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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2300896

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2300896

vendredi 3 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2300896
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMEKARBECH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2023, Mme B A, agissant comme repésentante légale de son fils M. C A, représentée par Me Mekarbech, demande au tribunal, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'admettre M. A à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner au directeur de l'Office franc¸ais de l'immigration et de l'inte´gration de faire be´ne´ficier Monsieur C A des conditions mate´rielles d'accueil a` compter du 28 septembre 2022, et ce dans un de´lai de 48 heures a` compter de la notification de l'ordonnance a` intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que M. C A est un enfant âgé d'à peine un an privé des conditions matéreilles d'accueil alors qu'il est titulaire d'une demande d'asile et que sa mère en situation irrégulière ne peut travailler ;

- la décision porte atteinte au droit d'asile, au droit au respect à la dignité humaine et à l'intérêt supérieur de l'enfant et est entachée d'irrégularité, l'entretien préalable relatif à la vulnérabilité n'ayant pas eu lieu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Mégret, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, né le 29 décembre 2021, demandeur d'asile s'est vu refuser le 22 novembre 2022 le bénéfice des conditions matérielles d'accueil par les services de l'Office français de l'intégration et de l'immigration (OFII) situé à Evry. Par la présente requête, Mme A agissant comme représentante légale de son fils demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur de l'Office franc¸ais de l'immigration et de l'inte´gration de faire be´ne´ficier M. A des conditions mate´rielles d'accueil a` compter du 28 septembre 2022.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article R. 522-8-1 de ce même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 312-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée () ". Enfin, aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Melun : Seine-et-Marne, Val-de-Marne ; () ".

4. La requête de Mme A est dirigée contre la décision révélée par le message électronique en date du 22 novembre 2022 par lequel le service de l'asile d'Evry a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à son fils au motif qu'il est mineur. Il résulte du point 3, alors même que cette décision a été édictée à Evry-Courcouronnes, que le tribunal administratif territorialement compétent pour connaître du litige né de cette décision est, en vertu de l'article R. 312-1 du code de justice administrative, celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui a pris la décision en cause, soit en l'espèce le directeur territorial de l'OFII dont le siège est situé à Créteil, dans le département du Val-de-Marne, qui se situe dans le ressort du tribunal administratif de Melun.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en application des dispositions de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative, comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

6. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". L'article 7 de la même loi dispose : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas manifestement irrecevable ou dénuée de fondement ". La requête présentée devant le tribunal administratif de Versailles étant irrecevable, il n'y a pas lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A agissant pour son fils M. C A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A représentante légale de M. C A.

Fait à Versailles, le 3 février 2023.

La juge des référés,

signé

S. Mégret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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