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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2204016

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2204016

vendredi 5 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2204016
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPrésident Mégret
Avocat requérantIOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, M. C A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions de retrait de point du ministre de l'intérieur et des outre-mer suite aux infractions commises les 26 juin 2014 (6 points), 31 décembre 2017 (3 points) et 24 février 2020 (3 points), ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours gracieux formé contre ces décisions le 28 janvier 2022 ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Il soutient que :

- les décisions de retrait de points litigieuses n'ont pas été précédées de la délivrance des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions commises n'est pas établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu partiel à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de point pour l'infraction commise le 24 février 2020 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- les mentions relatives à l'infraction commise le 24 février 2020 ont été supprimées du relevé d'information intégral de l'intéressé et cette infraction n'entraine, dès lors, plus de retrait de points ;

- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A a commis des infractions au code de la route les 26 juin 2014 (6 points), 31 décembre 2017 (3 points) et 24 février 2020 (3 points), qui ont donné lieu à des décisions de retrait de points. Par un courrier du 20 janvier 2022, M. A a formé un recours gracieux contre ces décisions. En l'absence de réponse de l'administration, M. A demande au tribunal l'annulation de ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de M. A édité le 9 juin 2022 produit par le ministre de l'intérieur, que les mentions relatives à l'infraction du 24 février 2020 ont été supprimées de ce relevé postérieurement à l'introduction de la requête. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points suite à cette infraction ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a pas lieu d'y statuer. L'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer doit être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. (). ". Aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9.Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. (). ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.-Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II.-Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. (). ".

En ce qui concerne la réalité des infractions :

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de M. A édité le 9 juin 2022, qu'il s'est acquitté du paiement des amendes forfaitaires émises suite aux infractions commises les 26 juin 2014 et 31 décembre 2017 et constatées par procès-verbal électronique. Il s'ensuit qu'en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route la réalité des infractions est établie. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la délivrance des informations légales :

5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation préalable d'information. Toutefois, quelle que soit la date de l'infraction et que sa constatation ait été établi par procès-verbal électronique ou par radar automatique, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.

6. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral de M. A édité le 9 juin 2022, et n'est pas contesté par ce dernier, qu'il s'est acquitté du paiement des amendes forfaitaires émises suite aux infractions commises les 26 juin 2014 et 31 décembre 2017. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu l'ensemble des informations exigées par les dispositions citées au point 3. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant ces infractions doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que les décisions de retraits de points prises par le ministre de l'intérieur et des outre-mer suite aux infractions commises les 26 juin 2014 et 31 décembre 2017 doivent être annulées. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points suite à l'infraction du 24 février 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.

La magistrate désignée,

signé

S. B La greffière,

signé

Y. Bouakkaz

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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