lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2102121 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Gibelin |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mars 2021, M. A B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions portant retrait de points sur le solde de son permis de conduire à raison des infractions des 16 décembre 2015 (4 points), 6 janvier 2018 (3 points), 26 septembre 2018 (3 points) et 1er novembre 2018 (3 points) ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet née le 16 janvier 2021 du silence gardé par le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur sa demande tendant au retrait de la mention de ces infractions ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés du capital de points de son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu l'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 1er novembre 2018 et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- la mention de l'infraction du 1er novembre 2018 a été supprimée du relevé d'information intégral du requérant ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gibelin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gibelin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a commis les 16 décembre 2015, 6 janvier 2018, 26 septembre 2018 et 1er novembre 2018, diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de plusieurs points affectés à son permis de conduire. M. B a formé un recours gracieux s'agissant de ces décisions, reçu le 16 novembre 2020. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence sur son recours gracieux ainsi que celle des décisions portant retrait de points de son permis de conduire.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral du requérant, édité le 16 août 2021, soit postérieurement à l'introduction de la requête, que la mention de l'infraction du 1er novembre 2018 a été retirée. Dans ces conditions, la décision de retrait du point consécutive à l'infraction du 1er novembre 2018 doit être regardée comme ayant implicitement mais nécessairement été retirée, postérieurement à l'introduction de la requête. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à son annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route, " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent alinéa. ". Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu, préalablement, délivrer un document contenant les informations prévues aux articles précités du code de la route, lesquels constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de cette omission, de rechercher si compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment, le cas échéant, de l'information dont l'intéressé a bénéficié à l'occasion d'autres infractions, elle a eu pour effet de priver l'intéressé de la garantie instituée par la loi.
S'agissant de l'infraction du 16 décembre 2015 :
5. Lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de la formalité prévue à l'article L. 223-1 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
6. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B, produit en défense et édité le 16 août 2021, que l'infraction commise le 16 décembre 2015 a donné lieu à un jugement rendu par la juridiction de proximité de Tours le 19 avril 2016, devenu définitif. Dans ces conditions, l'omission de la formalité prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la légalité de la décision de retrait de points intervenue à la suite de cette condamnation. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
S'agissant de l'infraction du 6 janvier 2018 à 16h21:
7. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée prévue par le second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale implique nécessairement qu'il a préalablement reçu l'avis d'amende forfaitaire majorée. En vertu des dispositions de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration est revêtu des mentions qui permettent au contrevenant de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et qui portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le paiement de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet.
8. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral, que l'infraction commise le 6 janvier 2018 a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire pour le recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Cette mention, qui établit la seule réalité de l'infraction, n'est toutefois pas de nature à attester que le contrevenant a reçu l'information exigée par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, alors même que l'intéressé soutient qu'elle ne lui a pas été délivrée. Si le ministre de l'intérieur et des outre-mer verse à l'instance le procès-verbal électronique relatif à cette infraction, celui-ci, qui ne comporte ni les informations précitées, ni la signature de M. B, ni même la mention " refus de signer ", n'est pas davantage de nature à établir que l'administration s'est acquittée de l'obligation qu'elle tire des dispositions susvisées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du relevé d'information intégral et de l'attestation de paiement établie par le comptable public responsable de la trésorerie du contrôle automatisé que l'intéressé pour l'infraction du 18 février 2017 s'est acquitté de l'amende forfaitaire majorée, et que celui-ci n'établit pas, ni même allègue avoir reçu un avis d'amende forfaitaire majorée inexact ou incomplet. Dans ces conditions, l'omission de cette information lors de la constatation de l'infraction du 6 janvier 2018 ne saurait avoir eu pour effet, dans les circonstances de l'espèce, de priver le requérant, de la garantie instituée par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 26 septembre 2018 :
9. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
10. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal électronique relatif à l'infraction relevée le 26 septembre 2018 produit par l'administration, signé par l'agent de police judiciaire, que celui-ci mentionne que l'infraction est susceptible d'entraîner un retrait de trois points et comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La circonstance que M. B ait refusé de signer le document qui lui était présenté, sans y apporter de réserves sur les modalités de délivrance de ces informations, ne fait pas obstacle à ce que l'intéressé soit regardé comme ayant été destinataire de l'ensemble des informations exigées par la loi qui étaient portées sur le procès-verbal. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté.
En ce qui concerne la réalité des infractions :
11. Il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route, des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues par ces articles que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention de l'exécution d'une composition pénale, la notification d'une condamnation pénale devenue définitive, du paiement de l'amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
12. D'une part, la réalité de l'infraction du 16 décembre 2015 est établie par la condamnation rendue par la juridiction de proximité de Tours, devenue définitive le 19 avril 2016. D'autre part, s'agissant des infractions des 6 janvier 2018 et 26 septembre 2018, elles ont donné lieu, en l'absence de paiement de l'amende forfaitaire afférente dans le délai de quarante-cinq jours précité, à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majoré. Le requérant ne soutient pas avoir formé une requête en exonération ni une réclamation en ce qui concerne ces infractions. Dans ces conditions, leur réalité doit être regardée comme étant établie. Par suite, le moyen tiré du défaut de réalité des infractions doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision portant retrait de point à la suite de l'infraction commise le 1er novembre 2018.
Article 2 : Le surplus des conclusions de sa requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Gibelin
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026