mercredi 7 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2504376 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CAYLA DESTREM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 28 mars et 30 avril 2025, le Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution, d'une part, de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur ses demandes du 16 janvier 2025, d'autre part, de la " sujétion " travaux salissants " " pour les techniciens informatiques et téléphonie de la direction du système d'information et les agents d'accueil de la direction de l'éducation et des collèges ;
2°) d'enjoindre au département du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, d'une part, de rétablir la plage variable du matin de 7h30 à 9h30 pour les services du patrimoine, des assemblées, juridique et assurances, documentation et administratif et financier de la direction des affaires juridiques et patrimoniales (DAJEP), le service des aides à la mobilité et le service ressources du bureau départemental, d'autre part, de communiquer la liste exhaustive des règles en vigueur à la DAJEP ne figurant pas dans le règlement relatif au télétravail.
Il soutient que :
-sa requête est recevable, dès lors que :
*en ce qui concerne la capacité à agir en son nom de Mme B : d'une part, la qualité de secrétaire générale de celle-ci est établie par le récépissé de dépôt de la nouvelle liste des membres de son bureau, délivré le 21 août 2023 par le maire de Créteil ; d'autre part, son secrétaire général est, en tout état de cause, habilité à le représenter en justice en vertu de l'article 44 de ses statuts ;
*en ce qui concerne son intérêt pour agir : en vertu de l'article 4 de ses statuts, il est l'instrument privilégié de défense des intérêts moraux et matériels des travailleurs ; il est un syndicat professionnel concernant les agents des services du département du Val-de-Marne, créé conformément aux dispositions des articles L. 2131-1 et suivants du code du travail ;
*en ce qui concerne l'existence des décisions orales dont la décision en litige refuse le retrait : elle est établie par les formulaires C produits en défense, qui comportent chacun la mention manuscrite d'une modification de l'heure d'arrivée au plus tôt (8h00 au lieu de 7h30) ;
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, dès lors que : en premier lieu, le recours en appel formé contre le jugement n° 2303779 du 27 juin 2024 n'ayant pas d'effet suspensif et la cour administrative d'appel n'ayant pas ordonné qu'il soit sursis à l'exécution du même jugement, ni même été saisie d'une demande à cette fin, il est urgent de rétablir le caractère exécutoire de l'annulation, par le jugement en cause, de la sujétion " travaux salissants " pour les techniciens informatiques et téléphonie de la direction du système d'information ; en deuxième lieu, l'application de la plage variable modifiée entraîne notamment un décompte différencié du temps de travail des agents du département du
Val-de-Marne ; en dernier lieu, le refus de communication de la liste exhaustive des règles en vigueur à la DAJEP ne figurant pas dans le règlement relatif au télétravail empêche tout agent recruté de bénéficier de son droit d'être informé sur les conditions d'exercice de ses fonctions dans un délai de sept jours calendaires à compter du premier jour de travail ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige pour les raisons suivantes :
*les dispositions figurant en pages 50 et 51 du règlement du temps de travail sont entachées de discrimination indirecte entre les agents publics en raison de leur état de santé et méconnaissent ainsi les dispositions de l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique, combinées avec celles de l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008, dès lors qu'en excluant, sauf en cas de décès, l'indemnisation des jours épargnés sur un compte épargne-temps, elles privent les fonctionnaires admis à la retraite pour invalidité à la fin d'un congé de maladie, de longue maladie ou de longue durée, à la différence de ceux terminant leur carrière en bonne santé, de la possibilité d'utiliser ces jours sous forme de congés avant leur radiation des cadres ;
*le refus non motivé de communication de la liste exhaustive des règles en vigueur à la DAJEP ne figurant pas dans le règlement relatif au télétravail méconnaît les dispositions des articles R. 115-2 et R. 115-4 du code général de la fonction publique ;
*les nouvelles règles de télétravail en vigueur à la DAJEP, en tant qu'elles interdisent, d'une part, le télétravail flottant immédiatement avant ou après des congés annuels, d'autre part, le télétravail flottant deux jours par semaine en cas de suppression d'un jour de télétravail fixe par nécessité de service, sont entachées d'un défaut de base légale, dès lors que cette interdiction n'est pas prévue par le règlement relatif au télétravail figurant en annexe 5 du règlement du temps de travail et qu'aucun intérêt de service n'est susceptible de justifier son caractère général et absolu ;
*ces mêmes règles, en tant qu'elles imposent trois jours de présence hebdomadaires quel que soit le cycle de travail des agents et ont pour effet de supprimer automatiquement une
demi-journée à un jour de télétravail pour les agents exerçant leurs fonctions dans le cadre des cycles de référence 3, 4 et 6 définis en pages 15 et 16 du règlement du temps de travail méconnaissent le principe d'égalité de traitement entre fonctionnaires et sont en outre entachées, dès lors que le règlement relatif au télétravail ne prévoit pas l'obligation en cause et que, par ailleurs, aucun intérêt de service n'est susceptible de justifier le caractère général et absolu de celle-ci, d'un défaut de base légale ;
*les décisions hiérarchiques orales, qui réduisent d'une demi-heure la durée de la plage horaire mobile du matin en fixant l'arrivée possible entre 8h00 et 9h30, notamment pour les services du patrimoine, des assemblées, juridique et assurances, documentation et administratif et financier de la DAJEP, le service des aides à la mobilité et le service ressources du bureau départemental, et empêchent ainsi, pour les agents concernés, la comptabilisation comme temps de travail effectif du temps de travail susceptible d'être accompli entre 7h30 et 8h00 méconnaissent, en premier lieu, les dispositions relatives aux horaires de travail du règlement du temps de travail, ont, en deuxième lieu, été prises par des autorités incompétentes, dès lors qu'elles ne relèvent pas de motifs discrétionnaires, sont, en troisième lieu, entachées d'erreur de droit, faute d'être justifiées par les nécessités du service, et ne satisfont pas, en dernier lieu, à l'obligation de motivation résultant des dispositions de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1989 ;
*le refus de retirer ces décisions ne satisfait pas non plus à cette obligation ;
*le principe d'égalité de traitement entre les agents publics départementaux a été méconnu, dès lors que, si la modification de la plage mobile du matin a été porté oralement à la connaissance des agents de la DAJEP en novembre 2022 par Mme D et à celle des agents du service des aides à la mobilité et du service des ressources du bureau départemental par Mmes A et De Almeida, d'une part, les intéressés n'ont, à ce jour, pas été informés de l'existence d'une dérogation réglementaire à la nouvelle plage mobile, d'autre part, Mme D a autorisé un agent du service des assemblées à commencer sa journée de travail à 7h30 et refusé la même autorisation à un autre agent appartenant au même corps ou cadre d'emploi et placé dans une situation identique ;
*les dispositions relatives aux plages mobiles du règlement du temps de travail adoptées par délibération du 17 octobre 2022 ont été modifiées par des décisions hiérarchiques orales qui sont intervenues irrégulièrement, dès lors que, d'une part, la règle fixée en page 8 du règlement en cause, subordonnant toute modification ultérieure ou retrait de celui-ci à la consultation préalable du comité technique et au vote de l'assemblée délibérante, et le principe du parallélisme des formes et des procédures n'ont pas été respectés, d'autre part, le comité social territorial crée au sein du département du Val-de-Marne par délibération du 28 mars 2022 n'a pas été préalablement consulté, en méconnaissance des dispositions des articles L. 251-1 et L. 253-5 du code général de la fonction publique ;
*le maintien, par la délibération du 14 octobre 2024 modifiant le règlement du temps de travail, d'une sujétion " travaux salissants " pour les techniciens informatiques et téléphonie de la direction du système d'information, méconnaît, d'une part, le jugement n° 2303779 du 27 juin 2024, faute de justifier de l'existence d'un lien intrinsèque entre cette sujétion et la nature des missions exercées par les intéressés, d'autre part, les dispositions de l'article R. 811-14 du code de justice administrative ;
*il n'existe pas de lien entre la sujétion " travaux salissants " créée, par la délibération du 14 octobre 2024, pour les agents d'accueil de la direction de l'éducation et des collèges et les missions de ces agents, en l'absence de mise à disposition de ceux-ci de douches en application de l'arrêté du 23 juillet 1947 fixant les conditions dans lesquelles les douches doivent être mises à la disposition du personnel effectuant des travaux insalubres ou salissants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2025, le département du Val-de-Marne, représenté par Me Cayla-Destrem, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-cette requête est irrecevable, dès lors que : en premier lieu, le délai de recours contentieux de deux mois ouvert par l'article R. 421-1 du code de justice administrative contre la délibération du 14 octobre 2024 a expiré le 15 décembre 2024 et n'a pu être ensuite être prorogé par l'exercice d'un recours gracieux contre elle le 16 janvier 2025 ; en deuxième lieu, l'existence de décisions orales de chefs de services relatives à l'encadrement de la plage horaire variable du matin et du télétravail n'est pas établie et le délai de recours contentieux ouvert contre la décision orale prétendument prise en novembre 2022 par la cheffe de la DAJEP aurait en tout état de cause expiré ; en troisième lieu, le syndicat requérant ne justifie pas d'un intérêt pour agir suffisant, eu égard à son objet social, qui est rédigé en termes très généraux et ne mentionne notamment pas la défense des conditions de travail et de l'organisation du travail des agents, ni la possibilité de contester les décisions du département du Val-de-Marne ; en quatrième lieu, Mme B n'a pas qualité pour agir au nom du syndicat requérant, dès lors qu'il n'est pas justifié de sa qualité de secrétaire générale de ce syndicat, ni de ce que le bureau général de ce même syndicat l'a autorisée en cette qualité à représenter le syndicat en justice dans la présente affaire ;
-la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;
-aucun des moyens invoqués n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu :
-la requête n° 2504133 tendant à l'annulation des décisions dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-le code général de la fonction publique ;
-la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 30 avril 2025 à 10h00 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, ont été entendus :
-le rapport de M. Zanella ;
-et les observations de Me De Almeida, substituant Me Cayla-Destrem, représentant le département du Val-de-Marne, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs, en ajoutant ou en précisant que : les formulaires C joints aux écritures du département traduisent un accord entre des chefs de service et des agents de la DAJEP mais ne révèlent l'existence d'aucune décision réglementaire relative à la plage variable du matin ; toutes les informations utiles sur le télétravail figurent dans le règlement relatif au télétravail et dans les formulaires C.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. Le Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du
Val-de-Marne a, par une lettre datée du 16 janvier 2025 et reçue le 20 janvier suivant, demandé au président du conseil départemental du Val-de-Marne, d'une part, de retirer, premièrement, des dispositions du règlement du temps de travail des agents du département, tel que modifié par une délibération du 14 octobre 2024 à la suite de l'annulation partielle, par un jugement du tribunal
n° 2303779 en date du 27 juin 2024, de la délibération du 17 octobre 2022 qui l'avait adopté, deuxièmement, de nouvelles règles de télétravail qui auraient été fixées oralement pour une partie des agents de la direction des affaires juridiques et patrimoniales (DAJEP), troisièmement et enfin, de décisions à caractère réglementaire par lesquelles des supérieurs hiérarchiques auraient oralement modifié la plage horaire mobile du matin prévue par le règlement du travail mentionné ci-dessus, en la faisant commencer à 8h00 au lieu de 7h30, notamment pour les agents des services de la DAJEP (service administratif et financier, service juridique et assurances, service du patrimoine, service des assemblées, service documentation), du service des aides à la mobilité de la direction des relations à la population et du service ressources du bureau départemental, d'autre part, de lui communiquer la liste exhaustive des règles en vigueur à la DAJEP ne figurant pas dans le règlement relatif au télétravail. Sa requête doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, des décisions implicites de rejet résultant du silence gardé pendant deux mois sur ces différentes demandes, ainsi que de la délibération du 14 octobre 2024 en tant qu'elle attribue un jour de réduction de temps de travail annuel motivé par l'exécution de travaux salissants aux agents d'accueil de la direction de l'éducation et des collèges et aux " techniciens d'exploitation informatique ", aux " techniciens informatique postes de travail collèges " et " techniciens réseaux " et aux " techniciens téléphonie " de la direction des systèmes d'information.
3. En premier lieu, d'une part, lorsque la requête en annulation dont fait par ailleurs l'objet la décision administrative dont il lui est demandé d'ordonner la suspension de l'exécution sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative lui apparaît entachée, en l'état de l'instruction, d'une irrecevabilité propre à cette requête, telle que, par exemple, la tardiveté de la présentation de celle-ci, il appartient au juge des référés, si un moyen en défense tiré de cette irrecevabilité est invoqué devant lui, de rejeter la demande de suspension dont il est saisi comme non fondée, aucun des moyens dont il est fait état à l'appui de cette demande n'étant alors susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Il doit en outre relever d'office une telle irrecevabilité de la requête en annulation de cette décision dans le cas où elle ressort des pièces du dossier qui lui est soumis et n'est pas susceptible d'être couverte en cours d'instance.
4. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. ".
5. À supposer que, malgré l'imprécision de ses termes à cet égard, la lettre datée du 16 janvier 2025 mentionnée au point 2 puisse s'analyser, pour partie, comme un recours gracieux tendant au retrait de la délibération du 14 octobre 2024 mentionnée au même point en tant qu'elle attribue un jour de réduction de temps de travail annuel motivé par l'exécution de travaux salissants aux agents d'accueil de la direction de l'éducation et des collèges et à certains techniciens de la direction des systèmes d'information, il résulte de l'instruction et n'est au demeurant pas contesté que ce recours gracieux a été formé plus de deux mois après la publication de la délibération en cause donc au-delà du délai de recours contentieux ouvert contre cette délibération, de sorte que son exercice n'a pu avoir pour effet de proroger ce délai. En l'état de l'instruction, la requête
n° 2504133 susvisée apparaît dès lors tardive et, par suite, irrecevable dans la mesure où elle tend à l'annulation de la délibération du 14 octobre 2024 en tant qu'elle attribue un jour de réduction de temps de travail annuel motivé par l'exécution de travaux salissants aux agents d'accueil de la direction de l'éducation et des collèges et à certains techniciens de la direction des systèmes d'information. Dans ces conditions, les conclusions soumises au juge des référés dans la présente instance et tendant à la suspension d'une partie des effets de cette délibération ne peuvent qu'être rejetées comme non fondées.
6. En deuxième lieu, si l'administration est tenue, en vertu d'un principe aujourd'hui rappelé à l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration, d'abroger expressément un acte réglementaire illégal, que cette situation existe depuis son édiction ou qu'elle résulte de circonstances de droit ou de fait postérieures, sauf à ce que l'illégalité ait entre-temps cessé, aucune disposition législative ou réglementaire, ni aucun principe ne lui impose en revanche de retirer un tel acte, c'est-à-dire de le faire disparaître de l'ordonnancement juridique aussi bien pour l'avenir que pour le passé. Il résulte au contraire des dispositions de l'article L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration que le retrait d'un tel acte ne peut légalement intervenir que dans le délai de quatre mois suivant son édiction. Il s'ensuit qu'à la date de la naissance de la décision implicite de rejet en litige, à savoir le 20 mars 2025, soit plus de
quatre mois après l'édiction de la délibération du 14 octobre 2024 mentionnée au point 2, cette délibération ne pouvait plus être légalement retirée. Dans ces conditions, aucun des moyens invoqués ne saurait être regardé comme étant de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité du refus implicite de retrait de dispositions de cette même délibération.
7. En troisième lieu, le Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne n'apporte aucun élément de nature à établir que de nouvelles règles de télétravail dérogeant à celles fixées par le règlement relatif au télétravail approuvé par délibération du 11 décembre 2023 et figurant en annexe 5 du règlement du temps de travail des agents du département du Val-de-Marne auraient été édictées oralement pour les agents de la DAJEP. Ses conclusions tendant à la suspension du refus implicite de retirer de telles règles sont dès lors, ainsi que cela est soutenu en défense, dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables en l'état de l'instruction.
8. En quatrième lieu, le Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne n'apporte pas davantage d'éléments de nature à établir que la plage horaire mobile du matin définie par le règlement du temps de travail des agents du département du Val-de-Marne aurait été modifiée, pour les agents des services de la DAJEP, du service des aides à la mobilité de la direction des relations à la population et du service ressources du bureau départemental, par des décisions à caractère réglementaire prises oralement par des supérieurs hiérarchiques. L'existence de telles décisions ne peut, en particulier, être regardée comme révélée par les formulaires dits " C " produits en défense, dès lors que chacun de ces formulaires ne se rapporte qu'à la situation individuelle de l'agent de la DAJEP qu'il concerne. Il s'ensuit que les conclusions tendant à la suspension du refus implicite de retirer de telles décisions sont, ainsi que cela est soutenu en défense, dépourvues d'objet donc irrecevables en l'état de l'instruction.
9. En dernier lieu, eu égard notamment à ce qui a été dit au point 7, aucun des moyens invoqués n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité du refus implicite de communication d'une liste exhaustive de règles en vigueur à la DAJEP ne figurant pas dans le règlement relatif au télétravail annexé au règlement du temps de travail des agents du département du Val-de-Marne.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir tirées du défaut d'intérêt pour agir du syndicat requérant et du défaut de qualité pour agir au nom de celui-ci de Mme B, ni sur la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que la requête du Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne la somme que le département du Val-de-Marne demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département du Val-de-Marne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au Syndicat Force Ouvrière des personnels des services du département du Val-de-Marne et au département du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 7 mai 2025.
Le juge des référés,La greffière,
Signé : P. ZanellaSigné : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation et au ministre de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026