jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2108037 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DELACHARLERIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2021, Mme B A, représentée par Me Delacharlerie, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier d'Arpajon à lui verser la rémunération due pour chacune des heures de service fait dont elle justifie ;
2°) de condamner le centre hospitalier d'Arpajon à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait d'une promesse de réembauche non tenue ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Arpajon une somme de 1500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a subi un préjudice moral et perdu toute chance d'être titularisée du fait du non-respect de son engagement par son ancien employeur public ;
- la discrimination salariale dont elle a été victime est également fautive et de nature à lui ouvrir droit à indemnités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2023, le centre hospitalier d'Arpajon conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme A la somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en application des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983,
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986,
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rivet,
- les conclusions de M. Chavet, rapporteur public,
- et les observations de Me Bekpoli, représentant le centre hospitalier d'Arpajon
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, infirmière anesthésiste, recrutée par contrat à durée indéterminée, travaillait au centre hospitalier d'Arpajon depuis le 1er juillet 2018. Par un courrier reçu le 21 juillet 2020, elle a informé le centre hospitalier de sa décision de démissionner de ses fonctions à compter du 21 août 2020. Le centre hospitalier a pris acte de cette démission le 26 août 2020. Par un courrier daté du 28 septembre 2020, le centre hospitalier lui a annoncé qu'il allait lui établir un nouveau contrat à durée indéterminée. Toutefois, par un second courrier daté du 6 octobre 2020, l'établissement l'a informée qu'il ne serait finalement pas donné suite à sa demande de réembauche. Le 12 mai 2021, Mme A a formé auprès du centre hospitalier d'Arpajon une demande préalable tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait d'une promesse de recrutement non tenue ainsi qu'en raison de la rupture d'égalité salariale dont elle aurait été victime lorsqu'elle travaillait au sein de cet établissement. Ce courrier est resté sans réponse. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier d'Arpajon à l'indemniser de ses préjudices ainsi que de lui payer la totalité des heures de service qu'elle a effectuées.
Sur les fins de non-recevoir opposées par le centre hospitalier :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
3. Contrairement à ce que fait valoir le centre hospitalier d'Arpajon, la requête comprend l'exposé des faits, le chiffrage des demandes en dommages et intérêts et des moyens, même si certains de ces moyens ne sont pas suffisamment précis. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir ne peut être accueillie.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. En premier lieu, la requérante soutient sans plus de précisions que le centre hospitalier ne lui aurait pas payé la totalité des heures de service qu'elle a effectuées. L'établissement fait valoir, sans être contredit par la requérante qui n'a pas répliqué au mémoire en défense, que le reliquat des jours dont elle se prévaut lui a bien été payé dès sa fin de contrat. Il ressort des pièces du dossier et en particulier du bulletin de paye du mois de septembre 2020 que l'établissement a versé à Mme A un montant de 223,43 euros sous le code " Congés payés (manuel) " correspondant à 19 heures 18 minutes de service fait à la date de son départ. Mme A ne démontre ainsi pas que le centre hospitalier aurait commis une faute. Par suite, à supposer recevables les conclusions tendant au versement d'une somme due en rémunération de service fait, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
5. En deuxième lieu, Mme A se prévaut d'un principe général de non-discrimination salariale entre agents publics et fait valoir qu'une de ses collègues, avec une ancienneté moindre que la sienne, aurait toutefois bénéficié d'une rémunération supérieure. A l'appui de sa requête, elle produit, pour le mois de juillet 2020, son bulletin de salaire ainsi que celui de sa collègue, également contractuelle. Toutefois, la comparaison de ces documents révèle un montant de traitement indiciaire brut similaire, deux agentes placées au même échelon 8 du 1er grade d'infirmière anesthésiste, ainsi qu'un montant d'indemnité de résidence et de supplément familial identique puisqu'elles ont le même nombre d'enfants. La différence de montant brut de rémunération est liée au seul fait que Mme A travaillait à mi-temps alors que sa collègue était à temps plein. Par suite, Mme A n'est pas fondée à invoquer une faute ou une inégalité de traitement.
6. En dernier lieu, si la responsabilité de l'administration est susceptible d'être retenue en cas de promesse non tenue, il appartient au demandeur de démontrer l'existence d'un engagement ferme et précis qui n'aurait pas été respecté à son égard. Constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration le non-respect des assurances de recrutement données par elle à un agent ayant abandonné, sur la base de ces assurances, l'emploi qu'il occupait.
7. En l'espèce, Mme A se prévaut du courrier du 28 septembre 2020 par lequel le directeur chargé des ressources humaines l'a informé qu'il allait " établir un nouveau contrat à durée indéterminée " qui devait entrer en vigueur jusqu'à sa prochaine mise en stage. Dans ce courrier, il lui proposait de reprendre " le processus de stagiairisation et de titularisation " dans lequel elle s'était engagée, " avec pour corollaire le maintien de salaire initial ". Il résulte également de ce courrier que le secrétariat de direction devait prendre contact avec elle dans les jours à venir pour " convenir d'une date ". Ainsi, les termes de ce courrier sont suffisamment clairs et précis pour pouvoir avoir été regardés par la requérante comme un engagement de recrutement. Il doit donc être regardé comme constituant une promesse non tenue de recrutement. Dès lors, en changeant d'avis, le centre hospitalier d'Arpajon a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
8. Au titre des préjudices subis, d'une part, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée a présenté la démission de ses fonctions dès le 21 juillet 2020 sur la base de ce courrier. D'autre part, il résulte de l'instruction que le centre hospitalier d'Arpajon a informé la requérante très rapidement de son changement de position et que seulement une semaine s'est écoulée entre ces deux courriers. Or, si la requérante demande une indemnité de 10 000 euros, elle ne justifie d'aucun préjudice financier résultant par exemple du refus d'un autre poste. En revanche, la promesse non tenue a fait naître un préjudice moral minime que l'on peut évaluer par une juste appréciation à la somme de 150 euros.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner le centre hospitalier d'Arpajon à payer à Mme A la somme de 150 euros.
Sur les frais liés au litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du CJA : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions des parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : Le centre hospitalier d'Arpajon est condamné à verser la somme de 150 euros à Mme A.
Article 2 : Les conclusions des parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier d'Arpajon.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 8 février 2024.
La rapporteure,
signé
S. Rivet
La présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026