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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2208249

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2208249

vendredi 27 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2208249
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantZEKRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Zekri, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du préfet de l'Essonne du 30 septembre 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :

- elles sont illégales par voie d'exception.

Par un mémoire enregistré le 20 décembre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 13 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Vincent, première conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant bangladais né le 1er janvier 1987, est entré sur le territoire français le 20 mai 2013. Il a ensuite déposé une demande d'asile, rejetée en dernier lieu en 2018. Le 22 juin 2020, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par arrêté du 30 septembre 2022 dont il demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a refusé de faire droit à sa demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-123 du 23 août 2022, régulièrement publié, le préfet de l'Essonne a donné délégation de signature à M. D C, directeur de l'immigration et de l'intégration, à l'effet de signer notamment les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, à supposer que le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée au regard des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration soit soulevé, la décision attaquée mentionne les circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, en mentionnant qu'il produit une promesse d'embauche pour l'emploi de pizzaiolo alors qu'il a produit un contrat à durée indéterminée conclu en décembre 2018, dès lors que le préfet fait mention des bulletins de salaire afférents produits. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet aurait pris une décision différente s'il avait pris en compte le contrat à durée indéterminée produit par le requérant. De plus, si le requérant soutient que le préfet a commis une autre erreur de fait au motif qu'il ne démontrerait pas sa présence en France depuis 2013, il ressort de la décision attaquée que le préfet a seulement considéré qu'il n'apportait pas, par les seules pièces produites, la preuve de sa présence ininterrompue en France depuis cette date. Par suite, les moyens tirés des inexactitudes matérielles commises par le préfet doivent être écarté.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

7. Au cas d'espèce, il n'est pas contesté que le requérant exerce les fonctions de pizzaiolo, en tant qu'employé polyvalent, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée conclu le 26 décembre 2018, pour le compte d'une société exploitant un restaurant dont le gérant atteste de sa motivation à le garder comme employé. Il est également constant qu'il est entré sur le territoire français en 2013. Toutefois, ces éléments ne sont pas suffisants , notamment au regard des autres pièces du dossier au caractère probant inégal, pour démontrer que son admission au séjour répond à des motifs exceptionnels dont le préfet aurait dû tenir compte dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Par suite, le moyen doit être également écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi :

9. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de titre de séjour est légale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté pris dans son ensemble doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il en est de même des conclusions à fin d'injonction de même que des conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gosselin, président,

Mme Vincent, première conseillère,

Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.

La rapporteure,

Signé

L. Vincent

Le président,

Signé

C. GosselinLa greffière,

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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