mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2106913 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées le 9 août 2021 et le 21 mars 2023, M. et Mme B, représentés par le cabinet Arbor Tournoud et associés, agissant par Me Wolf, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales qu'ils estiment avoir acquittées à tort à raison des plus-values immobilières réalisées par la SCI Had Immobilière au cours des années 2016 et 2017 et 2019 ;
2°) d'ordonner la restitution des sommes versées, assorties des intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
- leur réclamation est recevable ; le délai de recours contentieux a été rouvert par l'arrêt 18VE01652 rendu le 23 juin 2020 par la CAA de Versailles qui a confirmé la décision par lequel le tribunal administratif de Versailles a jugé que la SCI Had Immobilière était assujettie à l'impôt sur les sociétés ;
- en application de ces décisions, ils ne sont pas les redevables légaux de l'imposition sur la plus-value immobilière réalisée par cette société ; c'est à tort que ces plus-value ont été déclarées dans la cédule des plus-value privées.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2022, le directeur départemental des finances public conclut à l'irrecevabilité des conclusions de M. et Mme B.
Il soutient que :
-leur réclamation, adressée au service le 28 décembre 2020, est tardive et irrecevable en ce qui concerne les années 2016 et 2017, en application de l'article R*. 196-1 du livre des procédures fiscales ;
-leurs conclusions relatives à l'année 2019, qui n'était pas visée dans leur réclamation contentieuse, ne sont pas recevables en application de l'article R*. 190-1 du livre des procédures fiscales.
Par ordonnance du 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 mars 2023 à 10h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont demandé au service, par une réclamation contentieuse du 28 décembre 2020, la décharge et la restitution de l'impôt sur le revenu et des contributions sociales assis sur les plus-values immobilières réalisées par la SCI Had Immobilière, qu'ils estiment avoir acquittées à tort. Leur réclamation ayant été partiellement admise, ils demandent au tribunal de prononcer la décharge et la restitution de ces impositions à hauteur de la somme de 35 008 euros.
Sur la recevabilité des conclusions de la requête en ce qui concerne les années 2016 et 2017
2. Aux termes de l'article R*. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / c) De la réalisation de l'évènement qui motive la réclamation () ".
3. En l'espèce, il est constant que par une décision n°1503364 du 30 avril 2018, confirmée sur ce point par l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Versailles rendu le 23 juin 2020 sous le n°18VE01652, le tribunal administratif de Versailles a jugé, dans le cadre d'un litige portant sur les années 2011 et 2012, que la SCI Had Immobilière était assujettie à l'impôt sur les sociétés en vertu d'une option exercée dans sa déclaration de constitution en 1993. Toutefois, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme B, ni l'arrêt rendu par la Cour administrative d'appel de Versailles, ni la décision du tribunal administratif de Versailles, qui concernent un autre contribuable et portent sur une période d'imposition différente, ne constituent un évènement susceptible de rouvrir le délai de réclamation au sens des dispositions précitées de l'article R*. 196-1 du livre des procédures fiscales, alors même que l'arrêt n°18VE01652 a précisé que l'option exercée par la société présentait un caractère irrévocable. Dès lors, l'administration a pu à bon droit rejeter comme tardive la réclamation présentée le 28 décembre 2020, en tant qu'elle était dirigée contre les impositions acquittées par M. et Mme B au titre des plus-values réalisées par la SCI Had Immobilière au cours des années 2016 et 2017, et les conclusions de la requête doivent, par suite et au titre de ces deux années, être rejetées comme irrecevables.
4. Au surplus, s'agissant des impositions acquittées par M. et Mme B au titre de la plus-value réalisée par la SCI HAD Immobilière au cours de l'année 2016, il résulte de l'instruction que l'administration a, par décision du 24 juin 2021, antérieure à l'introduction de la présente instance, dégrevé en totalité ces impositions, et par suite les conclusions aux fins de décharge de ces impositions sont en tout état de cause dépourvues d'objet.
Sur le bien-fondé en ce qui concerne l'imposition au titre de l'année 2019
5. Aux termes de l'article R*. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ". En l'espèce, il résulte de ces dispositions que M. et Mme B, qui ne contestent pas avoir été imposés conformément à leurs déclarations, peuvent obtenir la décharge des impositions litigieuses en apportant la preuve de leur caractère exagéré.
6. Si M. et Mme B soutiennent avoir acquitté à tort l'impôt sur les revenus et les cotisations sociales afférentes à la cession du 15 mars 2019, l'administration fait valoir en défense, sans être contestée, que seuls les droits d'enregistrement afférents à cette cession ont été acquittés auprès du service de publicité foncière (SPF) du département des Yvelines. Par suite, les requérants ne justifiant pas du paiement des contributions sociales contestées, ne sont en tout état de cause et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, pas fondés à en solliciter la décharge.
Sur la demande tendant au versement d'intérêts moratoires
7. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que les requérants auraient sollicité en vain, préalablement à l'introduction de la présente instance, le versement des intérêts moratoires à raison des sommes dont ils ont obtenu le dégrèvement au titre de l'année 2016. D'autre part, l'administration n'ayant pas contesté à l'instance le principe ni le montant des intérêts moratoires dont le versement est réclamé, mais ayant soutenu qu'en tout état de cause la demande des requérants était tardive et dès lors, irrecevable, au titre de l'année 2016, le litige n'est pas davantage né au cours de l'instance. Par suite, les conclusions de M. et Mme B tendant au paiement de ces intérêts sont dépourvues d'objet et ne peuvent qu'être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B à fins de décharge et de restitution doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et au directeur départemental des finances publiques des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delage, président,
M. de Miguel, premier conseiller,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. C
Le président,
Signé
Ph. DelageLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026