lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410321 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre Reconduite à la frontière 12 |
| Avocat requérant | WEINBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2421630 du 19 août 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal, sur le fondement des articles
R. 776-16, dans sa rédaction alors en vigueur, et R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de M. A B enregistrée au greffe de ce tribunal le 10 août 2024.
Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, M. A B, représenté par
Me Weinberg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a assigné à résidence dans le département du Val-de-Marne pour une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de pointage quotidienne au commissariat de Créteil ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur le 6° du même article ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne tient pas compte de son état de santé et de son hospitalisation ;
- elle est disproportionnée.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis avocats, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces, enregistrées le 13 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. Bourgau en application des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction alors en vigueur.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, magistrat désigné ;
- les observations de Me Weinberg, représentant M. B, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; elle reprend les moyens soulevés dans ses écritures, qu'elle développe ;
- et les observations de la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Benzina.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 22 février 1996 à Bourouba (Algérie), est entré en France en 2017 et incarcéré depuis le 25 juin 2022. Par un arrêté du 13 janvier 2023, le préfet de police de Paris a prononcé son expulsion du territoire français. Suspendu d'exécution de sa peine d'emprisonnement pour motif médical du 24 juin au 8 juillet 2024, puis placé en régime de semi-liberté à compter du 9 juillet 2024, il est placé en rétention administrative à compter du 1er août 2024. Par une ordonnance du 8 août 2024, le juge des libertés et de la détention de la cour d'appel de Paris a annulé la prolongation de sa rétention à compter du 5 août 2024. Par un arrêté du même jour, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Val-de-Marne l'a assigné à résidence dans le département du Val-de-Marne pour une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de pointage quotidienne au commissariat de Créteil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion ; / () ". Aux termes de l'article L. 733-1 : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1 () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est suivi depuis juin 2024 au service d'hématologie de la Pitié-Salpêtrière à Paris pour un lymphome de Hodgkin de stade IV ganglionnaire, pulmonaire et osseux, maladie hématologique cancéreuse grave. M. B produit les certificats établis les 1er et 6 août par deux médecins du service attestant qu'une surveillance clinique et biologique par un hématologue est nécessaire, que son pronostic vital est engagé à court ou moyen terme, que son état de santé est incompatible avec un placement en rétention administrative et que l'interruption ou le défaut de traitement entraîneraient des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour son état de santé. Il suit un protocole de chimiothérapie composé de deux cycles de vingt-et-un jours, durant lesquels la chimiothérapie intraveineuse est administrée les premier, deuxième, troisième et huitième jour du cycle. A l'issue du second cycle, une réévaluation de l'état de santé doit être réalisée afin de déterminer les modalités de poursuite du traitement. Le premier cycle a débuté le 5 juillet, le deuxième le 30 juillet. Toutefois, la dégradation de l'état de santé du requérant a conduit à son hospitalisation à compter du 2 août 2024, quatrième jour du deuxième cycle de chimiothérapie, au service d'hématologie de la Pitié-Salpêtrière, où il a été transféré accompagné par une escorte du centre de rétention administrative. Ainsi, le 5 août, date de la décision attaquée, la préfète du Val-de-Marne avait connaissance de la dégradation de l'état de santé du requérant ayant conduit à son hospitalisation à Paris. Dans ces conditions, en considérant que son éloignement demeurait une perspective raisonnable sans connaître les modalités de traitement à mettre en place à l'issue du second cycle de chimiothérapie et leur disponibilité dans le pays d'origine du requérant, en l'assignant à résidence dans le Val-de-Marne alors qu'il était hospitalisé à Paris et en l'obligeant à pointer quotidiennement au commissariat de Créteil alors qu'il ne pouvait quitter l'hôpital, la préfète du Val-de-Marne, qui au demeurant s'est fondée à tort sur le 1° et non sur le 6° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a entaché la décision attaquée de défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de M. B et d'erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du
5 août 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a assigné à résidence.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard aux motifs qui en constituent le fondement, l'annulation prononcée par le présent jugement n'implique pas nécessairement que la situation de M. B soit réexaminée ni qu'il lui soit délivré une autorisation provisoire de séjour. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 900 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 5 août 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a assigné à résidence M. B dans le département du Val-de-Marne pour une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de pointage quotidienne au commissariat de Créteil est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 900 euros sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le magistrat,
T. BOURGAULa greffière,
C. MAHIEU
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2410321
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026