jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2107458 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Président Boukhéloua |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 août 2021 et 12 avril 2022, M. B A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 29 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié le retrait de points de son permis de conduire à la suite de l'infraction du 27 octobre 2020, a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul et lui a enjoint de restituer son permis de conduire aux services préfectoraux dans un délai de dix jours ;
2°) d'annuler les décisions antérieures de retraits de points de son permis de conduire à la suite des infractions commises les 4 et 14 mars 2016, 8 avril 2016, 12, 19 et 22 septembre 2016, 8 janvier 2018, 27 février 2018, 12 et 14 mars 2018, 29 mai 2018, 19 juin 2018 et 8 septembre 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée " 48SI " et que les décisions de retrait de points sont intervenues aux termes d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été destinataire des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2021 le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel sur les conclusions de la requête et au rejet du surplus.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 5 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 septembre 2022 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation des retraits de points afférents aux infractions des 8 avril 2016, 22 septembre 2016 et 29 mai 2018 ont perdu leur objet dès lors qu'il ressort du relevé d'information intégral du 21 octobre 2021 que les points retirés par effet de ces infractions ont été restitués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale,
- le code de la route,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a commis les 4 et 14 mars 2016, 8 avril 2016, 12, 19 et 22 septembre 2016, 8 janvier 2018, 27 février 2018, 12 et 14 mars 2018, 29 mai 2018, 19 juin 2018, 8 septembre 2020 et 27 octobre 2020, diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de plusieurs points affectés à son permis de conduire. Par une décision " 48 SI " du 29 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a notifié le retrait de points faisant suite à l'infraction du 27 octobre 2020, a récapitulé l'ensemble des décisions de retrait de points afférents aux infractions antérieures, a invalidé son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 29 juillet 2021 et de toutes les décisions portant retrait de points de son permis de conduire qui figurent sur cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, il ressort des mentions du relevé d'information intégral du 21 octobre 2021 produit en défense, que le permis de conduire de M. A est valide avec un solde positif et que la décision " 48 SI " n'apparait plus sur ce relevé. Elle doit ainsi être regardée comme ayant été implicitement mais nécessairement retirée postérieurement à l'introduction de la requête. Dès lors, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " du 29 juillet 2021 en ce qu'elle invalide son permis de conduire sont devenues sans objet.
3. En second lieu, s'agissant des infractions des 8 avril 2016, 22 septembre 2016 et 29 mai 2018, il ressort du relevé d'information intégral du 21 octobre 2021 que les points retirés par effet de ces infractions ont été restitués respectivement les 27 octobre 2016, 15 aout 2017 et 27 mai 2019, avant l'introduction de la requête. Par ailleurs, il ressort de ce même relevé d'information intégral que les infractions des 12 et 19 septembre 2016, 27 février 2018, 12 mars 2018 et 19 juin 2018 n'ont pas donné lieu à des retraits de points. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces éléments aient été portés à la connaissance de M. A avant la date d'introduction de sa requête. Par suite, les conclusions à fin d'annulation des retraits de points consécutifs aux infractions des 8 avril 2016, 12, 19 et 22 septembre 2016, 27 février 2018, 12 mars 2018, 29 mai 2018 et 19 juin 2018 sont devenues sans objet.
4. Par suite, il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " du 29 juillet 2021 en ce qu'elle invalide le permis de conduire de M. A ni sur les conclusions à fin d'annulation des infractions des 8 avril 2016, 12, 19 et 22 septembre 2016, 27 février 2018, 12 mars 2018, 29 mai 2018 et 19 juin 2018.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la réalité des infractions :
5. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
6. Il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route, des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale et de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues par ces articles que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Ainsi, l'émission d'un titre exécutoire établit la réalité d'une infraction, sans que le juge ne doive rechercher si l'intéressé a reçu notification d'un avis d'amende forfaitaire majorée.
7. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A, que les infractions relevées les 8 janvier 2018, 14 mars 2018, 8 septembre 2020 et 27 octobre 2020 ont donné lieu, en l'absence du paiement des amendes forfaitaires afférentes dans le délai de quarante-cinq jours, à l'émission d'un titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée. Par ailleurs, les infractions relevées les 4 et 14 mars 2016, ont donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire. En dépit de ce qu'il soutient, M. A n'établit pas avoir présenté une requête en exonération ou formé des réclamations. Dès lors, conformément à ce qui précède, la réalité des infractions reprochées à l'intéressé est établie.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de communication des informations mentionnées aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route :
8. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9./ Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. / Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent alinéa ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.-Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9 ".
9. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Cette information revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant des infractions commises les 4 et 14 mars 2016 :
10. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
11. Ainsi qu'il est dit au point 7, les infractions relevées les 4 et 14 mars 2016 ont donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire. Ainsi, le requérant ne justifiant pas s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers ce dernier de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende. Par suite, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue par les dispositions précitées doit être écarté.
S'agissant des infractions commises les 8 janvier et 14 mars 2018 :
12. Le paiement par le contrevenant de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir que l'administration s'est acquittée envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre que cet avis était inexact ou incomplet. Lorsque le contrevenant soutient que le paiement est intervenu par la voie du recouvrement forcé et n'est, par suite, pas de nature à apporter la preuve de la réception des avis, il lui appartient d'apporter la preuve, devant le juge du fond, de ce que l'amende a effectivement fait l'objet d'un recouvrement forcé.
13. Il ressort des pièces du dossier, notamment des attestations de paiement délivrées par la trésorerie du contrôle automatisé de la direction générale des finances publiques, produites par la défense, que les amendes afférentes aux infractions relevées les 8 janvier 2018 et le 14 mars 2018 ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée qui a fait l'objet d'un paiement les 4 et 10 avril 2019. Ainsi, à défaut pour le requérant, qui n'allègue pas que ces amendes ont fait l'objet d'un recouvrement forcé, de justifier s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers ce dernier de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende. Par suite, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue par les dispositions précitées doit être écarté.
S'agissant de l'infraction commise le 8 septembre 2020 :
14. Ainsi qu'il est dit au point 7, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que l'infraction commise le 8 septembre 2020 a été constatée par un radar automatique et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Ces mentions ne permettent pas d'établir que l'intéressé aurait reçu l'avis de contravention comportant les informations exigées par l'article L. 223-3 du code de la route, ce d'autant moins que M. A justifie que cette amende a fait l'objet d'un recouvrement forcé. En conséquence, à défaut pour le ministre de produire, à qui incombe la charge de la preuve, de produire le procès-verbal afférent à cette infraction ou une attestation de situation du trésorier principal du contrôle automatisé permettant d'établir que le contrevenant se serait acquitté de l'amende forfaitaire majorée et aurait, en conséquence nécessairement eu connaissance de ce titre exécutoire, M. A est fondé à soutenir que la décision de retrait de point consécutive à cette infraction est intervenue au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 27 octobre 2020 :
15. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
16. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal électronique relatif à l'infraction relevée le 27 octobre 2020 à 17h30 produit par le ministre de l'intérieur, que celui-ci mentionne que l'infraction est susceptible d'entraîner un retrait de points et comporte les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Les circonstances que M. A n'ait pas pu signer le document qui lui a été présenté du fait des contraintes liées à l'épidémie de Covid, ou que le paiement de l'amende majorée afférente à cette infraction ait fait l'objet d'un recouvrement forcé, ne font pas obstacle à ce que l'intéressé soit regardé comme ayant été destinataire de l'ensemble des informations exigées par la loi qui étaient portées sur le procès-verbal. Par suite, le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue par les dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré un point sur son permis de conduire à la suite de l'infraction relevée le 8 septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Si l'annulation contentieuse d'une décision de retrait de points implique nécessairement que le ministre de l'intérieur reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire.
19. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconnaitre à l'intéressé le bénéfice d'un point irrégulièrement retiré et de réexaminer la situation de M. A dans le sens des observations qui précèdent en en tirant lui-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " du 29 juillet 2021 en ce qu'elle invalide le permis de conduire de M. A ni sur les conclusions à fin d'annulation des infractions des 8 avril 2016, 12, 19 et 22 septembre 2016, 27 février 2018, 12 mars 2018, 29 mai 2018 et 19 juin 2018.
Article 2 : La décision de retrait d'un point consécutif à l'infraction commise le 8 septembre 2020 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le point illégalement retiré par la décision annulée à l'article 2, dans la limite du capital de points affecté à son permis de conduire, sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieurement prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières.
Article 4 : L'Etat versera à M. A la somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
La magistrate désignée,
signé
N. C
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026