vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2110855 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Mathou |
| Avocat requérant | CABINET PALMIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2021, Mme E, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite rejetant son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 2 novembre 2020 portant notification d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement pour un montant de 16 501 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Essonne une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991;
Elle soutient que :
- l'auteur de l'acte contesté est incompétent ;
- la saisine de la commission de recours amiable est une formalité préalable obligatoire ;
- l'action est prescrite, en l'absence de manœuvre frauduleuse ;
- il n'est produit aucun décompte de la créance de la CAF à l'appui de sa notification de l'indu ;
- les retenues pratiquées sur les prestations familiales de Mme E sont illégales, dès lors que la requérante conteste le caractère fondé de l'indu ;
- le conseil départemental a méconnu les droits de la défense en se fondant uniquement sur un contrôle, sans qu'elle puisse faire valoir ses observations ;
- la CAF n'apporte pas la preuve de l'assermentation de l'agent chargé du contrôle ;
- l'accusation de fraude est infondée, dès lors qu'elle n'a eu d'autre choix que de louer l'appartement donné par son père, que le fruit de la location du bien ne doit pas être regardé comme une ressource nette, qu'il n'y a eu aucune location pour les années 2017 et 2018, les sommes versées pour la scolarité de ses enfants dans un établissement privé n'ont jamais été perçues pour son compte ;
- en s'abstenant d'examiner la réalité de sa situation, la CAF de l'Essonne a commis une erreur de droit et d'appréciation ;
- elle est de bonne foi et est dans une situation de précarité justifiant l'octroi d'une remise totale de dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2022, la caisse d'allocations familiales des Yvelines, représentée par Me Brault conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme E une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés dans le requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 2 novembre 2020, la caisse d'allocations familiales des Yvelines a notifié à Mme E un trop-perçu d'aide personnalisée au logement (APL) pour un montant de 16 501 euros, pour la période de novembre 2017 à août 2020. Mme E a exercé un recours administratif préalable le 21 décembre 2020, qui a été rejeté implicitement. Mme E demande l'annulation de cette dernière décision ainsi que la remise totale de la dette résultant du trop-perçu d'APL.
Sur les conclusions à fin d'annulation et à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation désormais applicable, " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; (). ". Et aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation: " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. () ". Et aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. () ". Aux termes de l'article R. 825-2 : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. Ses décisions sont motivées. ".
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide personnalisée au logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne la régularité de la décision de récupération d'indu :
4. En premier lieu, il n'est pas établi que la décision litigieuse, qui est une décision implicite de rejet, aurait été prise par une autre personne que la directrice de la CAF des Yvelines, Mme A, qui avait signé la décision initiale du 2 novembre 2020, et qui était donc compétente pour prendre cette décision, sans qu'une décision de délégation de compétence ne soit nécessaire. Au surplus, la décision implicite n'étant pas signée, aucune délégation de signature n'était nécessaire.
5. En deuxième lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte.
6. Il résulte de l'instruction que Mme E a adressé à la CAF des Yvelines, soit l'organisme payeur, et plus précisément à la commission de recours amiable, le recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 2 novembre 2020, par lettre recommandée du 17 décembre 2020. Ce courrier, bien qu'adressé à " Mr Pierre Bédier ", président du département des Yvelines, constitue bien le recours amiable prévu par les dispositions de l'article R. 825-2 du code de la construction et de l'habitation. Mme E soutient, sans être contredite, que la commission de recours amiable n'a pas été saisie pour avis préalablement au rejet de son recours administratif préalable obligatoire. La consultation obligatoire de la commission de recours amiable constitue une garantie pour les bénéficiaires des aides au logement. Toutefois, en l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'absence non contestée de consultation de cette commission aurait été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure au motif de l'absence de saisine de la commission de recours amiable doit être écarté.
7. En troisième lieu, Mme E soutient que la caisse d'allocations familiales des Yvelines n'a pas fourni le décompte de la créance. Toutefois, outre qu'elle n'établit pas avoir demandé la communication du décompte de la créance auprès de la caisse d'allocations familiales des Yvelines, et qu'elle a démontré avoir parfaitement connaissance de la créance en litige, la CAF des Yvelines a produit, dans le cadre de la présente instance, un décompte précis des sommes réclamées au titre des APL pour la période considérée.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 553-2 du code de sécurité sociale, applicable aux aides personnelles au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. Par dérogation aux dispositions précédentes, lorsqu'un indu a été constitué sur une prestation versée en tiers payant, l'organisme peut, si d'autres prestations sont versées directement à l'allocataire, recouvrer l'indu sur ces prestations selon des modalités et des conditions précisées par décret ".
9. La requérante soutient d'une part que des retenues ont été pratiquées sur ses prestations sociales alors que l'indu était contesté et d'autre part que ces retenues lui ont porté un préjudice financier mais elle n'établit aucune de ces deux allégations. En tout état de cause, à les supposer avérés, ces faits sont sans incidence sur la légalité de la décision litigieuse du 2 novembre 2020.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés (), le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire () ".
11. Il résulte de l'instruction que Mme B, agent chargée du contrôle de la situation de Mme E ainsi que de l'enquête administrative concernant l'attribution de ses allocations, a été régulièrement assermentée par un procès-verbal de prestation de serment du tribunal d'instance de Versailles du 22 février 2013. Par suite, le moyen tiré de ce que l'agent n'était pas assermenté doit être écarté.
12. En dernier lieu, la requérante invoque la violation du principe du contradictoire et des droits de la défense résultant d'un défaut de communication du rapport d'enquête et des pièces sur lesquelles la CAF des Yvelines a fondé sa décision, et la circonstance qu'elle n'aurait donc pu formuler d'observation préalablement à leur édiction. Toutefois, si le principe général des droits de la défense prévoit que les décisions individuelles défavorables n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales, le recours administratif préalable obligatoire institué par les dispositions précité est destiné à remédier à l'absence de procédure contradictoire en permettant à l'administré de faire valoir ses observations sur la décision défavorable qui lui est opposée. Au demeurant, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'enquête, que Mme E a été parfaitement informée de la situation litigieuse.
En ce qui concerne le bien-fondé de la décision de récupération d'indu :
13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " I.-Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : / 1° Les personnes de nationalité française ;() / II.-Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. ". L'article L. 822-4 du même code dispose : " Les aides personnelles au logement ne sont pas dues si le local est loué ou sous-loué en partie à des tiers ". Aux termes de l'article R. 831-1 du code de la construction et de l'habitation: " L'aide personnalisée au logement mentionnée au 1° de l'article L. 821-1 est attribuée, pour leur résidence principale, aux personnes qui occupent : 1° Soit le logement dont elles sont propriétaires et qui a été construit, ou amélioré, ou acquis et amélioré dans les conditions définies par le 1° de l'article L. 831-1 ;
2° Soit un logement à usage locatif, faisant l'objet d'une convention conclue en application des 2°, 3° ou 4° de l'article L. 831-1 ;/ 3° Soit un logement faisant l'objet d'un contrat de location-accession conclu dans les conditions prévues par la loi n° 84-595 du 12 juillet 1984 définissant la location-accession à la propriété immobilière et qui a été construit ou acquis dans les conditions définies par le 6° de l'article L. 831-1 ; / 4° Soit un local privatif dans un logement-foyer tel que défini à l'article L. 633-1, faisant l'objet d'une convention conclue en application du 5° de l'article L. 831-1. / Pour l'application du présent titre, sont assimilés à des propriétaires les titulaires d'un contrat leur donnant vocation à l'attribution à terme de la propriété du logement qu'ils occupent, ainsi que les porteurs de parts ou d'actions de sociétés donnant vocation à l'attribution en propriété du logement qu'ils occupent. () "
14. Il résulte du rapport d'enquête réalisé par l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Yvelines que Mme E occupait, de 2017 à août 2020, un logement situé à Meulan, dans les Yvelines, appartenant à son beau-père, pour lequel elle ne payait aucun loyer. Dans le même temps, elle bénéficiait d'un appartement à Deauville, reçu en donation, pour lequel elle percevait des loyers, non déclarés, pour des locations saisonnières via la plateforme " Airbnb ". Mme E n'est pas fondée à soutenir qu'elle remplissait les conditions pour bénéficier de l'aide personnalisée au logement pour la période concernée. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, dès lors, être écartés.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 553-1 du code de sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2, L. 821-5-1 ou L. 845-3, L. 844-3 (1) du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation ".
16. La requérante soutient qu'elle n'a pas commis de manœuvres frauduleuses ni fait de fausses déclarations alors que la notification de la décision du 2 novembre 2020 est intervenue plus de deux ans après la perception des aides. Toutefois, eu égard à la nature et au montant des ressources et éléments dont l'omission déclarative est reprochée, et au rapport d'enquête très circonstancié de la CAF des Yvelines, la requérante doit être regardée comme ayant fait de fausses déclarations justifiant la levée de la prescription biennale prévue par ces dispositions.
17. Enfin, si Mme E invoque sa bonne foi, qui, ainsi qu'il vient d'être dit, ne peut être retenue, et une situation de précarité, qu'elle n'établit pas non plus, de telles circonstances, à les supposer même établies, seraient, en tout état de cause, sans incidence sur le bien-fondé de l'indu en litige.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur la demande de remise de dette :
19. L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
20. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
21. Il résulte de l'instruction que Mme E ne justifie ni de sa bonne foi, ni d'une situation de précarité. Par suite, les conclusions à fin de remise présentées par Mme E doivent être rejetées.
22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité.
Sur les frais d'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CAF des Yvelines, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre desdites dispositions. Les conclusions présentées par Mme E sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent donc être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme E une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la CAF des Yvelines et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Mme E versera à la CAF des Yvelines une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, au département des Yvelines et à la caisse d'allocation familiales des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. C La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026