vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103498 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DELACHARLERIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 avril 2021 et le 13 janvier 2023, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 8 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Delacharlerie, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval à lui verser une indemnité de 50 000 euros en réparation des préjudices subis ;
2°) de mettre à la charge du syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'accident de service dont il a été victime, lors de l'élagage d'un arbre, a généré plusieurs préjudices ;
- la responsabilité sans faute du syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval peut être engagée afin que ses préjudices soient indemnisés ;
- la responsabilité pour faute du syndicat peut également être engagée : l'instruction donnée par son supérieur hiérarchique de procéder à la taille de l'arbre qui a provoqué son accident est fautive ; celui-ci était insuffisamment formé à l'exercice de ses fonctions et l'équipe ne disposait pas du matériel adéquat ;
- ses préjudices peuvent être évalués à 50 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2023, le syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval, représenté par Me Landot, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables à défaut d'être chiffrées ;
- le syndicat n'a commis aucune faute : les instructions du supérieur hiérarchique du requérant étaient conformes aux techniques couramment utilisées ; celui-ci était formé pour l'exercice de ses fonctions ; le matériel mis à la disposition du service était adapté ;
- les préjudices allégués ne sont pas établis : l'existence d'un déficit fonctionnel temporaire n'est pas démontrée, en tout état de cause, il devrait être chiffré à 2 222,50 euros maximum,soit 25 euros par jour ; l'existence d'un déficit fonctionnel permanent n'est pas démontrée, en tout état de cause, il devrait être chiffré à 5 000 euros maximum ; le requérant n'établit pas la réalité des souffrances supposées endurées, qui devraient au maximum atteindre 2 000 euros ; de même, son préjudice esthétique temporaire et permanent peut être évalué, le cas échéant, à 2 300 euros au total ; le préjudice résultant de la perte de revenus n'est pas démontré, et le requérant bénéficie déjà d'une allocation temporaire d'invalidité.
La clôture de l'instruction a été fixée au 16 février 2023 par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le décret n°85-603 du 10 juin 1985 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A exerce les fonctions d'élagueur au sein du syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval. D'abord recruté par le biais d'un contrat à durée déterminée conclu le 6 décembre 2007, il a été titularisé le 1er juin 2009 après une année de stage. Il a été victime d'un accident de service le 28 janvier 2016, heurté par un tronc d'arbre tout juste tronçonné. Ses blessures, notamment quatre fractures aux côtes et une fracture du plateau tibial avec écrasement, ont entrainé plusieurs arrêts au titre d'un congé pour accident de service, une reprise de fonctions et une réaffectation. Il a ensuite été titularisé, le 1er avril 2020, au grade d'agent de maîtrise. Après un premier échange infructueux avec le syndicat, M. A a adressé une réclamation préalable le 22 décembre 2020, notifiée le 26 décembre suivant, demandant l'indemnisation des préjudices résultant de cet accident. Suite au rejet implicite opposé à sa demande, il a sollicité, auprès du juge des référés la réalisation d'une expertise afin d'évaluer l'étendue de ses préjudices.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Le syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval soutient que la requête est irrecevable à défaut pour le requérant d'avoir chiffré ses conclusions indemnitaires. Mais non seulement la requête introductive d'instance se référait explicitement au chiffrage de l'expertise qui devait être réalisée, mais encore, M. A, dans son mémoire en réplique enregistré après la réception du rapport d'expertise, demande l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis à hauteur de 50 000 euros. Par suite, les conclusions de la requête sont recevables et la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur la responsabilité du syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval :
3. Les articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite (CPCMR) et 65 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardés comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Ces dispositions déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre cette personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
4. Aux termes de l'article 2-1 du décret du 10 juin 1985 précité : " Les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ".
5. Le requérant se borne à alléguer que la commune a commis une faute au motif que son supérieur hiérarchique, qui était insuffisamment formé à l'exercice de ses fonctions, a délivré une instruction inadaptée, et que son service n'était pas doté des matériels adéquats. Toutefois, il n'assortit ses affirmations d'aucun élément ni allégation circonstanciée. Au contraire, il résulte de l'instruction que son supérieur était titulaire du brevet de technicien supérieur agricole, option gestion forestière. En outre, la note d'analyse de l'accident en cause conclut, après une description des faits, que " le chantier était préparé en salle avant intervention ", que " la technique retenue était choisie en commun et déjà utilisée sur d'autres chantiers ainsi que sur d'autres arbres du chantier de l'accident ". Cette même note précise également que les agents disposaient d'un harnais et d'une longe ". Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que le syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute :
6. Il résulte de l'instruction que M. A a été victime d'un accident de service le 28 janvier 2016, lorsqu'il a été heurté par un tronc d'arbre tout juste tronçonné alors qu'il exerçait ses fonctions d'élagueur pour le compte du syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval. Dès lors, ainsi que cela a été dit au point 3, il est fondé à engager la responsabilité sans faute de ce syndicat.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices temporaires :
7. Il résulte du rapport d'expertise, qui n'est pas débattu par les parties sur ce point, que M. A a subi un déficit fonctionnel temporaire (DFT) total du 28 janvier 2016 au 1er février 2016. En outre, il a également subi un déficit fonctionnel temporaire partiel à l'occasion de trois périodes : d'une part, du 2 février au 28 avril 2016 correspondant à un taux de DFT de 50%, lorsqu'il a dû se déplacer avec deux cannes et bénéficier d'une aide à hauteur de deux heures par jour pour effectuer les tâches quotidiennes, d'autre part du 29 avril au 28 juillet 2016 correspondant à un taux de DFT de 25%, période où il a également dû se déplacer avec une canne et bénéficier d'une aide pour les tâches quotidiennes à hauteur de 5 heures par semaine, enfin, du 29 juillet 2016 au 28 janvier 2017 correspondant à un taux de 10%. Il sera fait une juste appréciation du préjudice résultant de son DFT en lui allouant une somme de 1 500 euros.
8. Il résulte également du rapport d'expertise que les souffrances endurées par M. A peuvent être évaluées à 2,5/7. Ainsi, il en sera fait une juste appréciation en fixant son préjudice à ce titre à la somme de 2 200 euros.
9. En outre, le rapport d'expertise évalue le préjudice esthétique temporaire du requérant à 2/7 en raison tant de ses déplacements limités par l'usage de deux cannes, puis d'une canne, pendant plusieurs semaines, que de deux cicatrices, l'une au niveau externe du genou, l'autre au niveau de la crête iliaque gauche. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.
En ce qui concerne les préjudices permanents :
10. Il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel permanent de M. A est de 5%. Il en sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 5 600 euros.
11. Par ailleurs, son préjudice esthétique permanent peut être évalué, d'après l'expert, à 1/7. Il en sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 1 000 euros.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander une indemnisation en raison des préjudices subis à hauteur de 11 300 euros.
Sur les frais de l'instance :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval la somme de 1 500 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce qu'une telle somme, demandée par le syndicat, soit mise à la charge du requérant.
D E C I D E :
Article 1er : Le syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval versera une indemnité de 11 300 euros à M. A.
Article 2 : Le syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval versera une somme de 1 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au syndicat mixte de la Vallée de l'Orge aval.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- Mme Vincent, première conseillère,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
M. Geismar Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Burel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2103498
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026