mercredi 5 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410426 |
| Type | Décision |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SAIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2405368 du 21 août 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Melun la requête, enregistrée le 26 juin 2024, présentée par M. A C.
Par cette requête enregistrée le 26 juin 2024 sous le n° 2410426, M. A C, représenté par Me Saïdi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 mars 2024 par laquelle le directeur du conseil national des activité privées de sécurité lui a retiré sa carte professionnelle d'agent de sécurité, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de " ne pas entraver l'utilisation de sa carte professionnelle " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation : il n'a pas été mis en mesure de comprendre les motifs fondant le retrait de sa carte professionnelle ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son comportement n'est pas de nature à porter atteinte à la sécurité publique : il n'est inscrit ni au fichier des personnes recherchées, ni au fichier de traitement des antécédents judiciaires, les bulletins n° 2 et n° 3 de son casier judiciaire ne comprennent aucune mention, et il a toujours fait preuve d'exemplarité dans l'exercice de son activité professionnelle.
Par une ordonnance du 17 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 janvier 2025 à midi.
Un mémoire en défense présenté par le conseil national des activités privées de sécurité le 3 février 2025, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Prissette,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C s'est vu délivrer le 19 octobre 2020 par le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) une carte professionnelle l'autorisant à exercer une activité privée de sécurité valable cinq ans. Par une décision du 8 mars 2024, le directeur du CNAPS a procédé au retrait de sa carte professionnelle. Le requérant a formé un recours gracieux contre cette décision dont l'autorité administrative a accusé réception le 15 avril 2024. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le CNAPS pendant deux mois sur ce recours. M. C demande au tribunal l'annulation de la décision du 8 mars 2024, ensemble de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2o S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité" spécialement habilités par le représentant de l'État territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi no 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'État et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées. / () La carte professionnelle peut être retirée lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions prévues aux 1o, 2o , 3o, 4o et 5o du présent article. / () En cas d'urgence, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité peut retirer la carte professionnelle () ".
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Enfin, si les dispositions de l'article L. 211-6 de ce code prévoient qu'une absence complète de motivation n'entache pas d'illégalité une décision lorsque l'urgence absolue a empêché qu'elle soit motivée, il appartient au juge administratif d'apprécier au cas par cas, en fonction des circonstances particulières de chaque espèce, si une urgence absolue a fait obstacle à ce que la décision comporte une motivation même succincte.
4. En l'espèce, après avoir cité les dispositions du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure fondant légalement la décision attaquée, le directeur du conseil national des activité privées de sécurité s'est borné à relever " qu'il ressort des éléments portés à la connaissance du conseil national des activités privées de sécurité que M. A C a un comportement de nature à commettre ou faciliter des actes de violence lors de l'exercice de ses fonctions, ce qui représente, compte tenu des missions confiées à un agent de sécurité, en contact avec le public, un risque sécuritaire ; qu'au regard de la sensibilité des missions confiées aux agents privés de sécurité et de la nécessité qui en découle de vérifier qu'ils présentent toutes les garanties nécessaires à la préservation de la sécurité publique, à laquelle ils concourent, le comportement de M. A C est incompatible avec la poursuite de l'exercice de ses fonctions ". La décision contestée ne comportant aucune considération de fait, et notamment aucune précision sur les agissements de M. C qui ont conduit le CNAPS à estimer que son comportement était incompatible avec la poursuite de son activité privée de sécurité, le requérant est fondé à soutenir qu'il n'a pas été mis à même d'en comprendre le motif. Si l'autorité administrative a indiqué dans sa décision que " les circonstances particulières de l'espèce caractérisent une situation d'urgence justifiant que soit retirée la carte professionnelle délivrée à l'intéressé ", elle ne saurait être regardée comme justifiant par cette seule mention, dépourvue de toute précision, de l'urgence absolue qui aurait fait obstacle à ce qu'elle motive, même succinctement, sa décision. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation doit être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 mars 2024 par laquelle le directeur du CNAPS lui a retiré sa carte professionnelle d'agent de sécurité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation par le présent jugement de la décision attaquée par laquelle le directeur du CNAPS a procédé au retrait de la carte professionnelle dont M. C était titulaire a pour conséquence de faire revivre cette carte professionnelle, dont la période de validité n'est pas échue, de sorte que le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce qu'il soit enjoint au directeur du CNAPS de " ne pas entraver l'utilisation de sa carte professionnelle " doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les conclusions du requérant formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui sont dirigées contre l'Etat, lequel n'est pas partie à l'instance, sont mal dirigées et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 8 mars 2024 par laquelle le conseil national des activités privées de sécurités a retiré la carte professionnelle d'agent de sécurité de M. C est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2025.
La rapporteure,
L. PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2410256
**Sujet principal** : Demande d'annulation du refus de la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lyon (7ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal donne acte du désistement de la requête de la demanderesse. Ce désistement est prononcé car, ayant annoncé un mémoire complémentaire dans sa requête sommaire, elle ne l'a pas produit dans le délai légal de quinze jours. **Textes appliqués** : L'article R. 911-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit la sanction du désistement en cas de non-production d'un mémoire complémentaire annoncé dans le délai imparti.
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03088
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03164
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03165
03/04/2026