jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2104411 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP THOUVENIN COUDRAY GREVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2021, la société Landot et associés, représentée par la SCP d'avocats Thouvenin, Coudray et Grevy, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 2 et 26 mars 2021 par lesquelles le maire de la commune de Saint-Lambert-des-Bois a refusé de procéder au règlement des factures établies les 3 février et 2 mars 2021 ;
2°) de condamner la commune de Saint-Lambert-des-Bois à lui verser la somme de 1 200 euros en règlement de sa facture impayée, assortie des intérêts à compter de la date de réception des factures et de la capitalisation de ces intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Lambert-des-Bois une somme de 1 800 sur le fondement de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Saint-Lambert-des-Bois, qui lui a confié la défense de ses intérêts dans le cadre d'une instance devant le tribunal administratif, a accepté le 4 janvier 2018 sa proposition fixant les conditions de ses honoraires ;
- conformément à cette proposition, tout mémoire complémentaire était facturé pour un montant de 1 000 euros hors taxe (HT) ;
- si, à la suite d'une erreur, la facture correspondant à la production d'un mémoire récapitulatif a été établie en double exemplaire, le maire de la commune a toutefois refusé de payer la somme correspondant à ce mémoire ;
- contrairement à ce que lui a opposé la commune de Saint-Lambert-des-Bois, le dépôt d'un mémoire n'avait pas à faire l'objet d'une autorisation préalable, et en tout état de cause, le mémoire récapitulatif pour lequel elle sollicite le paiement d'honoraires avait été demandé par le tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à la commune de Saint-Lambert-des-Bois, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 8 décembre 2022 par une ordonnance du 21 octobre 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la société Landot et associés tendant à l'annulation des décisions des 2 et 26 mars 2021 par lesquelles le maire de la commune de Saint-Lambert-des-Bois a refusé de procéder au règlement des factures établies les 3 février et 2 mars 2021, de telles décisions n'étant pas détachables de l'exécution du contrat conclu entre les parties.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caron,
- et les conclusions de M. Connin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'un litige l'opposant à l'Association des amis de la Vallée du Rhodon et des environs (AAVRE) devant le tribunal administratif de Versailles, la commune de Saint-Lambert-des-Bois a confié la défense de ses intérêts au cabinet d'avocats Landot et associés. Par un courrier du 3 janvier 2018, le cabinet Landot et associés lui a transmis ses conditions financières, qui ont été acceptées par le maire de la commune le 4 janvier 2018. Par une facture n° 44457 du 3 février 2021, le cabinet Landot et associés a sollicité de la commune de Saint-Lambert-des-Bois le règlement de la somme de 1 200 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre de la rédaction d'un mémoire récapitulatif. Par un courrier du 2 mars 2021, le maire de la commune a refusé le paiement de cette facture, au motif que celle-ci n'avait fait l'objet d'aucune demande de sa part, ni de bon de commande. Par une seconde facture n° 44700 du 2 mars 2021, le cabinet Landot et associés a de nouveau sollicité de la commune de Saint-Lambert-des-Bois le règlement de la somme de 1 200 euros TTC au titre de la rédaction d'un mémoire récapitulatif. Par un courrier du 26 mars 2021, le maire de la commune a également refusé le paiement de cette facture, pour le même motif. La société Landot et associés demande l'annulation des décisions des 2 et 26 mars 2021, ainsi que la condamnation de la commune de Saint-Lambert-des-Bois à lui verser la somme de 1 200 euros correspondant à la rédaction d'un mémoire récapitulatif.
Sur la recevabilité des conclusions tendant à l'annulation des décisions des 2 et 26 mars 2021 :
2. Le juge du contrat n'a pas le pouvoir de prononcer, à la demande de l'une des parties, l'annulation de mesures prises par l'autre partie, lesquelles ne sont pas détachables de l'exécution du marché. Il lui appartient seulement de rechercher si ces mesures sont intervenues dans des conditions de nature à ouvrir un droit à indemnité. Par suite, les conclusions présentées par la société Landot et associés, tendant à l'annulation des décisions de la commune de Saint-Lambert-des-Bois portant rejet de ses demandes en paiement des factures établies le 3 février et 2 mars 2021, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Il résulte de l'instruction que les conditions financières de la représentation de la commune de Saint-Lambert-des-Bois par le cabinet d'avocat Landot et associés devant le tribunal administratif de Versailles, détaillées dans un courrier du 3 janvier 2018, ont été acceptées par le maire de cette commune le 4 janvier suivant. Aux termes de ce contrat, la rédaction d'un mémoire en défense était facturée 3 950 euros hors taxes (HT), la rédaction d'un second mémoire en défense 2 200 euros HT, et celle de tout mémoire complémentaire ou d'une note en délibéré 1 000 euros HT. Il résulte également de l'instruction que dans le cadre du contentieux opposant l'AAVRE à la commune de Saint-Lambert-des-Bois, le tribunal administratif a, le 13 janvier 2021, sollicité de la commune la production d'un mémoire récapitulatif en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative.
4. Par deux factures émises les 3 février et 2 mars 2021, la société Landot et associés a demandé à la commune de Saint-Lambert-des-Bois le règlement de la somme de 1 000 euros HT, soit 1 200 euros toutes taxes comprises (TTC), correspondant à ses honoraires pour l'établissement du mémoire récapitulatif sollicité par le tribunal, dont elle verse une copie aux débats. Pour s'opposer au paiement de ces honoraires, le maire de la commune fait valoir que ce mémoire récapitulatif n'a fait l'objet d'aucune demande de sa part, ni de bon de commande. Toutefois, il résulte des termes mêmes de l'accord conclu entre les parties que la production d'un mémoire complémentaire par le cabinet Landot et associés était au nombre des prestations prévues par les stipulations contractuelles et n'était pas subordonnée à l'accord préalable de la commune ou à l'émission d'un bon de commande. Par suite, et dès lors que la commune de Saint-Lambert-des-Bois, qui n'a pas produit de mémoire en défense dans le cadre de la présente instance, ne conteste pas l'exécution de la prestation pour laquelle des honoraires lui sont demandés, la société Landot et associés est fondée à solliciter la condamnation de cette collectivité à lui verser la somme de 1 200 euros TTC.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
5. La société Landot et associés a droit aux intérêts au taux légal sur la somme mentionnée au point précédent à compter du 2 mars 2021, date de réception de la facture du 3 février 2021 par la commune de Saint-Lambert-des-Bois.
6. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 26 mai 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 2 mars 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Lambert-des-Bois le versement à la société Landot et associés de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Lambert-des-Bois est condamnée à verser à la société Landot et associés la somme de 1 200 euros TTC, assortie des intérêts au taux légal à compter du 2 mars 2021. Les intérêts échus à la date du 2 mars 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La commune de Saint-Lambert-des-Bois versera à la société Landot et associés la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Landot et associés et à la commune de Saint-Lambert-des-Bois.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- M. Brumeaux, président honoraire,
- Mme Caron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
signé
V. Caron
La présidente,
signé
C. GrenierLa greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026