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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2102640

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2102640

vendredi 2 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2102640
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL CABINET PORTELLI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2021, Madame B A, représentée par Me Callon, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Jouars-Pontchartrain à lui verser la somme de 47 463,38 euros, à titre de dommages et intérêts, avec intérêts au taux légal et capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune n'a pas respecté le délai de prévenance prévu par l'article 38-1 du décret n°88-145 du 15 février 1988 ; le non-respect de ce délai l'a privée d'une chance sérieuse de retrouver un autre emploi et lui a causé une préjudice financier équivalent à la rémunération de l'année scolaire écoulée, soit 3 877 euros ; elle lui a aussi causé un préjudice moral qu'elle évalue à 5 000 euros ;

- la décision de ne pas renouveler son contrat est illégale, en l'absence de motif tiré de l'intérêt du service ; elle a droit à des dommages et intérêts d'un montant de 20 000 euros, compte tenu de son ancienneté ;

- la commune a recouru de manière abusive à des contrats à durée déterminée ; elle a droit à une indemnisation de 8 142,98 euros au titre de son préjudice financier et à une somme de 10 000 euros au titre de son préjudice moral soit un montant total de 18 142,98 euros ;

- elle a également droit à une indemnité compensatrice de congés payés, en application de l'article 5 du décret n°88-145 du 15 février 1988 soit la somme de 443,40 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2023, la commune de Jouars- Pontchartrain, représentée par Me Portelli, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en tant que vacataire, Mme A n'avait pas droit au renouvellement de son contrat et elle n'a pas été licenciée ; le non-respect du délai de prévenance est lié au caractère exceptionnel de la crise sanitaire ; elle n'a subi aucun préjudice à ce titre ;

- la décision de ne pas renouveler son contrat est également liée à ce contexte exceptionnel ; elle ne peut se prévaloir d'un préjudice en tant que vacataire ;

- l'administration n'a pas renouvelé de manière abusive ses contrats à durée déterminée, l'administration pouvant recruter un vacataire par plusieurs contrats successifs : en tout état de cause, le calcul de son préjudice financier est erroné ; elle ne peut de plus prétendre à un préjudice moral évalué à une somme supérieure à 2 500 euros ;

- l'article 5 du décret n°88-145 du 15 février 1988 ne lui est pas applicable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Vincent, première conseillère,

- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Portelli.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, née le 23 septembre 1950, a été employée par la commune de Jouars-Pontchartrain depuis l'année scolaire 1995-1996 pour assurer des fonctions de surveillante d'études, à temps non complet. A la suite de sa demande de renouvellement, la commune l'a informée par courriel du 28 août 2020 qu'elle ne pouvait satisfaire sa demande, étant dans l'attente de la rentrée scolaire afin de faire point sur la situation des effectifs. Le renouvellement de son contrat n'a toutefois pas été décidé au titre de l'année scolaire 2020-2021. Par courrier du 2 décembre 2020 elle a formé une demande préalable d'indemnisation par l'intermédiaire de son assureur " protection juridique ", demande restée sans réponse si ce n'est une proposition de transiger à laquelle il n'a finalement pas été donné suite. Par la présente requête, la requérante demande au tribunal de condamner la commune de Jouars-Pontchartrain à lui payer la somme de 47 463,38 euros, à titre de dommages et intérêts, avec intérêts au taux légal et capitalisation des intérêts.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute de la commune :

2. En premier lieu, la requérante soutient que le délai de prévenance de son dernier contrat à durée déterminée n'a pas été respecté. A cet égard, elle n'a été avertie que le 28 août 2020 de l'intention du maire de la commune de ne pas renouveler son contrat pour l'année 2020-2021.

3. D'une part, aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 susvisé : " I.- Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard :() un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; () ". De plus, aux termes de l'article 2 du contrat conclu entre la commune et la requérante, du 2 septembre 2019 au 31 juillet 2020 : " Conformément aux dispositions de l'article 136, alinéa 1, de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 modifiée, Mme B A est soumise, pendant toute la période d'exécution du présent contrat aux droits et obligations des fonctionnaires tels que définis par la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 modifiée et par le décret n°88-145 du 15 février 1988 susvisés ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 311-1 du code général de la fonction publique susvisé, qui reprend les dispositions de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 également susvisée : " Sauf dérogation prévue par une disposition législative, les emplois civils permanents () des communes () sont () occupés soit par des fonctionnaires régis par le présent code () ". De plus, aux termes de l'article L. 332-23 du code général de la fonction publique, qui codifie l'article 3, alinéas 1 à 3, de la loi du 26 janvier 1984 : " Les collectivités et établissements mentionnés aux articles L. 4 et L. 5 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à :1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois () ".

5. Si la méconnaissance du délai institué par l'article 38-1 du décret précité n'entraîne pas l'illégalité de la décision de non-renouvellement de son contrat, elle est néanmoins susceptible d'engager la responsabilité de l'administration.

6. Il est constant que la requérante, recrutée en dernier lieu du 2 septembre 2019 au 31 juillet 2020 par contrat à durée déterminée, n'a été avertie que le 28 août 2020 que la commune ne pouvait satisfaire à sa demande de renouvellement de contrat à durée déterminée, soit postérieurement au terme de son contrat. Si la défenderesse fait cependant valoir qu'elle n'était tenue par aucun préavis, s'agissant d'une vacataire pour laquelle elle n'était tenue à aucune obligation de renouvellement et qu'il ne s'agit pas non plus d'un licenciement, il résulte de l'instruction que la requérante, qui n'a pas été licenciée préalablement à l'échéance de son contrat, a été recrutée, pendant cette période, sur le fondement de l'article 3 alinéa 1 de la loi du 26 janvier 1984 désormais codifié à l'article L. 332-13 1° du code général de la fonction publique précitée et dès lors comme agent contractuel. De plus, son contrat précise que le décret du 15 février 1988 lui est applicable. Si la commune allègue ensuite que le non- respect de ce délai s'inscrit dans le contexte exceptionnel de la crise sanitaire liée à la Covid-19, elle ne l'établit par aucune pièce, en particulier des courriels à l'attention de la requérante l'informant de difficultés rencontrées au vu du contexte sanitaire. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que la commune a commis une faute en ne lui notifiant pas intention de renouveler ou non son contrat dans les délais prévus à l'article 38-1 du décret précité.

7. En deuxième lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.

8. Il est constant que le contrat à durée déterminée de Mme A n'a pas été renouvelé au motif d'effectifs scolaires en baisse et dès lors d'une moindre inscription d'élèves en classes d'études dans le contexte de crise sanitaire liée à la Covid-19, empêchant la commune d'ouvrir les huit classes d'études, comme à l'accoutumée. La requérante soutient toutefois qu'il y a bien eu huit classes d'études ouvertes lors de l'année scolaire 2020-2021 en produisant un plan de sorties d'étude, provenant du site internet de la commune, relatif à la réorganisation des sorties de classe d'étude à compter du 5 novembre 2020, dans le cadre du protocole sanitaire. Toutefois, il résulte de l'instruction et plus particulièrement des données ouvertes de l'éducation nationale qu'il y a bien eu baisse des effectifs lors de l'année scolaire 2020-2021 par-rapport à l'année précédente, tandis que la commune fait valoir avoir anticipé un moindre besoin d'études surveillées au vu des nouveaux modes de travail à distance provoqués par la crise sanitaire. Par suite, la commune ne peut être considérée comme ayant entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, dans le contexte très particulier d'incertitude lié à la crise sanitaire ayant prévalu à la date de la décision attaquée. Dès lors, la commune n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation constitutive d'une faute de nature à engager sa responsabilité.

9. En troisième lieu, il incombe au juge, pour apprécier si le recours, en application des dispositions mentionnées au point précédent, à des contrats à durée déterminée successifs, présente un caractère abusif, de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.

10. Il résulte de l'instruction que la requérante a été recrutée pour surveiller les enfants en classe d'études par contrats à durée déterminée à partir de l'année scolaire 1995-1996 jusqu'à l'année scolaire 2019-2020, soit par 22 contrats à durée déterminée pendant 25 ans. Si la commune soutient qu'elle était uniquement vacataire, occupant un emploi non permanent, il résulte toutefois de l'instruction qu'elle a d'abord été recrutée, en 1995, pour assurer le remplacement de surveillants en cas d'absences occasionnelles et la continuité du service puis, dès 1996, dans le cadre d'une création de postes pour être ensuite recrutée, à partir de de l'année scolaire 2014-2015, sur le fondement de l'article 3 alinéa 1 de la loi du 26 janvier 1984, pour occuper un emploi qui n'a pu être immédiatement pourvu dans les conditions statutaires. Toutefois, il résulte de l'article L. 332-23 du code général de la fonction publique qui codifie l'article 3 alinéa 1 de la loi du 26 janvier 1984 qu'un contrat, conclu sur ce fondement, ne pouvait dépasser une durée limitée à 12 mois. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la commune a commis une faute en renouvelant de manière abusive ses contrats à durée déterminée.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant des préjudices matériel et moral liés au non-respect du délai de préavis :

11. En premier lieu, si la requérante soutient que le non-respect du délai de préavis lui a causé un préjudice matériel correspondant à une perte de chance causée par l'impossibilité d'effectuer en temps utiles les démarches nécessaires pour se trouver un autre emploi de 3 877 euros, elle n'établit par aucune pièce ce préjudice. Par suite, elle n'est pas fondée à en demander l'indemnisation.

12. En deuxième lieu, elle soutient qu'elle a subi un préjudice moral lié au traumatisme éprouvé lors de la notification de la décision de non-renouvellement, après 25 ans de bons et loyaux services. Au cas d'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 1 000 euros.

S'agissant du préjudice lié à l'illégalité de la décision de non-renouvellement pour absence d'intérêt du service :

13. La requérante soutient qu'elle a subi un préjudice à hauteur de 20 000 euros, compte tenu de son ancienneté. Toutefois, il résulte de ce qui précède que la commune n'a pas entaché sa décision d'illégalité à ce titre. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander à être indemnisée à ce titre.

S'agissant des préjudices liés au recours abusif aux contrats à durée déterminée :

Quant au préjudice financier :

14. Aux termes de l'article 45 de du décret du 15 février 1988 susvisé : " La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est la dernière rémunération nette des cotisations de la sécurité sociale et, le cas échéant, des cotisations d'un régime de prévoyance complémentaire, effectivement perçue au cours du mois civil précédant le licenciement. Elle ne comprend ni les prestations familiales, ni le supplément familial de traitement, ni les indemnités pour travaux supplémentaires ou autres indemnités accessoires () ". De plus, aux termes de l'article 46 du même décret : " L'indemnité de licenciement est égale à la moitié de la rémunération de base définie à l'article précédent pour chacune des douze premières années de services, au tiers de la même rémunération pour chacune des années suivantes, sans pouvoir excéder douze fois la rémunération de base. () ".

15. En cas de renouvellement abusif de contrats à durée déterminée, l'agent concerné peut se voir reconnaître un droit à l'indemnisation du préjudice éventuellement subi lors de l'interruption de sa relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.

16. La requérante soutient que, en application des articles 45 et 46 du décret du 15 février 1988, elle a droit à une indemnité correspondant à la somme de 8 142,98 euros, calculée sur la base de son dernier traitement du mois de juillet 2020, soit la somme de 788,03 euros, et ses 25 années de service.

17. Toutefois, il résulte de l'article 45 du décret précité qu'il convient de retrancher de la dernière rémunération nette les prestations familiales. Or, le dernier bulletin de paye fait apparaître le versement d'allocations familiales, à taux réduit et à taux complémentaire, pour un montant total de 54,83 euros qu'il convient de retrancher de la rémunération nette, comme le fait valoir la défenderesse. Il en résulte que la rémunération servant de base de calcul est réduite à la somme de 733,20 euros. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de son préjudice en le fixant à la somme de 7 576,40 euros.

Quant au préjudice moral :

18. La requérante soutient qu'elle a subi un préjudice moral à hauteur de 10 000 euros provoqué par la découverte de la précarité de sa situation d'emploi résultant du recours abusif et illégal à une succession de contrats à durée déterminée, sur plus de 20 années. Au cas d'espèce, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en l'évaluant à 3 000 euros.

S'agissant de l'indemnité compensatrice de congés payés :

19. Mme A soutient que l'indemnité compensatrice versée par la commune, correspondant à la somme de 1 868,60 euros au titre des années scolaires 2016-2017 à 2019-2020, comporte une erreur de calcul. Si la commune a calculé l'indemnité en prenant en compte 1/10ème de la rémunération totale brute perçue lors de l'année en cours, elle a omis de prendre en compte le fait que l'indemnité ne pouvait être inférieure au montant de la rémunération qu'elle aurait perçue pendant la période de congés annuels et non pris, soit la somme de 578 euros par année scolaire, ce qui porte la somme totale de l'indemnité compensatrice à 2 312 euros. Il en résulte un différentiel de 443,40 euros, déduction faite de la somme de 1 868,60 euros de la somme déjà versée de 2 312 euros.

20. Aux termes de l'article 5 du décret du 15 février 1988 susvisé : " L'agent contractuel en activité a droit, dans les conditions prévues par le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires. En cas de démission ou de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire ou à la fin d'un contrat à durée déterminée, l'agent qui, du fait de l'autorité territoriale, en raison notamment de la définition par le chef de service du calendrier des congés annuels, ou pour raison de santé, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels. Lorsque l'agent n'a pu bénéficier d'aucun congé annuel, l'indemnité compensatrice est égale au 1 / 10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent lors de l'année en cours. Lorsque l'agent a pu bénéficier d'une partie de ses congés annuels, l'indemnité compensatrice est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus et non pris. L'indemnité ne peut être inférieure au montant de la rémunération que l'agent aurait perçue pendant la période de congés annuels dus et non pris. L'indemnité est soumise aux mêmes retenues que la rémunération de l'agent ".

21. Au cas d'espèce, si la commune fait valoir qu'elle n'a pas droit à cette indemnité compensatrice, ayant bénéficié de tous ses congés annuels, la requérante n'ayant pas par ailleurs été licenciée et ne demandant pas la fin de son contrat, elle ne l'établit par aucune pièce. De plus, il n'est pas contesté que la commune lui a versé une partie de cette indemnité compensatrice, due également en fin de contrat à durée déterminée. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 443,40 euros.

22. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est fondée à demander l'indemnisation de ses préjudices pour une somme totale de 12 019,80 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

23. Mme A a droit aux intérêts de la somme de 12 019,80 euros, à compter de la date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal.

24. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 30 mars 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 30 mars 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Jouars-Pontchartrain demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Jouars-Pontchartrain une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Jouars-Pontchartrain est condamnée à verser à Mme A la somme de 12 019,80 euros, avec intérêts et capitalisation des intérêts.

Article 2 : La commune de Jouars-Pontchartrain versera à Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejetée.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Jouars-Pontchartrain sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Jouars-Pontchartrain.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Gosselin, président,

- Mme Vincent, première conseillère,

- Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

L. Vincent

Le président,

Signé

C. GosselinLa greffière,

Signé

S. Burel

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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