lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2105443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Gibelin |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juin 2021, M. A C, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2021 par laquelle le préfet des Pyrénées-Atlantiques a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois à compter de la date du retrait du titre ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de lui restituer son permis de conduire dans un délai d'un mois.
Il soutient que :
- la décision attaquée insuffisamment motivée et méconnaît ainsi les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 221-13 du code de la route dès lors que le préfet ne l'a pas soumis à un examen médical ni ne lui a précisé la nature de celui-ci ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 235-3 du code de la route et de l'arrêté du 5 septembre 2001 ainsi que les droits de la défense ne pouvant vérifier l'identité des personnes procédant à l'analyse des examens médicaux.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2021, le préfet des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a fait l'objet le 10 juin 2021 d'un contrôle alors qu'il circulait sur la commune d'Urrugne à l'occasion duquel un dépistage en vue d'établir s'il conduisait en ayant fait usage de stupéfiants ou plantes classées. Les agents, constatant le résultat positif du dépistage, ont procédé à son interpellation et lui ont immédiatement procéder à la rétention de son permis de conduire. Par une décision du 14 juin 2021, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois. M.C demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". La décision par laquelle un préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 ou de l'article L. 224-7 du code de la route est une mesure de police qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code précité.
3. La décision attaquée vise le code de la route, notamment les articles L. 224-2, L. 224-6, L. 224-9 et R. 224-4, mentionne la mesure préalable de rétention du permis de conduire de l'intéressé, les conditions de son contrôle par les services de police le 10 juin 2021, son infraction au code de la route et la circonstance que son comportement représente un danger grave et immédiat pour lui-même et les autres usagers de la route. Il s'ensuit que la décision attaquée satisfait aux exigences de motivation en droit et en fait fixées par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré d'un défaut de motivation doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () ". En l'absence d'une procédure contradictoire particulière organisée par les textes, le préfet doit se conformer aux articles L. 121-1, L. 121-2 et L. 122-1 de ce code, en informant le conducteur de son intention de suspendre son permis de conduire et de la possibilité qui lui est offerte de présenter des observations dans les conditions prévues par ces dispositions. Toutefois, compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, qui doit être prise dans les 120 heures lorsqu'elle fait suite aux vérifications prévues à l'article L. 235-2 du code de la route et qui a, dans ce cas, notamment pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur ayant fait l'objet d'une épreuve de dépistage au résultat positif à l'usage de stupéfiants ou plantes classées comme tel retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement, en application du 1° de l'article L. 121-2 précitées, se dispenser de cette formalité dans un tel cas.
5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet ne disposait, pour prendre la décision attaquée, que d'un délai de 120 heures, et que le requérant, ayant été testé positif à l'usage de stupéfiants ou de plantes classées comme tel, représentait un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même. Il s'ensuit que le préfet pouvait légalement considérer qu'il était dans une situation d'urgence au sens des dispositions du 1° de l'article L. 121-2 du code précité et pouvait ainsi se dispenser de mettre l'intéressé à même de présenter des observations sur la décision qu'il entendait prendre à son encontre. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit, dès lors, être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 221-13 du code de la route : " Le préfet soumet au contrôle médical de l'aptitude à la conduite : () 3° Tout conducteur qui fait l'objet d'une mesure portant suspension du droit de conduire d'une durée supérieure à un mois pour l'une des infractions prévues au présent code, autres que celles mentionnées au 1° ci-dessus. ". Aux termes de l'article R. 221-14 du même code : " I.- Postérieurement à la délivrance du permis, le préfet peut enjoindre à un conducteur de se soumettre à un contrôle médical de l'aptitude à la conduite : () 3° Avant la restitution de son permis, à tout conducteur ou accompagnateur d'un élève conducteur à l'encontre duquel il a prononcé une mesure restrictive ou suspensive du droit de conduire pour l'une des infractions prévues par les articles L. 234-1, L. 234-8, L. 235-1 et L. 235-3, afin de déterminer si l'intéressé dispose de l'aptitude médicale à la conduite du véhicule. Cette mesure est prononcée, selon le cas, par le préfet du département de résidence du conducteur ou de l'accompagnateur de l'élève conducteur. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité préfectorale qui met en œuvre ces dispositions d'indiquer au conducteur la nature des examens médicaux requis ou les modalités du contrôle médical, ainsi que le délai dans lequel il doit s'y soumettre.
7. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée comporte au recto l'obligation pour le titulaire du permis de conduire de se soumettre à une visite médicale devant un médecin agréé pour prononcer un avis sur son aptitude médicale à la conduite et au verso l'obligation de se soumettre à " une visite médicale devant la commission médicale auprès de la préfecture " ainsi que les modalités de cette visite et le contenu de celle-ci. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 235-3 du code de la route : " Les épreuves de dépistage prévues par l'article L. 235-2 sont effectuées par un médecin, un biologiste, ou un étudiant en médecine autorisé à exercer à titre de remplaçant, dans les conditions fixées à l'article L. 4131-2 du code de la santé publique, requis à cet effet soit par un officier ou agent de police judiciaire soit par un agent de police judiciaire adjoint ou par un garde champêtre, sur l'ordre et sous la responsabilité d'un officier de police judiciaire, qui leur fournit les matériels nécessaires au dépistage lorsqu'il s'agit d'un recueil urinaire./ Ces épreuves sont effectuées par un officier ou agent de police judiciaire, par un agent de police judiciaire adjoint ou par un garde champêtre dans les conditions prévues à l'alinéa précédent, lorsqu'il s'agit d'un recueil salivaire ".
9. En l'espèce, M. C soutient qu'il ne lui est pas possible de s'assurer que le prélèvement sanguin a été réalisé de façon régulière. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que seul un prélèvement salivaire a été effectué et, d'autre part, ni les dispositions précitées, ni celles des articles 7 et 14 de l'arrêté du 5 septembre 2001 qui ont été abrogées par l'arrêté du 13 décembre 2016 et n'étaient plus en vigueur à la date de la décision attaquée, n'imposent que la décision de suspension du permis de conduire mentionne l'identité des personnes intervenues à l'occasion du prélèvement, le matériel et la méthode utilisés. Par suite, le moyen inopérant ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision du 14 juin 2021 du préfet des Pyrénées-Atlantiques est illégale. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
Le magistrat désigné,
signé
F. B La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026