vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110708 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire enregistrée le 28 octobre 2021 au tribunal administratif de Paris et transmise au tribunal administratif de Versailles par ordonnance du 2 décembre 2021 du président du tribunal initialement saisi et un mémoire complémentaire enregistré le 2 décembre 2022, M. C B A, représenté par Me Gérard, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 27 octobre 2021 du préfet de police prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à son encontre et le signalant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- la qualité du signataire n'est pas visible, en méconnaissance de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est illégal par voie d'exception, l'arrêté du 16 juin 2021 portant obligation de quitter le territoire français étant lui-même illégal, le requérant n'ayant pas reçu notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard des articles L.612-6 et L.612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été transmise au préfet de police qui n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 16 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Vincent, première conseillère a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B A, ressortissant bangladais né le 15 avril 1980, est entré sur le territoire français en 2018. Après avoir déposé une demande d'asile rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 16 juin 2021, par le préfet de l'Essonne, auquel il n'a pas déféré. Après avoir ensuite été interpellé par les services de police, il a fait l'objet d'un arrêté du 28 octobre 2021 du préfet de police dont il demande l'annulation, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois et le signalant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme H, attachée d'administration de la préfecture de police, habilitée à signer en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E F, cheffe du 8ème bureau, dans la limite de leurs attributions respectives, qui avait elle-même reçu délégation de signature de Mme D G, cheffe du département zonal de l'asile et de l'éloignement, conformément à l'arrêté n°2021-0099 du 27 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de police et à ceux des départements de la région Ile-de-France ainsi qu'au bulletin officiel de la ville de Paris. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". Au cas d'espèce, si cette mention est quelque peu effacée, elle reste néanmoins suffisamment lisible pour identifier le prénom, le nom et la qualité de la signataire de l'arrêté. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, le requérant soutient que l'arrêté est illégal par voie d'exception, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français du 16 juin 2021 sur lequel il se fonde étant lui-même illégal, le requérant ne s'étant pas vu notifier la décision de la CNDA confirmant la décision de l'OFRA. Toutefois, si l'illégalité d'un acte administratif non réglementaire peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure prise pour l'application du premier acte ou qui en constitue la base légale, cette exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée. Or, le requérant n'établit pas ni même n'allègue qu'il n'aurait pas reçu notification de l'arrêté du 16 juin 2021 portant obligation de quitter le territoire français et qu'il aurait introduit un recours contentieux à son encontre. Dès lors, cet arrêté du 16 juin 2021 est devenu définitif, faute d'avoir fait l'objet, dans les délais, d'un recours contentieux. Dès lors, le requérant n'est plus recevable à exciper de l'illégalité de cet arrêté portant obligation de quitter le territoire français au soutien de ses conclusions dirigées contre l'arrêté du 27 octobre 2021 lui interdisant le retour sur le territoire français.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ".
Aux termes de l'article L.612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
6. Au cas d'espèce, le requérant soutient que des faits isolés de vente à la sauvette, sans précision sur la nature de la marchandise vendue qui plus est, sont manifestement insuffisants pour caractériser une menace à l'ordre public de sa part. Toutefois, à supposer que tel soit le cas, la menace à l'ordre public n'a été prise en compte par le préfet que pour fixer la durée de l'interdiction de retour, conformément à l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, il n'est pas contesté que le requérant a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire ou dont le délai est expiré, à laquelle il n'a pas déféré. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait fait valoir des circonstances humanitaires propres à justifier l'absence d'édiction d'une telle interdiction. En tout état de cause, s'il soutient, dans sa requête sommaire, qu'il ne peut retourner au Bangladesh, étant menacé par des opposants politiques, il ressort des pièces du dossier que sa demande d'asile a été refusée par l'OFPRA, décision confirmée ensuite par la CNDA. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il en est de même de ses conclusions à fin d'injonction et des conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au préfet de police.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
L. Vincent
Le président,
Signé
C. GosselinLa greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026