lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre Reconduite à la frontière 12 |
| Avocat requérant | MEGHERBI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2413194 du 26 août 2024, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal, sur le fondement des articles R. 312-8 et R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de M. A B enregistrée au greffe de ce tribunal le 24 mai 2024.
Par une requête, enregistrée le 29 août 2024, M. A B, représenté par Me Megherbi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est dépourvue de base légale dès lors que l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui en constitue le fondement est suspendue par le recours contentieux introduit contre cette décision ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas examiné la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il dispose d'attaches anciennes avec la France et que l'exécution de la décision d'éloignement dont il fait l'objet est suspendue par le recours contentieux formé contre cette décision ;
- elle est illégale dès lors que le réexamen de sa demande de titre de séjour est en cours à la suite de la suspension, par le juge des référés du tribunal administratif de Melun, de la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour et de l'inexécution par l'administration de l'injonction de réexamen de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2024, la préfète du
Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. Bourgau en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, magistrat désigné,
- les observations de Me Megherbi, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; il reprend les moyens soulevés dans la requête, qu'il développe ;
- et les observations de Me Benzina, représentant la préfète du Val-de-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 22 décembre 1999 à Khenchela (Algérie), déclare être entré en France la 14 octobre 2016. Par un arrêté du 30 août 2023, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de certificat de résidence, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un arrêté du 22 mai 2024, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Val-de-Marne lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée de
trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles () L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le
14 octobre 2016, soit depuis presque huit ans à la date de la décision attaquée. Célibataire et sans charge de famille en France, il se prévaut de la présence en France de sa mère et de l'un de ses frères sans néanmoins produire de pièce établissant l'existence entre eux de liens d'une particulière ancienneté, stabilité et intensité, étant par ailleurs relevé que son père est décédé en France en 2017 et que ses autres frères et sœurs résident en Algérie. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que M. B a poursuivi sa scolarité en France à compter de la classe de troisième, de 2016 à 2021, qu'il a dans ce cadre bénéficié de plusieurs lettres de recommandation, en 2019 et 2020, de la part de l'assistant d'éducation qui le suivait ainsi que du proviseur du lycée et qu'il a obtenu en 2019 un certificat d'aptitude professionnelle " métiers de l'enseigne et de la signalétique " puis, en 2021, un baccalauréat professionnel spécialité " artisanat et métiers d'art " option " métiers de l'enseigne et de la signalétique ". Le requérant justifie par ailleurs de diverses expériences professionnelles de mai 2022 à février 2023 et d'octobre à novembre 2023, témoignant ainsi de sa volonté d'intégration professionnelle.
M. B justifie ainsi de l'ancienneté de ses liens avec la France. De plus, si M. B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée le 30 août 2023 par la préfète du Val-de-Marne, d'une part, cette décision est fondée sur un refus de renouvellement de titre de séjour qui a été suspendu par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun du
13 février 2024 et, d'autre part, elle fait l'objet d'un recours en excès de pouvoir introduit le
3 janvier 2024 et toujours pendant, de sorte que son exécution d'office était suspendue à la date de la décision attaquée. M. B ne peut ainsi être regardé comme s'étant soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement au sens des dispositions citées au point précédent. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été interpellé le 22 mai 2024 lors d'une rixe dans un moyen de transport, le passager auquel il a porté des coups ayant subi une incapacité temporaire totale inférieure à huit jours. Toutefois, le requérant soutient sans être contredit que le passager était à l'origine de la rixe, qu'il a lui-même reçu des coups pour lesquels il justifie avoir porté plainte et sollicité un examen médical et qu'il n'a fait que se défendre. Il ressort par ailleurs des observations de son conseil à l'audience, non contestées en défense, qu'en dépit de ces faits, le casier judiciaire du requérant est vierge. Et si la préfète du Val-de-Marne fait valoir les précédentes signalisations du requérant, sous plusieurs identités, au fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) pour des faits de vol à la tire le
13 mai 2017, de vol à l'étalage en réunion le 21 juillet 2017, de vol en réunion le 9 août 2017 et d'extorsion avec violences ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours le 20 mai 2020, dont le requérant ne conteste pas être l'auteur, il est constant que la décision en litige n'est pas fondée sur ces éléments mais sur la seule rixe du 22 mai 2024 pour caractériser la menace à l'ordre public que représente la présence en France de M. B. Dans ces conditions, compte tenu de la durée de son séjour en France, de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il ne peut être regardé comme s'étant soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et de la gravité mesurée ainsi que des circonstances particulières dans lesquelles se sont produits les faits du 22 mai 2024 qui lui sont reprochés, lesquels ne suffisent pas à eux seuls à caractériser une menace à l'ordre public, M. B est fondé à soutenir que la préfète du Val-de-Marne a entaché d'erreur d'appréciation la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans prise à son encontre.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique nullement qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer au requérant un certificat de résidence. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 900 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 mai 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a fait interdiction à M. B de revenir sur le territoire français pour une durée de trois ans est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 900 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le magistrat,
T. BOURGAULa greffière,
C. MAHIEU
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2410801
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026