jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ZEKRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mai 2022, Mme B D, représentée par Me Zekri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet des Yvelines du 28 avril 2022 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 422-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui remettre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- le préfet n'a pas examiné, à tort, sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a commis une erreur de fait en estimant qu'elle avait sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;
- le refus opposé par le préfet à sa demande de titre de séjour méconnaît l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle remplit les conditions prévues par ces dispositions pour obtenir la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi sont illégales en raison de l'illégalité du refus de séjour qui en constitue le fondement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, de nationalité marocaine, née le 20 juillet 1995, est entrée en France le 22 septembre 2020, sous couvert d'un visa de long séjour " étudiant ", valable du 3 septembre 2020 au 3 septembre 2021. Le 20 juillet 2021, elle a sollicité le renouvellement de son titre en qualité d'étudiante et s'est vue délivrer un récépissé valable jusqu'au 3 mars 2022. Par courrier du 17 janvier 2022, elle a sollicité un changement de statut d'" étudiant " à " vie privée et familiale ", en raison de son mariage en France, le 6 mars 2021. Par l'arrêté du 28 avril 2022, dont Mme D demande l'annulation, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de destination.
Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions contestées :
2. Par un arrêté n° 78-2022-01-31-00002 du 31 janvier 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 78-2022-021 de la préfecture des Yvelines du même jour, M. C E, directeur des migrations, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de leur signataire manque en fait et doit être écarté.
Sur la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, la décision litigieuse vise les textes dont il est fait application et expose les circonstances propres à la situation de Mme D sur lesquelles le préfet des Yvelines s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. Dès lors, cette décision, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de Mme D, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et a ainsi permis à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de la décision contestée que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme D.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire d'une assurance maladie qui justifie soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422-6 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret, soit avoir été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent-chercheur " délivrée sur le fondement de l'article L. 421-14 et avoir achevé ses travaux de recherche, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée d'un an dans les cas suivants : / 1° Il entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur ; / 2° Il justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches ".
6. Si Mme D avait dans un premier temps sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle se soit prévalue, à l'appui de sa demande, des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'elle ait justifié de l'obtention d'un diplôme de master. Par courrier du 17 janvier 2022 adressé aux services de la préfecture des Yvelines, la requérante a par ailleurs expressément sollicité, en cours d'instruction de sa demande, un changement de statut, en se prévalant de sa vie privée et familiale et en faisant état de son mariage contracté l'année précédente avec un compatriote, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle. Par suite, le préfet des Yvelines n'était pas tenu d'examiner le droit au séjour de Mme D au regard de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'a pas non plus méconnu l'étendue de la demande dont il était saisi, en examinant les droits au séjour de la requérante sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Pour les mêmes motifs, en l'absence de toute demande sur le fondement des articles L. 422-10 et L. 422-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme D ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions pour contester la légalité du refus de séjour attaqué.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
8. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français et celle fixant le pays de renvoi n'ont pas été prises sur le fondement d'une décision illégale et le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de ces décisions ne peut, dès lors, qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et en ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Blanc, président,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. A Le président,
Signé
P. Blanc
La greffière,
Signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 220414
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026