vendredi 10 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2208413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Mathou |
| Avocat requérant | SOCIÉTÉ BORE-SALVE DE BRUNETON-MEGRET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une décision du 7 novembre 2022, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, saisi d'un recours présenté par Mme E C, a annulé le jugement du tribunal administratif de Versailles du 15 juin 2021 et renvoyé l'affaire devant le même tribunal.
Procédure antérieure devant le tribunal :
Par une ordonnance du 12 décembre 2019, le tribunal judiciaire de Versailles a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de Mme A D.
Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2019, Mme E C, agissant en qualité de tutrice de sa mère, Mme A D, représentée par Me Callon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2018 par laquelle le président du conseil départemental des Yvelines a rejeté la demande de prise en charge des frais d'hébergement de Mme D au titre de l'aide sociale aux personnes âgées, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux du 14 août 2018 ;
2°) d'annuler les titres de recettes émis par le président du conseil départemental des Yvelines à fin de recouvrement de sommes correspondant aux frais d'hébergement de Mme D ;
3°) de mettre à la charge du département des Yvelines la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'illégalité en ce qu'elle procède au retrait d'une décision individuelle créatrice de droits au-delà du délai de quatre mois suivant son intervention ;
- elle est illégale en raison de son caractère rétroactif ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen des capacités contributives ou de la situation personnelle de l'obligé alimentaire de Mme D selon la méthode de calcul issue du code civil.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai 2021 et 20 mai 2021, le département des Yvelines conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 31 janvier 2023, Mme E C agissant en qualité de tutrice de sa mère, Mme A D, représentée par Me Callon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2018 par laquelle le président du conseil départemental des Yvelines a rejeté la demande de prise en charge des frais d'hébergement de Mme D au titre de l'aide sociale aux personnes âgées, ensemble la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux du 14 août 2018 ;
2°) d'annuler les titres de recettes émis par le président du conseil départemental des Yvelines à fin de recouvrement de sommes correspondant aux frais d'hébergement de Mme D ;
3°) de mettre à la charge du département des Yvelines la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'illégalité en ce qu'elle procède au retrait d'une décision individuelle créatrice de droits au-delà du délai de quatre mois suivant son intervention ;
- elle est illégale en raison de son caractère rétroactif ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen des capacités contributives ou de la situation personnelle de l'obligé alimentaire de Mme D selon la méthode de calcul issue du code civil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que Mme D, admise au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes du centre hospitalier de Rambouillet le 1er avril 2015, a bénéficié d'une décision de prise en charge partielle de ses frais d'hébergement par l'aide sociale départementale pour une période allant du 1er juillet 2015 au 30 juin 2020, la participation de ses obligés alimentaires, Mme C et M. C, étant fixée à une somme globale mensuelle de 745,36 euros. Par courriers du 20 novembre 2017, le président du conseil départemental des Yvelines a informé Mme D et ses obligés alimentaires qu'il engageait une procédure de révision de la décision d'admission à l'aide sociale de l'intéressée. Par une décision du 14 juin 2018, confirmée sur recours préalable, le président du conseil départemental des Yvelines a décidé de ne plus accorder à Mme D la prise en charge partielle de ses frais d'hébergement par l'aide sociale départementale à compter du 1er octobre 2017, compte tenu de ses ressources et de l'aide possible de ses obligés alimentaires. Mme C a demandé à la commission départementale d'aide sociale des Yvelines, tant en son nom propre qu'en sa qualité de tutrice de Mme D, d'annuler cette décision. Par un jugement du 15 juin 2021, le tribunal administratif de Versailles, à qui la demande avait été transmise, l'a rejetée. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de la décision du 14 août 2018, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux et des titres de recettes émis par le président du conseil départemental des Yvelines à fin de recouvrement de sommes correspondant aux frais d'hébergement de Mme D.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'action sociale et des familles : " Les décisions attribuant une aide sous forme d'une prise en charge de frais d'établissement peuvent prendre effet à compter de la date d'entrée dans l'établissement à condition que l'aide ait été demandée dans un délai fixé par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 131-2 du même code : " () les demandes tendant à obtenir le bénéfice de l'aide sociale prévue aux titres III et IV du livre II prennent effet au premier jour de la quinzaine suivant la date à laquelle elles ont été présentées. Toutefois, pour la prise en charge des frais d'hébergement des personnes accueillies dans un établissement social ou médico-social, habilité à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale ou dans un établissement de santé dispensant des soins de longue durée, la décision d'attribution de l'aide sociale prendra effet à compter du jour d'entrée dans l'établissement si la demande a été déposée dans les deux mois qui suivent ce jour. Ce délai peut être prolongé une fois, dans la limite de deux mois, par le président du conseil départemental ou le préfet. Le jour d'entrée mentionné au deuxième alinéa s'entend, pour les pensionnaires payants, du jour où l'intéressé, faute de ressources suffisantes, n'est plus en mesure de s'acquitter de ses frais de séjour ". Aux termes de l'article R. 131-3 dudit code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 232-25, L. 245-7 et L. 262-40, les décisions accordant le bénéfice de l'aide sociale peuvent faire l'objet, pour l'avenir, d'une révision lorsque des éléments nouveaux modifient la situation au vu de laquelle ces décisions sont intervenues. Il est procédé à cette révision dans les formes prévues pour l'admission à l'aide sociale ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 131-4 du même code : " Lorsque les décisions administratives d'admission ont été prises sur la base de déclarations incomplètes ou erronées, il peut être procédé à leur révision, avec répétition de l'indu ".
4. Lorsque l'autorité administrative révise le droit d'une personne admise à l'aide sociale à la prise en charge de ses frais d'hébergement en raison d'éléments nouveaux modifiant la situation au vu de laquelle le bénéfice de l'aide lui avait été attribuée, sa décision ne peut, comme le précisent les dispositions de l'article R. 131-3 du code de l'action sociale et des familles et sous réserve des hypothèses qu'il mentionne, produire d'effets que pour l'avenir, c'est-à-dire pour la période courant à compter de la date à laquelle l'autorité administrative prend sa décision de révision. Il en va différemment lorsque la décision administrative a été prise sur la base de déclarations incomplètes ou erronées. En un tel cas, la décision prise peut tout à la fois, ainsi que le prévoit l'article R. 131-4 du code de l'action sociale et des familles, décider la révision des droits de l'intéressé pour l'avenir et procéder, pour le passé, à la récupération, pour la période antérieure à la date de la décision, de l'indu résultant de ces déclarations incomplètes ou erronées.
5. Il résulte de l'instruction et notamment des termes mêmes de la décision litigieuse du 14 juin 2018 que, contrairement à ce que fait valoir le département en défense, la décision de révision du droit de Mme D à la prise en charge de ses frais d'hébergement est fondée sur l'article R. 131-3 du code de l'actions sociale et des familles. La décision de révision ne pouvait donc avoir pour effet de remettre en cause des versements déjà effectués. En décidant que la décision de révision était valable de manière rétroactive, à compter du 1er octobre 2017, le département des Yvelines a commis une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision du département des Yvelines du 14 juin 2018 doit être annulée. Il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler les titres de recettes émis les 9 mai 2018, 7 juin 2018, 11 juillet 2018, en tant qu'ils concernent le recouvrement de sommes versées antérieurement au 14 juin 2018.
Sur les frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département des Yvelines la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du département des Yvelines du 14 juin 2018 est annulée.
Article 2 : Les titres de recettes émis les 9 mai 2018, 7 juin 2018, 11 juillet 2018, en tant qu'ils concernent le recouvrement de sommes versées antérieurement au 14 juin 2018, sont annulés.
Article 3 : Le département des Yvelines versera la somme de 1 500 euros à Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et au département des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. B La greffière,
signé
B. Dalla Guarda
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026