lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET BOULAY - AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2020, Mme B A, représentée par la SELURL Boulay-Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juillet 2020 par laquelle le président du conseil départemental des Yvelines a retiré son agrément en qualité d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre au département des Yvelines de lui restituer son agrément, si besoin sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département des Yvelines la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de forme ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2022, le département des Yvelines conclut au rejet de la requête et à ce que les dépens de l'instance soit mis à la charge de Mme A.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoit, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Florent, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été agréée en qualité d'assistante familiale par une décision du président du conseil général des Yvelines du 5 décembre 2012, pour l'accueil de deux enfants ou jeunes majeurs âgés de moins de 21 ans. Par une décision du président du conseil départemental des Yvelines du 28 septembre 2017, cet agrément a été renouvelé sans limitation de durée. Par une décision du président du conseil départemental des Yvelines du 26 octobre 2017, l'agrément de Mme A a été étendu à l'accueil de trois enfants ou jeunes majeurs âgés de moins de 21 ans. Par une décision du 24 janvier 2020, cet agrément a été suspendu pour une durée de quatre mois. Par une décision du 30 juillet 2020, dont l'intéressée demande l'annulation, le président du conseil département des Yvelines a retiré l'agrément dont Mme A était titulaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° AD 2019-373 du 2 août 2019, le président du conseil départemental des Yvelines a donné délégation à M. D E, signataire de la décision attaquée, à l'effet de, notamment, signer en sa qualité de responsable du pôle de promotion de la santé toutes décisions de suspension, de retrait, de restriction et de refus de renouvellement des assistants maternels et familiaux. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 421-2 du code de l'action sociale et des familles : " L'assistant familial est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon permanente des mineurs et des jeunes majeurs de moins de vingt et un ans à son domicile. Son activité s'insère dans un dispositif de protection de l'enfance, un dispositif médico-social ou un service d'accueil familial thérapeutique. (). Il exerce sa profession comme salarié de personnes morales de droit public ou de personnes morales de droit privé () après avoir été agréé à cet effet. L'assistant familial constitue, avec l'ensemble des personnes résidant à son domicile, une famille d'accueil ". Aux termes de l'article L. 421-3 du même code : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession () d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. / (). / L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. (). / () ". Aux termes de l'article L. 421-6 de ce code : " (). / Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, () procéder à son retrait. (). / Toute décision de retrait de l'agrément, () doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés. / () ".
4. La décision attaquée vise les textes dont elle fait application, et comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Elle expose que Mme A bénéficie d'un agrément en qualité d'assistante familiale, qu'une mesure de suspension de cet agrément a été prise en raison d'informations préoccupantes transmises par la cellule centralisée des informations préoccupantes faisant état de révélations d'agressions sexuelles subies par C, une jeune fille accueillie chez la requérante, qui auraient eu lieu à l'extérieur et au sein du domicile de celle-ci. La décision attaquée indique que deux enquêtes judiciaires ont successivement été ordonnées, en raison de la révélation de nouveaux éléments inquiétants. Elle précise notamment que Mme A a sciemment mis en danger l'une des jeunes filles accueillies en l'exposant à son potentiel agresseur à son domicile et en présence de son fils, sans en référer à son employeur, qu'elle ne prend pas conscience de ses responsabilités et ne remet pas en question ses méthodes inadaptées et intrusives. Enfin, il est indiqué qu'au regard de la gravité des faits, la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis au domicile de Mme A n'est plus garantie. Dans ces conditions, le moyen tiré d'un vice de forme doit être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte des dispositions précitées des articles L. 421-3 et L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis, et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. Une telle décision constitue une mesure de police administrative prise dans l'intérêt des enfants accueillis. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, notamment de suspicions d'agression sexuelle, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux, et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être.
6. Pour prendre le 30 juillet 2020 la décision attaquée, le président du conseil départemental des Yvelines a estimé qu'au regard de la gravité des faits et du non-respect des conditions d'exercice de l'agrément d'assistante familiale, ceux-ci ne permettaient plus de garantir la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis au domicile de Mme A
7. La requérante ne conteste pas qu'elle ne prend pas conscience de ses responsabilités en qualité de professionnelle, et ne réalise pas que sa méthode consistant de manière systématique à pousser à bout les adolescents pour provoquer une crise, les conduisant à extérioriser leur ressenti, pouvait être intrusif et violent. Il ressort du compte-rendu de l'entretien qui s'est tenu le 30 janvier 2020 entre Mme A et deux représentants de la " cellule agrément des assistants familiaux " du département des Yvelines, et du rapport de situation établi le 25 juin 2020 par le département des Yvelines, que des informations préoccupantes concernant plusieurs enfants accueillis par la requérante ont été transmises au département des Yvelines, et que la jeune C avait accusé le fils de la requérante d'agression sexuelle au mois de septembre 2019 avant de se rétracter. Ce rapport évoque en outre la transmission le 10 juin 2020 de nouveaux éléments préoccupants. Concernant la capacité de Mme A " à proposer un cadre de vie favorisant la stabilité et la sécurité du mineur accueilli ", et s'agissant de la jeune C, il indique que l'employeur de la requérante n'a été averti des difficultés qu'après des initiatives prises par cette dernière. Il est précisé que Mme A a pris l'initiative de confronter la jeune C à un autre agresseur potentiel, en présence de son fils, sans percevoir que la présence de ce dernier ne respectait pas l'intimité de la jeune fille et exposait celle-ci à un danger, et en fournissant des explications confuses. Concernant des " postures professionnelles inadaptées dans le cadre de son rôle et de sa place d'assistante familiale ", le rapport du 25 juin 2020 indique également que malgré la suspension de son agrément, Mme A a directement contacté la mère d'une enfant qui lui avait été retirée, ainsi que l'assistante familiale à qui l'enfant a été confiée en se montrant véhémente et menaçante. Concernant la capacité de communication de la requérante, ce rapport indique que la requérante ne prend pas conscience de ses propres limites. Sont également relevés " le fonctionnement clanique de cette famille avec ses propres règles " et l'existence d'un " huis clos familial ". Mme A se borne, outre à faire état de ses qualités professionnelles, à soutenir que la jeune C aurait de son propre chef donné rendez-vous à son agresseur potentiel devant son domicile, et qu'elle aurait accepté de l'accompagner avec son propre fils pour qu'elle ne soit pas seule. Toutefois, elle ne soutient pas qu'elle aurait essayé de l'en dissuader pour la protéger, et ne produit aucun élément susceptible d'étayer ses affirmations. Si elle soutient avoir averti auparavant sa " référente professionnelle ", aucune pièce du dossier ne permet de l'établir. Il résulte de ce qui précède qu'en estimant que ces éléments étaient suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que la jeune C, et les autres enfants accueillis, étaient victimes de comportements susceptibles de compromettre leur santé, leur sécurité ou leur épanouissement, le président du conseil départemental des Yvelines n'a pas commis d'erreur d'appréciation et a pu légalement prendre la décision attaquée portant retrait d'agrément.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais de justice :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Yvelines, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme que demande Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
11. La présente instance ne comporte pas de dépens. Les conclusions présentées à ce titre par le département des Yvelines doivent, dès lors et en tout état de cause, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département des Yvelines au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Le Gars, président,
Mme Rivet, première conseillère,
Mme Benoit, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
C. Benoit
Le président,
Signé
J. Le Gars
La greffière,
Signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026