jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2002266 |
| Type | Décision |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mars et 3 avril 2020 sous le n° 2002266, M. A D, représenté par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 février 2020 par laquelle le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 19 janvier au 17 février 2020 ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire de la décision attaquée n'était pas compétente pour ce faire ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit, dès lors qu'il a présenté un arrêt maladie pour la période du 9 janvier au 9 avril 2020, qu'il a demandé à l'administration de saisir le comité médical et qu'il a présenté des documents médicaux faisant état d'une aggravation de son état de santé, ce qui faisait obstacle à la retenue sur traitement litigieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.
II. Par une requête, enregistrée le 17 avril 2020 sous le n° 2002583, M. A D, représenté par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 mars 2020 par laquelle le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 18 février au 18 mars 2020 ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire de la décision attaquée n'était pas compétente pour ce faire ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit, dès lors qu'il a présenté un arrêt maladie pour la période du 9 janvier au 9 avril 2020, qu'il a demandé à l'administration de saisir le comité médical et qu'il a présenté des documents médicaux faisant état d'une aggravation de son état de santé, ce qui faisait obstacle à la retenue sur traitement litigieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.
III. Par une requête, enregistrée le 11 mai 2020 sous le n° 2002803, M. A D, représenté par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 avril 2020 par laquelle le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 19 mars au 17 avril 2020 ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire de la décision attaquée n'était pas compétente pour ce faire ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit, dès lors qu'il a présenté un arrêt maladie pour la période du 9 janvier au 9 avril 2020 et un autre du 2 avril au 3 juillet 2020, qu'il a demandé à l'administration de saisir le comité médical et qu'il a présenté des documents médicaux faisant état d'une aggravation de son état de santé, ce qui faisait obstacle à la retenue sur traitement litigieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.
IV. Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2020 sous le n° 2004439, M. A D, représenté par Me Beaulac, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mai 2020 par laquelle le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 18 avril au 17 mai 2020 ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire de la décision attaquée n'était pas compétente pour ce faire ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit, dès lors qu'il a présenté un arrêt maladie pour la période du 2 avril au 3 juillet 2020, qu'il a demandé à l'administration de saisir le comité médical et qu'il a présenté des documents médicaux faisant état d'une aggravation de son état de santé, ce qui faisait obstacle à la retenue sur traitement litigieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, alors surveillant pénitentiaire stagiaire à la maison d'arrêt des Hauts-de-Seine, a été victime, le 7 novembre 2015, d'un accident de travail qui a été reconnu imputable au service. L'intéressé a bénéficié, le jour même, d'un premier arrêt de travail, prolongé à trois reprises jusqu'au 30 novembre 2015. Il s'est ensuite vu prescrire des soins sans arrêt de travail, avant d'être de nouveau placé en arrêt de travail en mai 2016, puis en soins sans arrêt de travail jusqu'au 5 juillet 2016. Il a de nouveau été placé en arrêt de travail du 6 juillet au 10 juillet 2016, puis à compter du 11 août 2016. Il a repris ses fonctions dans le cadre d'un temps partiel thérapeutique de septembre 2017 à juin 2018, avant d'être de nouveau placé en arrêt de travail, ses arrêts étant renouvelés, notamment pour la période du 28 mai au 27 septembre 2019. A la demande de l'administration pénitentiaire, le Dr B a examiné M. D et a estimé, dans son rapport du 19 août 2019, qu'il était apte à reprendre son activité professionnelle à compter du 2 juin 2019. M. D a transmis de nouveaux certificats médicaux de son médecin traitant prescrivant un arrêt de travail du 9 janvier au 9 avril 2020 puis du 2 avril au 3 juillet 2020. Par une décision du 25 février 2020, dont M. D demande l'annulation dans la requête enregistrée sous le n°2002266, le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 19 janvier au 17 février 2020. Par une décision du 24 mars 2020, dont M. D demande l'annulation dans la requête enregistrée sous le n°2002583, le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 18 février au 18 mars 2020. Par une décision du 22 avril 2020, dont M. D demande l'annulation dans la requête enregistrée sous le n°2002803, le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 19 mars au 17 avril 2020. Enfin, par une décision du 18 mai 2020, dont M. D demande l'annulation dans la requête enregistrée sous le n°2004439, le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy a procédé à une retenue de 30/30ème sur son traitement pour absence de service fait du 18 avril au 17 mai 2020. Les requêtes, enregistrées sous les n°s 2002266, 2002583, 2002803 et 2004439 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. D'une part, l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur, énonce que : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () ". Selon l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " () L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité () / II n'y a pas service fait : / 1° Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; / 2° Lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie des obligations de service qui s'attachent à sa fonction telles qu'elles sont définies dans leur nature et leurs modalités par l'autorité compétente dans le cadre des lois et règlements () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 35. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ". L'article 24 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires énonce que : " Sous réserve des dispositions de l'article 27 ci-dessous, en cas de maladie dûment constatée et mettant le fonctionnaire dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, celui-ci est de droit mis en congé de maladie. ". En vertu de l'article 25 du même décret dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'administration dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail. Cet avis indique, d'après les prescriptions d'un médecin, d'un chirurgien-dentiste ou d'une sage-femme, la durée probable de l'incapacité de travail () / L'administration peut faire procéder à tout moment à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption du versement de sa rémunération, à cette contre-visite. / Le comité médical compétent peut être saisi, soit par l'administration, soit par l'intéressé, des conclusions du médecin agréé. ".
4. En vertu de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 le fonctionnaire, placé de plein droit en congé de maladie dès la demande qu'il a formulée sur le fondement d'un certificat médical prescrivant un arrêt de travail, demeure en situation régulière tant que l'administration n'a pas contesté le bien-fondé de ce congé. Les dispositions ci-dessus rappelées de l'article 25 du décret du 14 mars 1986 ont seulement pour objet de permettre à l'administration, saisie d'une demande de congé de maladie, de vérifier, pour l'avenir, le bien-fondé de celle-ci en faisant procéder, le cas échéant, à une contre-visite du demandeur par un médecin agréé. Lorsque le médecin agréé qui a procédé à la contre-visite du fonctionnaire placé en congé maladie conclut à l'aptitude de celui-ci à reprendre l'exercice de ses fonctions, il appartient à l'intéressé de saisir le comité médical compétent s'il conteste ces conclusions. Si, sans contester ces conclusions, une aggravation de son état ou une nouvelle affection, survenue l'une ou l'autre postérieurement à la contre-visite, le met dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, il lui appartient de faire parvenir à l'autorité administrative un nouveau certificat médical attestant l'existence de ces circonstances nouvelles.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées :
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, M. D a adressé un certificat médical prescrivant un arrêt de travail pour la période du 28 mai au 27 septembre 2019 pour " lombosciatique S1 droite ". L'administration pénitentiaire a alors fait procéder à une contre-visite de M. D par un médecin agréé. Dans son rapport du 19 août 2019, le Dr B, qui a examiné M. D le 28 mai 2019, relève qu'il est apte à la reprise des fonctions de surveillant pénitentiaire à compter du 2 juin 2019 " avec ménagement, sans port de charge supérieure à 8 kg et sans marche prolongée ". M. D a ensuite adressé un certificat médical de son médecin traitant prescrivant un arrêt de travail pour la période du 9 janvier au 9 avril 2020, prolongé pour la période du 2 avril au 3 juillet 2020, pour une " lombosciatique aigue x2 " et une " lombosciatique chronique x2 ".
6. D'autre part, M. D établit avoir demandé la saisine du comité médical afin de contester les conclusions du rapport d'expertise du Dr B, par un courrier du 21 janvier 2020 adressé à la directrice de la maison centrale de Poissy. Cette dernière l'a informé, le 25 février 2020, que sa demande était en cours de traitement. Alors même que M. D a demandé la saisine du comité médical ministériel et non du comité médical départemental, seul compétent pour examiner sa situation, il doit être regardé comme ayant contesté les conclusions par lesquelles le Dr B l'a déclaré apte à reprendre ses fonctions à compter du 2 juin 2019. Il produit, en outre, une attestation du 9 janvier 2020 de son médecin traitant, selon laquelle il subit " de plus en plus d'accès aigus douloureux " de sa sciatique le contraignant à prendre des antalgiques plus forts provoquant une somnolence qui l'empêche de travailler ainsi qu'un compte-rendu du 5 février 2020 d'un chirurgien indiquant que, si " les lésions compressives restent stables ", la symptomatologie semble s'aggraver. Ce chirurgien préconise une intervention chirurgicale lourde. Le certificat du 9 janvier 2020 précise, par ailleurs, que l'état de santé de M. D n'est pas stabilisé. En outre, par un courriel du 4 mai 2020, le médecin de prévention de la maison centrale de Poissy relève la discordance entre l'avis de l'expert et celui des médecins de M. D pour estimer qu'une saisine de la commission de réforme est indispensable ainsi qu'une nouvelle expertise compte-tenu de la date de la précédente.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, M. D est fondé à soutenir, par application des principes rappelés au point 4 du présent jugement, que, dès lors qu'il a demandé la saisine du comité médial et produit des pièces médicales faisant état de l'aggravation de son état de santé le mettant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, le chef d'établissement de la maison centrale de Poissy ne pouvait regarder son absence comme irrégulière et suspendre son traitement pour absence de service fait pour la période du 19 janvier au 17 mai 2020. Par suite, les décisions des 25 février, 24 mars, 22 avril et 18 mai 2020, qui procèdent à des retenues sur les traitements de M. D pour absence de service fait, sont entachées d'erreur d'appréciation et doivent, en conséquence, être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Le motif de l'annulation prononcée au point précédent implique nécessairement qu'il soit procédé à la régularisation des traitements de M. D pour la période du 19 janvier au 17 mai 2020. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder à la régularisation des traitements de M. D dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés aux litiges :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. D de la somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du chef d'établissement de la maison centrale de Poissy des 25 février, 24 mars, 22 avril et 18 mai 2020 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de procéder à la régularisation des traitements de M. D pour la période du 19 janvier au 17 mai 2020 dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. D une somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par M. D est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Caron, première conseillère,
- M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 1er décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
signé
C. C L'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
V. Caron
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2002266,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2300356
**Sujet principal** : Demande d'indemnisation d'un agent public pour absence de réintégration après une période de disponibilité. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (8ème chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la fin de non-recevoir opposée par la commune, estimant que le requérant a bien produit l'ensemble des pièces requises selon l'article R. 414-5 du code de justice administrative. **Textes appliqués** : Article R. 414-5 du code de justice administrative (règles de procédure concernant la production des pièces).
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302852
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête de M. A... B... visant à annuler la décision de l'ONACVG limitant à 3 000 euros l'aide financière qui lui a été attribuée au titre du dispositif pour les enfants d'anciens harkis. Le tribunal estime que la décision d'attribution, qui n'est pas une décision défavorable, n'était pas soumise à une obligation de motivation spécifique et que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en déterminant le montant, en application du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2400683
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus d'autorisation d'exercice de la médecine générale notifié à une docteure titulaire d'un diplôme non communautaire. La juridiction a annulé la décision du Centre National de Gestion (CNG) du 6 juillet 2023, considérant que le refus était entaché d'un défaut de motivation suffisante. Elle a enjoint au CNG de réexaminer la demande de la requérante dans un délai de deux mois, en application des articles L. 4111-2 du code de la santé publique et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2507446
Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du préfet des Bouches-du-Rhône refusant le renouvellement d'une habilitation aéroportuaire à un employé de DHL. Le juge a retenu un vice de procédure, estimant que ce refus, constitutif d'une décision individuelle défavorable, devait être motivé en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, ce qui n'était pas le cas. La décision a été annulée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par le requérant.
08/04/2026