jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2204678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | GERARD |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 juin 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le magistrat désigné du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal la requête présentée par Mme C A.
Par une requête et un mémoire, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Melun, les 8 avril et 8 mai 2022, Mme C A, représentée par Me Tourki, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et lui a interdit de retourner en France pendant trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Tourki, avocat de Mme A, la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle n'a pas été en mesure de présenter ses observations en méconnaissance des dispositions des articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'intérêt supérieur de son enfant garanti par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- son comportement ne présente pas une menace réelle et actuelle pour l'ordre public ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'illégalité, dès lors qu'elle manque en fait et qu'aucun risque de fuite n'est caractérisé ;
- la décision portant interdiction de retour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe du tribunal administratif de Melun le 2 mai et un second mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une décision du 18 mai 2022, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante nigériane née le 3 février 1992, est entrée en France en 2013. Sa demande d'admission au titre de l'asile a été rejetée par une décision du 21 octobre 2015 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision du 7 mars 2017 de la Cour nationale du droit d'asile. Par un arrêté du 7 août 2017, le préfet de Seine-et-Marne l'a obligée à quitter le territoire français. Par une décision du 15 février 2021, devenue définitive, il a rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par Mme A. Par un arrêté du 7 avril 2022, dont Mme A demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et lui a interdit de retourner en France pendant trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est mère d'une petite fille, D, née en France le 10 novembre 2016, qui fait l'objet d'un placement auprès des services de l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'un placement judiciaire et est hébergée au sein d'une famille d'accueil. Il ressort également des pièces du dossier que Mme A a vu sa fille régulièrement lorsqu'elle était en détention et bénéficie d'un droit de visite en présence d'un tiers deux fois par mois. Elle peut également appeler sa fille en visio à partir de la structure d'accueil. Le chef du secteur enfance du conseil départemental de l'Essonne précise, par son attestation du 10 novembre 2020, que Mme A a maintenu les liens avec son enfant. En outre, il ressort des mentions du jugement en assistance éducative du tribunal pour enfants d'Evry du 9 décembre 2021, qu'à la date de l'arrêté attaqué, la fille de Mme A faisait l'objet d'un placement dans une famille d'accueil et ce au moins jusqu'au 31 décembre 2022. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en cas d'éloignement de Mme A à destination de son pays d'origine, sa fille pourrait l'accompagner. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire français du 7 avril 2022 porte atteinte à l'intérêt supérieur de la jeune D qui est de continuer à voir régulièrement sa mère jusqu'à ce que cette dernière soit en mesure de s'occuper entièrement d'elle.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant refus de délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour en France pendant trois ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français implique seulement mais nécessairement qu'une autorisation provisoire de séjour soit délivrée à Mme A, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. Le surplus des conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que Me Tourki, avocat de Mme A, renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Tourki.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 avril 2022 du préfet de Seine-et-Marne est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour sur le fondement de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Tourki, avocat de Mme A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Tourki renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au préfet de Seine-et-Marne et à Me Tourki.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Grenier, présidente,
- Mme Caron, première conseillère,
- M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe, le 29 septembre 2022.
La présidente-rapporteure,
signé
C. BL'assesseure la plus ancienne
dans le grade,
signé
V. Caron
La greffière,
signé
A. EstevesLa République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026