleurs l'objet la décision en litige a été présentée dans le délai de recours contentieux prorogé par sa demande de communication des motifs de cette décision ; en deuxième lieu, il a joint une copie de cette requête en annulation ; en dernier lieu, il a intérêt pour agir contre la décision en litige ;
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, dès lors que : son employeur l'a informé, par une lettre du 25 mars 2024, qu'il pourrait le licencier en raison de l'irrégularité de sa situation ; en cas de licenciement, la famille qu'il compose avec sa conjointe et leurs deux filles serait privée de revenus et ainsi placée dans une situation extrêmement précaire ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige pour les raisons suivantes :
*cette décision est entachée d'un défaut de motivation, dès lors que ses motifs ne lui ont pas été communiqués malgré la demande qu'il a formulée en ce sens, ainsi que d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
*elle méconnaît les stipulations des articles 6, 5), de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
*elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du pouvoir discrétionnaire de régularisation de l'autorité administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;
-aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu :
-la requête n° 2406797 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 19 juin 2024 à 10h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :
-le rapport de M. Zanella ;
-les observations de Me Saudemont, représentant M. B, présent, qui, après avoir soutenu que la requête de ce dernier n'était pas devenue sans objet du fait de l'intervention, postérieurement à l'introduction de l'instance, d'un arrêté du 18 juin 2024 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, dès lors que cette arrêté n'avait pas été notifié à son destinataire, a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, en ajoutant, en ce qui concerne l'urgence, que la conjointe du requérant était enceinte et que l'accouchement était prévu pour le 24 juin 2024 ;
-et les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. M. B, qui est de nationalité algérienne, a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié le 4 mars 2022. Sa requête doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de la décision, contenue dans un arrêté du 18 juin 2024, par laquelle la préfète du Val-de-Marne a expressément rejeté cette demande, et qui s'est substituée à la décision implicite de rejet initialement née, en application des dispositions des articles R. 432-1 et
R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et ce, non pas le
4 janvier 2024 mais dès le 4 juillet 2022, du silence gardé pendant quatre mois sur ladite demande.
3. En l'état de l'instruction, dont il résulte notamment, d'abord, que l'arrêté du 18 juin 2024 mentionné au point précédent, d'une part, rappelle que, si les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables aux ressortissants algériens, ceux-ci peuvent néanmoins être admis au séjour sur le fondement du pouvoir discrétionnaire de régularisation du préfet, d'autre part, énonce les raisons pour lesquelles la préfète du Val-de-Marne a refusé de faire usage de ce pouvoir au bénéfice du requérant, ensuite, que ce dernier n'établit pas, ni même n'allègue, que sa conjointe serait en situation régulière en France, ni qu'elle et lui seraient dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine, enfin, que l'intéressé a été informé par une lettre datée du 25 mars 2024 de la rupture du contrat de travail dont il se prévaut pour justifier de la durée et de l'intensité de son intégration professionnelle en France, aucun des moyens analysés ci-dessus dans les visas de la présente ordonnance ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'admettre provisoirement l'intéressé à l'aide juridictionnelle, que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer ainsi qu'à Me Saudemont.
Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 23 juillet 2024.
Le juge des référés,La greffière,
Signé : P. ZanellaSigné : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026