vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2200817 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 février 2022 et le 7 avril 2022, M. A B, représenté par la SELAFA cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Massy à lui verser la somme de 3 576,92 euros ou à tout le moins la somme de 3 572,36 euros due au titre des heures supplémentaires travaillées les samedis ;
2°) de condamner la commune de Massy à lui verser la somme de 15 000 euros au titre de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, assortie des intérêts de droit à compter de sa demande préalable ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Massy la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune de Massy a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne lui rémunérant pas les 30 samedis travaillés sur son contingent d'heures supplémentaires ; compte tenu de ce qu'il aurait par ailleurs dû être reclassé au grade de brigadier-chef principal, son préjudice s'élève à la somme de 3 576,92 euros ; à titre subsidiaire, à supposer que son reclassement n'était pas erroné, son préjudice s'élève à la somme de 3 572,36 euros ;
- ces erreurs et carences fautives de la commune de Massy lui ont causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qu'il y a lieu d'indemniser à hauteur de 15 000 euros.
Malgré une mise en demeure qui lui a été adressée le 30 mai 2023 en application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, la commune de Massy n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n°2001-623 du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale ;
- le décret n°2002-60 du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maitre, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B était fonctionnaire titulaire de l'administration pénitentiaire, détaché depuis le 1er octobre 2018 comme gardien-brigadier au sein de la police municipale de la commune de Massy jusqu'à son intégration définitive dans ce corps à compter du 1er octobre 2020. Par un courrier du 5 octobre 2021, il a demandé à la commune de Massy de l'indemniser des heures supplémentaires réalisées les samedis durant sa période d'emploi au sein de la commune jusqu'au 27 avril 2021. Cette demande a fait l'objet d'un rejet implicite, puis d'un rejet explicite par courrier du maire de Massy du 28 février 2022. M. B demande au tribunal de condamner la commune de Massy à l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subis.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, alors applicable : " Les règles relatives à la définition, à la durée et à l'aménagement du temps de travail des agents des collectivités territoriales et des établissements publics mentionnés au premier alinéa de l'article 2 sont fixées par la collectivité ou l'établissement, dans les limites applicables aux agents de l'Etat, en tenant compte de la spécificité des missions exercées par ces collectivités ou établissements. Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions d'application du premier alinéa. Ce décret prévoit les conditions dans lesquelles la collectivité ou l'établissement peut, par délibération, proposer une compensation financière à ses agents, d'un montant identique à celle dont peuvent bénéficier les agents de l'Etat, en contrepartie des jours inscrits à leur compte épargne-temps. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé, applicable à la fonction publique territoriale par renvoi de l'article 1er du décret du 12 juillet 2001 susvisé : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées. ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail. Les horaires de travail sont définis à l'intérieur du cycle, qui peut varier entre le cycle hebdomadaire et le cycle annuel de manière que la durée du travail soit conforme sur l'année au décompte prévu à l'article 1er. () Pour les agents relevant d'un régime de décompte horaire des heures supplémentaires, celles-ci sont prises en compte dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail. Elles font l'objet d'une compensation horaire dans un délai fixé par arrêté du ministre intéressé, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, après avis du comité social d'administration ministériel. A défaut, elles sont indemnisées. ". Aux termes de l'article 3 du décret du 14 janvier 2002, rendu applicable à la fonction publique territoriale par les dispositions de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 : " La compensation des heures supplémentaires peut être réalisée, en tout ou partie, sous la forme d'un repos compensateur. Une même heure supplémentaire ne peut donner lieu à la fois à un repos compensateur et à une indemnisation au titre du présent décret. ". Enfin, aux termes de l'article 7 de ce même décret : " A défaut de compensation sous la forme d'un repos compensateur, les heures supplémentaires accomplies sont indemnisées dans les conditions ci-dessous. ". Ces dispositions ne font obligation à l'autorité territoriale dont l'organe délibérant décide de la possibilité de payer les heures supplémentaires de ses agents, de payer les heures supplémentaires effectuées que dans le cas où il n'est pas demandé à l'agent concerné de récupérer ses heures supplémentaires, ou qu'une telle récupération est impossible.
3. Il est constant en l'espèce que durant sa période d'emploi au sein des services de la commune de Massy, M. B a effectué des heures supplémentaires en travaillant certains samedis et dimanches. Il résulte de l'instruction que, tandis que les heures effectuées les dimanches ont été indemnisées, celles effectuées les samedis ont fait l'objet systématiquement d'un repos compensateur octroyé le lundi suivant pour une durée égale au temps de travail effectivement réalisé. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que les heures supplémentaires réalisées les samedis, qui ont fait l'objet d'une compensation conforme aux textes en vigueur, auraient dû faire l'objet d'une indemnisation. Par suite, la commune de Massy n'a pas commis de faute en refusant cette indemnisation.
4. En deuxième lieu, ces faits ne caractérisent ni des erreurs ni des carences susceptibles d'engager la responsabilité de l'administration.
5. Il découle de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions au titre des frais de l'instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Massy.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. Maitre
Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026