vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110555 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat Crandal |
| Avocat requérant | CABINET PALMIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au tribunal le 6 décembre 2021, M. A C, représenté par Me Gérard, demande au tribunal en premier lieu, d'annuler la décision du président de la commission de recours amiable rejetant implicitement son recours administratif préalable obligatoire du 12 mars 2021 à l'encontre de la décision de la caisse d'allocations familiales des Yvelines réduisant le montant de son aide personnalisée au logement à compter de janvier 2021 jusqu'en septembre 2021, et la supprimant pour les mois de mai, juin et juillet 2021. En second lieu, il demande au tribunal d'enjoindre le département et la caisse d'allocations familiales des Yvelines à régulariser sa situation en recalculant ses droits à l'APL depuis le 1er janvier 2021 et en lui versant les sommes dues sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement. Enfin, il demande au tribunal de condamner l'Etat à verser à son avocat 1 500 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de condamner l'Etat aux dépens.
Il soutient que :
- ni les décisions réduisant ou supprimant le montant de son aide personnalisée au logement, ni celle rejetant sa réclamation ne sont motivées ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit portant sur la base de ressources mensuelles retenue par la caisse d'allocations familiales au regard des dispositions des articles R.822-3 et R.822-4 du code de la construction et de l'habitation ;
- les montants d'APL versés mensuellement ne sont pas en rapport avec les revenus pris en compte.
Par un mémoire enregistré le 15 février 2022, le département des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le département n'a aucune compétence en matière d'aide personnalisée au logement.
Par un mémoire enregistré le 27 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Yvelines représentée par Me Brault conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- une décision implicite n'est pas illégale du seul fait de son absence de motivation ;
- en l'espèce aucune demande de motifs n'a été présentée par le requérant ;
- une décision appliquant une modification de montant d'APL en fonction d'un changement de situation n'est pas au nombre des décisions devant être motivées ;
- les montants en litige sont ceux contestés à la date du 12 mars 2021 ;
- le calcul des ressources résulte de celui entré en vigueur au 1er janvier 2021 en application du décret du 30 décembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative selon la procédure prévue par cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de M. C qui a confirmé ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R.772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C occupe un logement à Poissy pour lequel il bénéficie de l'aide personnalisée au logement depuis mars 2016. Au cours du dernier trimestre de 2020, il a reçu une allocation logement mensuelle de 250,74 euros calculée sur le montant de 2 895 euros de salaires qu'il a perçus en 2018. Par une décision de janvier 2021, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a réduit le montant mensuel de l'allocation logement qu'il percevait à 47 euros. Par un courriel du 1er février 2021, la caisse d'allocations familiales a répondu à M. C que cette diminution de l'allocation mensuelle trouvait sa cause dans le montant actuel de ses ressources. Par un second courriel du 17 février 2021, la caisse d'allocations familiales lui a répondu que les ressources prises en compte pour le calcul étaient celles des douze derniers mois. Le 12 mars 2021, M. C a adressé un recours administratif préalable obligatoire qui a été notifié le 15 mars 2021 à la caisse d'allocations familiales des Yvelines. La caisse d'allocations familiales a rejeté implicitement ce recours le 16 juin 2021. Le requérant doit être considéré comme demandant au tribunal de prononcer l'annulation de cette décision implicite.
2. Aux termes de l'article L.822-5 du code de la construction et de l'habitation: " Les aides personnelles au logement ne sont dues qu'aux personnes payant un minimum de loyer, compte tenu de leurs ressources ()." Aux termes de l'article L. 822-6 du même code : "La détermination ainsi que les conditions de prise en compte des ressources ( ) sont définies par voie réglementaire./ Les conditions de prise en compte des ressources, notamment les périodes de référence retenues, peuvent varier en fonction de la nature des ressources." Aux termes de l'article L.823-1 de ce code : "Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération :/ 1° La situation de famille du demandeur () ; 2° Ses ressources () ;
3° Le montant du loyer payé, pris en compte dans la limite d'un plafond, ainsi que les dépenses accessoires retenues forfaitairement ;()." Aux termes de l'article R.822-3 du même code : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : / 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R.822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l'article L.133-5-3 du code de la sécurité sociale ( ), sur une période de référence courant du treizième mois au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; ( )/ Ne sont pas pris en compte : 1° Les arrérages des rentes viagères constituées en faveur d'une personne handicapée, mentionnés à l'article 199 septies du code général des impôts ; / 2° Les indemnités versées aux personnes tirées au sort mentionnées à l'article 4-3 et au 2° de l'article 12 de l'ordonnance n°58-1360 du 29 décembre 1958 portant loi organique relative au Conseil économique, social et environnemental." Aux termes du premier alinéa de l'article R.822-4 de ce code : " I.-Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, ( ) ". Enfin aux termes de l'article R.823-6 de ce code : " Le montant mensuel de l'aide personnelle au logement est calculé pour une période de trois mois à compter de la date à laquelle les conditions d'ouverture du droit à cette aide sont réunies, sous réserve des cas prévus aux articles R. 822-7 à R. 822-17, R. 823-7, R. 823-10 à R. 823-14 ainsi que, le cas échéant, R. 832-9. / Il est calculé sur la base du loyer effectivement payé pour le mois de juillet de l'année précédente ou, en cas d'accession à la propriété, sur la base de la mensualité acquittée au titre des charges./ Le droit à l'aide personnelle au logement et son montant mensuel sont réexaminés tous les trois mois sous réserve des cas prévus au premier alinéa, y compris, pendant une période qui ne peut dépasser neuf mois consécutifs, à la suite d'un réexamen aboutissant à un versement nul ou inférieur au seuil de versement, sans qu'il soit nécessaire à l'allocataire de déposer une nouvelle demande d'aide./ A l'expiration du délai de neuf mois, une nouvelle demande d'aide doit être déposée pour qu'il soit procédé à un nouvel examen du droit et que l'aide puisse être à nouveau versée."
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits d'une personne à l'aide personnalisée au logement, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
4. Il résulte de l'instruction qu'en prenant en compte les rappels de pension d'un montant de 5 445 euros versé en mai 2020 par la caisse nationale d'assurance vieillesse et de 3 673 euros versé en octobre 2020 par les caisses de retraite complémentaire, au titre de la période de référence courant du treizième mois au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement la caisse d'allocations familiales des Yvelines a fait application des dispositions de l'article R.822-3 du code de la construction et de l'habitation citées au point 6 sans commettre d'erreur de droit. Si l'article R.822-4 du code de la construction et de l'habitation renvoie pour l'appréciation des ressources prises en compte à la notion de revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, en l'espèce, M. C n'ayant pas été soumis à une imposition sur le revenu au titre de ses revenus pour 2020, n'a pas saisi l'administration fiscale en application du III de l'article 1630 A du code général des impôts en vue d'un étalement de ce qui constituait pour lui un revenu exceptionnel. Pour le surplus il résulte de ce qui est dit au point 3, que les moyens tirés du défaut de motivation de la décision attaquée ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales des Yvelines a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. C le 12 mars 2021 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
Sur les conclusions dirigées contre le département des Yvelines :
6. Aux termes des dispositions de l'article L.812-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ( ) sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement et selon ses directives, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.( ) "
7. Il résulte de ce qui précède, ainsi que le fait valoir à bon droit le département des Yvelines que seule la caisse d'allocations familiales des Yvelines a reçu compétence du législateur pour liquider et payer les allocations logement pour le compte du fonds national d'aide au logement. Il suit de là que les conclusions de la requête à fin d'injonction au conseil départemental, ainsi qu'il le fait valoir dans son mémoire en défense, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre la caisse d'allocations familiales des Yvelines :
8. Le rejet des conclusions en annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire entraîne par voie de conséquence le rejet des conclusions à fin d'injonction dirigées à l'encontre de la caisse d'allocations familiales des Yvelines.
Sur les frais du litige :
9. Les conclusions à fin que soient mis à la charge de l'Etat qui n'est pas partie perdante au procès une somme au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au président du conseil départemental des Yvelines et au directeur de la caisse d'allocations familiales des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. B
La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2110555
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026