lundi 20 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2500210 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;
- l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal (requête n° 2413628) du 11 décembre 2024 ;
- le code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 15 janvier 2025, tenue en présence de Madame Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu les observations de Me Rahmouni, représentant le préfet du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au rejet de la requête.
La requérante, dûment convoquée, n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 11 décembre 2024, le juge des référés du présent tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a d'une part, suspendu l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Val-de-Marne sur la demande de renouvellement de son titre de séjour déposée le 26 juin 2024 par Madame A, d'autre part, enjoint au préfet du Val-de-Marne de statuer à nouveau après nouvelle instruction sur cette demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance et, en attendant, de munir l'intéressée, dans un délai de huit jours à compter de la même date, d'un document provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle, et enfin mis à la charge de l'Etat une somme de 1.200 euros à verser à son conseil. Cette ordonnance n'a pas été exécutée dans les délais impartis en tant qu'il était enjoint au préfet du Val-de-Marne de remettre un récépissé à Madame A. Celle-ci, par une requête, présentée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail dans un délai de 24 heures à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 250 euros par jour de retard et lui délivrer ce récépissé jusqu'à ce que la préfecture ait effectivement procédé au réexamen de sa situation.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre Madame A à l'aide juridictionnelle provisoire dans la présente requête, celle-ci lui ayant déjà été accordée par l'ordonnance du 11 décembre 2024.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
5. Si l'exécution d'une ordonnance prononçant la suspension d'une décision administrative sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l'exécution.
6. En l'espèce, il est constant que le préfet du Val-de-Marne n'a pas exécuté dans les délais impartis l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal du 11 décembre 2024 en tant qu'elle l'a enjoint de remettre un récépissé de demande de carte de séjour avec autorisation de travail à Madame A et qu'il se refuse à le faire, au motif que des pièces complémentaires auraient été réclamées à l'intéressée le 12 novembre 2024. Il soutient qu'une attestation de prolongation d'instruction ne sera remise à la requérante qu'une fois ces pièces communiquées dans leur intégralité.
7. Toutefois, si le préfet du Val-de-Marne peut être fondé à solliciter de la requérante des pièces complémentaires dans le cadre de l'injonction de réexamen de sa situation ordonnée par le juge des référés du présent tribunal dans son ordonnance du 11 décembre 2024, une éventuelle incomplétude de son dossier est sans incidence sur l'obligation qui est la sienne de remettre à Madame A un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail valable le temps de ce réexamen, comme ordonné par le juge des référés, dès lors qu'au surplus la requérante a répondu à la demande de pièces complémentaires dès le 19 novembre 2024, soit avant même l'ordonnance du 11 décembre 2024.
8. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de remettre à Madame A, dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé ce délai de trois jours, un récépissé de demande de titre de séjour portant autorisation de travail ou une attestation de prolongation d'instruction, laquelle devra être valable jusqu'à la décision expresse devant être prise par l'autorité préfectorale en application de l'injonction prononcée par le juge des référés.
9. Il convient dès lors de modifier l'ordonnance du 11 décembre 2024 en ce sens.
Sur les frais du litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1.500 euros qui sera versée à Me Hug, conseil de Madame A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
O R D O N N E :
Article 1er : L'injonction prononcée par le juge des référés du présent tribunal à l'article 3 de l'ordonnance susvisée du 11 décembre 2024, et relative à la remise à Madame A d'un document provisoire de séjour l'autorisant à exercer une activité professionnelle, est assortie d'une astreinte de 150 euros par jour de retard, passé un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, laquelle devra être valable jusqu'à la décision expresse devant être prise par l'autorité préfectorale en application de l'injonction prononcée par le juge des référés par ce même article.
Article 2 : L'Etat (préfet du Val-de-Marne) versera une somme de 1500 euros à Me Hug, conseil de Madame A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame C, à
Me Hug et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. AymardLa greffière,
Signé : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026