vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | PIGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 mars et 20 avril 2023, M. D E, représenté par Me Pigot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2023 par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire français, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, et l'a informé de ce qu'il avait fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué :
- il est entaché d'incompétence ;
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
- le préfet n'a pas procédé à l'examen complet de sa situation personnelle ;
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière au regard l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet a entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 et des 1°,4° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a commis des erreurs de droit au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet de la Savoie, qui n'a pas produit de mémoire, mais des pièces, enregistrées le 30 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes relevant la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoit, magistrate désignée,
- les observations de Me Frydrysak, représentant M. E,
- les observations de M. E, assisté de Mme A, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D E, né le 13 juillet 1990, de nationalité égyptienne, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 mars 2023 par lequel le préfet de la Savoie lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire français, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, et l'a informé de ce qu'il avait fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué :
2. Par un arrêté n° 73-2022-08-23-00006 du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département de la Savoie spécial n° 73-2022-217 du même jour, le préfet de la Savoie a donné délégation à Mme F C, signataire de l'arrêté attaqué, en sa qualité de directrice de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relatifs à la police des étrangers en matière d'obligation de quitter le territoire, d'éloignement des étrangers, de désignation du pays de destination, et d'interdiction de retour. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / () ".
4. La décision attaquée vise les textes dont elle fait application, et comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Elle expose les conditions d'entrée et de séjour en France de M. E, ainsi que sa situation familiale. Elle précise qu'il a présenté une demande de rendez-vous à la préfecture de l'Essonne le 9 novembre 2022, qui n'est pas de nature à lui ouvrir un droit au séjour. Il est ajouté que le requérant est célibataire et sans enfant à charge, qu'il est dépourvu de toute attache familiale en France et n'en est pas dépourvu dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans, de sorte qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et à sa vie familiale. Il est encore indiqué que M. E n'est pas titulaire d'une autorisation de travail. Dans ces conditions, M. E n'est fondé à soutenir, ni que le préfet de de la Savoie n'aurait pas procédé à l'examen complet de sa situation personnelle, ni que la décision attaquée serait insuffisamment motivée. Ces moyens, qui manquent en fait, doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
6. Il ressort des termes du procès-verbal d'audition, dressé par les services de police judiciaire le 27 mars 2023, qu'à la question " En cas de décision d'éloignement prise à votre encontre par la Préfecture de SAVOIE, à destination de votre pays ou d'un pays où vous êtes légalement admissible () une interdiction de retour en France () avez-vous des observations à formuler ' ", M. E a répondu " je ne veux pas retourner en Egypte, je travaille en France et je suis bien ici en France ". Dès lors, le requérant a présenté des observations sur l'éventualité d'une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait ensuite demandé à présenter des observations complémentaires. Le moyen tiré d'un vice de procédure, qui manque en fait, doit par suite être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes du 1 de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
8. Au cours de son audition par les services de police judiciaire, M. E a déclaré qu'il était célibataire et sans enfant à charge. Il a ajouté que sa mère et sa sœur résidaient dans son pays d'origine, où il a lui-même vécu au moins jusqu'à l'âge de 27 ans. Il n'est pas contesté qu'il est dépourvu d'attaches familiales en France, et ne produit aux débats aucun élément relatif à des liens personnels en France. Dans ces conditions, eu égard aux circonstances propres à la vie familiale du requérant, compte tenu des conditions de son séjour en France et nonobstant son effort d'insertion professionnelle, la décision attaquée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, et n'est ainsi pas entachée d'erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
12. Pour prendre la décision attaquée, le préfet de Savoie a relevé que le requérant ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire français, et s'y était maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il a ajouté que, lors de son audition par les services de police judiciaire, M. E n'a pas pu justifier de la possession de documents originaux d'identité et de voyage en cours de validité, et qu'il a indiqué que c'était pour éviter de faire l'objet d'une mesure d'éloignement qu'il n'était pas en possession de l'original de son passeport. Enfin, le préfet de Savoie a précisé que le requérant, dépourvu d'autorisation de travail, ne justifiait pas disposer de moyens d'existence légaux. Le moyen tiré d'un vice de forme doit, dans ces conditions, être écarté.
13. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E serait entré régulièrement en France. Il se borne à produire aux débats un document attestant qu'il a sollicité le 9 novembre 2022 un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cette demande avait été effectivement formée à la date de l'arrêté attaqué. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 6, le requérant a déclaré aux services de police judiciaire son intention de ne pas se conformer à une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Au demeurant, il résulte des termes du procès-verbal d'audition établi par les services de police judiciaire le 27 mars 2023 qu'il n'a pu présenter qu'une photographie de son passeport. Dès lors, le moyen tiré d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination, en cas d'exécution d'office de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
16. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination, en cas d'exécution d'office de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ".
19. Pour prendre la décision attaquée, le préfet de l'Essonne a indiqué que le requérant ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire. Par suite et en tout état de cause, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
20. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 () l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Il résulte de ces dispositions, combinées avec celles précitées de l'article L. 612-6 du même code, que, lorsque le préfet prend à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ volontaire, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 de ce code, soit la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
21. Le requérant ne fait état d'aucun élément susceptible de caractériser l'existence de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, pour fixer à un an la durée de l'interdiction de retour, le préfet de la Savoie s'est notamment fondé sur l'absence de vie privée et familiale ancrée dans la durée en France, et d'insertion sociale ou professionnelle particulière du requérant. Il a ajouté que M. E, qui a déclaré avoir quitté son pays d'origine le 8 août 2017, dispose d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans, et ne fait pas état de craintes en cas de retour dans son pays d'origine. Le préfet de la Savoie n'était pas tenu de mentionner l'absence de précédente mesure d'éloignement ou de menace pour l'ordre public. Les moyens tirés d'erreurs de droit au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent, dès lors, être écartés.
22. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 8, M. E n'est pas fondé à soutenir, d'une part, que le préfet de Savoie aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'autre part, qu'il aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
23. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
25. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. E doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. E au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et au préfet de la Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
La magistrate désignée,
signé
C. B
La greffière,
signé
E. Amegee
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026