jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2109924 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BALME LEYGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoire, enregistrés les 17 novembre 2021, 18 juillet 2022, 2 juin et 2 octobre 2023, M. A C, représenté par Me Balme Leygues, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2021 par lequel le ministre de l'économie, des finances et de la relance a décidé de l'affecter sur " tout emploi " à la direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Yvelines à compter du 1er décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé alors qu'il s'agit d'une décision prise en considération de la personne ;
- l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 est méconnu, en l'absence de prise en compte des demandes qu'il a formulées et de sa situation de famille ;
- il s'agit d'une sanction déguisée, qui le prive des garanties de la procédure disciplinaire ; il y a une intention punitive ; la mesure a des effets importants sur sa vie personnelle et familiale et emporte un amoindrissement de ses responsabilités voire de sa rémunération ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au regard du handicap de son fils ;
- la mesure est discriminatoire ; il bénéficie de la reconnaissance de travailleur handicapé et il n'a pas été tenu compte de son handicap pour sa mutation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 25 janvier et le 13 septembre 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi du 11 juillet 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mauny,
- les conclusions de Mme Chong-Thierry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Balme Leygues pour M. C et de Mme B pour le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, inspecteur des finances publiques, titularisé le 1er septembre 2022, a été affecté dans le département du Val d'Oise. Il a été affecté le 4 mars 2013 au sein de la mission départementale risques et audit de la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise. Par un arrêté du ministre de l'économie, des finances et de la relance du 29 octobre 2021, il a été affecté sur " tout emploi " au sein de la direction départementale des finances publiques des Yvelines, avec une date d'installation au 1er décembre 2021. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, désormais codifié aux articles L. 512-18 et L. 512-19 du code général de la fonction publique, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service. / II. - Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées à l'article 62 bis, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille ". Ces dispositions prévoient la prise en considération de la situation de famille des fonctionnaires pour leurs mutations, y compris lorsque l'autorité compétente décide de la mutation d'un fonctionnaire dans l'intérêt du service.
3. Il ressort du rapport de la directrice départementale des finances publiques du Val d'Oise du 22 septembre 2021, par lequel elle sollicite la mutation dans l'intérêt du service de M. C, qu'il comporte un paragraphe sur sa situation personnelle et administrative de l'intéressé qui précise qu'il est père de 3 enfants dont un âgé de 16 ans atteint d'un handicap qui nécessite un suivi particulier. Si ce document ne fait pas état de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé de M. C, le 24 janvier 2018, il n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été tenu compte de sa situation personnelle et familiale pour prendre la décision en litige. Par ailleurs, il ressort du mémoire en défense de l'administration que la mutation de M. C dans le département des Yvelines est intervenue après constat de l'absence de poste à Paris et dans les départements des Hauts-de Seine et de la Seine-Saint Denis. Il suit de là que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaitrait les dispositions précitées.
4. En deuxième lieu, la mutation dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C, affecté dans le département du Val d'Oise en qualité d'inspecteur à compter du 1er septembre 2002, a été affecté à la trésorerie générale en qualité de chargé de mission de recouvrement contentieux avant d'être affecté dans des postes comptables, à la Trésorerie de Cergy en mars 2003, d'Eaubonne en septembre 2004 puis à la trésorerie générale de mai 2005 à août 2012. Il est affecté à la trésorerie de Sannois de septembre 2012 à février 2013 avant de rejoindre la mission départementale risques et audits (MDRA) en mars 2013. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui a effectué de brefs passages dans des postes comptables, a été visé par une pétition des agents de la trésorerie d'Eaubonne, qui ont réclamé son départ, et qu'il a quitté la trésorerie de Sannois à la demande du chef de poste qui a mis en cause son attitude et ses lacunes dans le management du pôle recouvrement de la trésorerie et de façon plus globale son aptitude à occuper des fonctions d'inspecteur. Il en ressort également que M. C entretient depuis 2019 des relations extrêmement tendues avec ses supérieurs hiérarchiques de la MDRA, caractérisées par des échanges de courriels nombreux et répétitifs, dans lesquels l'intéressé, dans un style s'affranchissant souvent des règles de la courtoisie administrative et du respect de sa hiérarchie, remettait en cause les intentions de ses supérieurs et la pertinence de leurs consignes, et par un refus d'exécuter certaines des tâches qui lui étaient confiées. Il en ressort également qu'à l'occasion d'un échange particulièrement tendu avec l'adjoint de la directrice de la MRDA, ce dernier a poussé M. C pour le contraindre à quitter son bureau et que M. C a porté plainte contre ce dernier en raison de ce geste. Au regard de cette situation, et quand bien-même la directrice de la MRDA aurait indiqué à plusieurs reprises à M. C que la persistance dans son comportement l'exposerait à des sanctions, la décision contestée était motivée par les nécessités du service. Au surplus, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'affectation de M. C sur " tout emploi " à la direction départementale des finances publiques (DDFIP) des Yvelines, alors qu'il était assistant à la MRDA, aurait eu pour effet de porter atteinte à sa situation professionnelle. Il n'est donc pas fondé à soutenir que sa mutation dans l'intérêt du service constituait une sanction déguisée.
6. Il résulte des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration qu'un arrêté portant mutation d'office dans l'intérêt du service n'est pas au nombre des décisions administratives défavorables dont la motivation est obligatoire. Le moyen tiré d'un défaut de motivation doit, par suite, être écarté comme étant inopérant.
7. Si M. C soutient que l'arrêté contesté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que la distance entre son domicile, qu'il ne peut quitter en raison des aménagements réalisés afin de permettre la prise en charge de son fils lourdement handicapé, et son lieu d'affectation à Versailles ne lui permet pas de rentrer suffisamment tôt après les heures de travail pour accueillir son fils, il n'apporte dans la présente instance aucune pièce sur les conditions de prise en charge de son fils et la nécessité d'être présent à 17 heures à son domicile. Le moyen doit donc être écarté.
8. Enfin, si M. C soutient que la mesure qu'il attaque est discriminatoire et que son handicap aurait dû être pris en compte, l'état de M. C n'était évoqué ni par le requérant ni par l'administration dans les nombreux échanges produits. En outre, M. C ne peut pas utilement se prévaloir de l'absence de prise en compte de son handicap dans le cadre du mouvement des inspecteurs des finances publiques en 2023 ou d'une lettre du 3 avril 2023, ces évènements étant postérieurs à la décision en litige.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique .
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Perez, premier conseiller,
M. Bélot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024 .
Le président-rapporteur,
signé
O. Mauny
L'assesseur le plus ancien,
signé
S. BélotLa greffière,
signé
Le Pré
La République mande et ordonne au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026