vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2100844 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET COLL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 février 2021 et le 29 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Coll, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 décembre 2020 par laquelle la commune d'Itteville a décidé de mettre fin à ses fonctions à compter du 1er janvier 2021;
2°) d'enjoindre au maire d'Itteville de le réintégrer sous astreinte de 150 euros par jour de retard dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Itteville une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée d'un vice de procédure :
· la commission administrative paritaire n'a pas été préalablement consultée ; le cas échéant, elle était irrégulièrement composée et n'a pas pu procéder à un examen particulier de sa situation n'ayant pas été informée des modalités de son stage ;
· il n'a pas été mis à même de prendre communication de son dossier entre l'avis de la commission administrative paritaire et la décision litigieuse ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité des prolongations de stage dont il a préalablement fait l'objet ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il présente les qualités professionnelles adéquates.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 29 mars et le 21 octobre 2022, la commune d'Itteville, représentée par Me Labetoule, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 18 novembre 2022 par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bouchet, substituant Me Labetoule.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est agent de la commune d'Itteville depuis le 21 septembre 2016. D'abord recruté par le biais de contrats à durée déterminée pour exercer les fonctions de mécanicien, il a été ensuite nommé adjoint technique stagiaire à compter du 1er janvier 2019 pour une durée d'un an. Son stage a été prolongé, pour six mois, à deux reprises, par des arrêtés du maire d'Itteville pris le 23 décembre 2019 et le 25 mai 2020. Par une décision du 2 décembre 2020, le maire d'Itteville a finalement mis fin aux fonctions de M. A, en refusant de le titulariser. Celui-ci demande l'annulation de cette décision.
2. En vertu de l'article 30 de la loi du 26 janvier 1984 précitée : " La commission administrative paritaire examine les décisions individuelles mentionnées aux articles 46, 60, 72, 76, 89, 93 et 96 ainsi que celles déterminées par décret en Conseil d'Etat. ". Et selon l'article 46 de cette loi : " La nomination, intervenant dans les conditions prévues aux articles 25,36 ou 38, paragraphes a et d, ou 39 de la présente loi à un grade de la fonction publique territoriale présente un caractère conditionnel. La titularisation peut être prononcée à l'issue d'un stage dont la durée est fixée par le statut particulier. () L'agent peut être licencié au cours de la période de stage en cas d'insuffisance professionnelle ou de faute disciplinaire et après avis de la commission administrative paritaire compétente. " Aux termes de l'article 5 du décret du 4 novembre 1992 susvisé : " Le fonctionnaire territorial stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. Le licenciement est prononcé après avis de la commission administrative paritaire compétente pour le cadre d'emplois dans lequel l'intéressé a vocation à être titularisé. () ".
3. En l'espèce, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la commission administrative paritaire ait été consultée s'agissant du licenciement du requérant à l'issue de son stage. A cet égard, si la commune soutient que cette commission a émis un avis favorable aux deux prorogations du stage de l'intéressé, cette circonstance, à la supposer établie, ne saurait dispenser sa saisine quant au refus de titularisation en cause. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que la décision du 2 décembre 2020, qui n'a pas été précédée d'un avis de la commission administrative paritaire, est entachée d'un vice de procédure. Or, ce vice de procédure, qui a pu avoir une influence sur le sens de la décision, l'a en tout état de cause privé d'une garantie.
4. Par ailleurs, M. A soutient que la décision refusant de le titulariser est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au motif que, agent de la collectivité depuis 2016, ses compétences professionnelles ont toujours été reconnues comme l'attestent ses évaluations. Toutefois, il ressort de ces évaluations que le requérant a également été interpellé à plusieurs reprises au sujet du respect des valeurs du service public et des règles déontologiques s'imposant aux fonctionnaires. Ainsi, il ressort de l'évaluation du 30 janvier 2019 qu'il lui a été signalé qu'il était " impératif " de fournir de " gros efforts sur la qualité du relationnel avec l'ensemble des agents " et qu'il a spécifiquement été interpelé sur le respect des règles déontologiques. De même, l'évaluation signée le 17 janvier 2020 précise que l'intéressé doit " veiller à soigner son relationnel quel que soit son interlocuteur et garder en tête la notion de service public " et qu'il " ne doit pas oublier les valeurs du service public ". En outre, il ressort de deux attestations d'agents de la collectivité que le requérant a tenu des propos racistes envers ses collègues d'origine étrangère, générant une altercation avec l'un d'eux et des difficultés dans le service. Ainsi, et alors que le requérant n'apporte aucun élément étayé remettant en cause ces reproches, il n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à solliciter l'annulation de la décision du 2 décembre 2020 refusant de le titulariser, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens.
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre au maire de la commune de réexaminer sa situation dans un délai de quatre mois en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge d'une partie la somme que l'autre réclame en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 décembre 2020 par laquelle le maire d'Itteville a décidé de mettre fin aux fonctions de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Itteville de réexaminer la situation de M. A dans un délai de quatre mois.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune d'Itteville.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
M. Geismar Le président,
signé
C. Gosselin
La greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2100844
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026