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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2105917

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2105917

lundi 6 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2105917
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSOULARUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 juillet 2021 et le 10 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Soularue, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 mai 2021 par laquelle la mairie des Ulis a refusé de procéder à son aménagement de poste ;

2°) d'enjoindre à la mairie des Ulis de régulariser sa situation administrative en procédant à son reclassement à sa reconstitution de carrière ;

3°) de mettre à la charge de la mairie des Ulis la somme de 2 000 euros à verser à Me Soularue en contrepartie de sa renonciation à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat à sa mission d'aide juridictionnelle, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que de mettre à sa charge la somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie, en application des articles L. 723-3 et R. 723-26-1 et R. 723-26-2 du code de la sécurité sociale.

Il soutient que :

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dans la mesure où la commune était tenue, en raison de l'expertise médicale du 5 mars 2021 et de l'avis médical du 15 avril 2021, de lui proposer un aménagement de poste, ou, le cas échéant de le reclasser.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2022, la mairie des Ulis, représentée par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 2 novembre 2022 par une ordonnance du même jour.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,

- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,

- les observations de Me Soularue,

- et les observations de Me Potterie, substituant Me Magnaval.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est adjoint technique au sein de la mairie des Ulis depuis 1995. Il a été victime de deux accidents de service, le 15 novembre 2014, en chutant dans les escaliers, et le 27 mai 2016. Par un avis du 2 février 2017, la commission de réforme l'a considéré définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions. Par un avis du 19 décembre 2017, le comité médical a émis un avis favorable à sa mise en disponibilité d'office pour épuisement de ses droits à congé. M. B a sollicité son reclassement notamment par un courrier du 17 juillet 2017 et la ville lui a répondu, le 13 septembre 2017, qu'elle ne disposait d'aucun poste vacant. Par un arrêté du 13 septembre 2017, M. B a été placé en disponibilité d'office pour épuisement de ses droits à congés de maladie ordinaire, et ce, dans l'attente d'un nouvel avis du comité médical qui a finalement conclu, le 3 juillet 2018, à l'inaptitude totale et définitive à ses fonctions d'agent technique, à son reclassement sur un poste sédentaire et à ce que sa disponibilité d'office pour raison de santé soit prolongée. Sa disponibilité a ainsi été renouvelée depuis. Par plusieurs courriers, notamment du 3 septembre 2018 et du 10 août 2020, le maire des Ulis a indiqué ne pas disposer de poste vacant susceptible de lui être proposé dans le cadre d'un reclassement. En octobre 2020, le comité médical a, à nouveau, été saisi de la situation de M. B et a sollicité une expertise médicale, laquelle a conclu le 5 mars 2021 que l'intéressé paraissait " apte à reprendre une activité professionnelle sur un poste à aménager par le médecin de prévention ". Puis, le comité médical à nouveau réuni le 15 avril 2021, suivant ces recommandations, a conclu à " l'aptitude à la reprise de l'agent à temps complet dès que possible sur un poste aménagé validé par le médecin de prévention ". Par un courrier du 10 mai 2021, le maire des Ulis a indiqué au requérant que sa reprise n'était pas possible à ce jour, au motif qu'il avait été déclaré inapte totalement et définitivement à l'exercice de ses fonctions, tant par la commission de réforme le 2 février 2017 que par le comité médical le 3 juillet 2019, et a précisé également que le comité médical était de nouveau saisi sur ce point. M. B demande l'annulation de cette décision, considérant qu'elle refuse de procéder à son aménagement de poste.

2. En premier lieu, la décision litigieuse rappelle les avis de la commission de réforme du 2 février 2017 et du comité médical du 3 juillet 2019 qui concluaient en l'inaptitude absolue et définitive de M. B, et explique que le médecin de prévention a émis, le 5 mai 2021, un avis défavorable à sa réaffectation du son ancien poste de gardien de parking. Puis la décision précise que l'avis du comité médical est à nouveau sollicité, compte tenu de l'évolution de la situation et de l'apparente contradiction entre les différents avis le concernant, émis depuis 2017. En outre, cette décision s'inscrit dans un ensemble d'échanges entre lui et la ville, incluant des arrêtés de placement en disponibilité visant les textes applicables tels que la loi du 26 janvier 1984 relative à la fonction publique territoriale et le décret de 1986 relatif aux positions des fonctionnaires territoriaux, ainsi que des décisions refusant, en l'absence de poste vacant, de le reclasser. Dès lors, M. B a eu connaissance des éléments de droit et de fait lui permettant de contester utilement cette décision. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit, dans les circonstances de l'espèce, être écarté.

3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le dernier avis du comité médical préalable à la décision litigieuse du maire des Ulis, soit celui du 15 avril 2021, précisait que M. B était apte à reprendre ses fonctions à temps complet, dès que possible, sur un poste aménagé validé par le médecin de prévention. Cet avis suit ainsi la position du médecin expert, psychiatre, qui concluait également le 5 mars 2021 que l'intéressé pouvait reprendre ses fonctions sur un poste à aménager par le médecin de prévention. Toutefois, il s'inscrit en contradiction avec les précédents avis émis au sujet du requérant, qui considéraient unanimement que ce dernier était définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions. A ce titre, la commission de réforme avait ainsi considéré dès le 2 février 2017 que les pathologies du requérant, notamment " les lésions aux genoux " et " la pathologie du dos " impliquaient son " inaptitude absolue et définitive à ses fonctions ", conduisant à ce qu'un " reclassement " doive être étudié " sur un poste sédentaire ". Le comité médical avait alors, le 19 décembre 2017 et le 3 juillet 2018, également émis un avis favorable au placement de l'intéressé en disponibilité au motif qu'il était définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions. En outre, et postérieurement à l'avis du 15 avril 2021 du comité médical préconisant la reprise des fonctions de M. B " sur un poste aménagé validé par le médecin du travail ", ce dernier a émis un avis défavorable à une réintégration sur son ancien poste de gardien de parking, en précisant qu'il pouvait reprendre ses fonctions sur un autre poste sans postures pénibles prolongées. Dès lors, compte tenu tant de l'avis défavorable du médecin de prévention à une reprise de ses fonctions sur son ancien poste que de l'ensemble des précédents avis médicaux concluant à son inaptitude définitive et absolue à l'exercice de ses anciennes fonctions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le maire des Ulis aurait commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation en refusant, dans l'attente d'un nouvel avis du comité médical spécifiquement saisi de cette question, de le réintégrer sur son ancien poste.

4. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 10 mai 2021 par laquelle le maire a refusé, dans l'attente d'un nouvel avis du comité médical, de le réintégrer sur son ancien poste, avec aménagements. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune des Ulis la somme demandée par le requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de cette disposition et de mettre à la charge du requérant la somme que réclame la commune au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune des Ulis sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune des Ulis.

Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Gosselin, président,

- Mme Vincent, première conseillère,

- Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

M. Geismar Le président,

Signé

C. Gosselin

La greffière,

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No2105917

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