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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2302561

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2302561

mardi 28 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2302561
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantBORDERIEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure antérieure devant le tribunal :

Par une requête n° 1908427, enregistré le 31 octobre 2019, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 3 février et 23 juillet 2021, M. G R F, Mme D Q F née H, M. E O, Mme S K T A, M. B P M et Mme K U M, représentés par Me Grelat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler les arrêtés du 13 août 2019 et du 23 novembre 2020 par lesquels le maire de Saint-Pierre-du-Perray a accordé à M. V N J, au nom de l'Etat, un permis de construire et un permis de construire modificatif pour la réalisation de deux maisons sur un terrain situé 46 rue Pasteur ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Saint-Pierre-du-Perray et de M. N J une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont chacun intérêt à agir ;

- le permis de construire initial est entaché d'incompétence dès lors que la délégation ne lui est pas annexée, que la signature n'est pas authentifiée, que l'arrêté de délégation du signataire n'est pas produit ;

- le pétitionnaire n'établit pas sa qualité de propriétaire du terrain d'assiette du projet ni sa qualité pour déposer le permis de construire initial en méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;

- le dossier de permis de construire initial est insuffisant au regard des prescriptions des articles R. 431-4, R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme de sorte à avoir faussé l'appréciation de l'autorité administrative, notamment au regard de l'impact du projet sur son environnement et de l'article UE 13 du plan local d'urbanisme (PLU) ; à ce titre, la notice est incomplète et erronée, le plan de masse et le projet architectural sont insuffisants, le document d'insertion et les documents photographiques sont insuffisants, et aucune notice paysagère n'a été produite ; le permis de construire modificatif confirme le bien-fondé des vices entachant le dossier de permis de construire initial ; les plans du dossiers ne permettent pas de calculer la surface de plancher conformément aux dispositions de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme ;

- les permis de construire initial et modificatif présentent des incohérences en ce qui concerne l'emprise au sol et la surface de plancher des bâtiments 1 et 2 ;

- le projet autorisé par le permis de construire initial porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants en méconnaissance de l'article R. 111-21 du code de l'urbanisme et de l'article UA 11 du règlement du PLU ; le permis modificatif méconnaît également l'article UAa 11 du règlement du PLU en ce qu'il prévoit de décaisser le terrain pour diminuer la hauteur des constructions ;

- ce projet méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme et l'article UAa 3 du règlement du PLU, en ne prévoyant aucune aire de retournement, ni d'accès piéton ou cycle ni d'accès pour les personnes à mobilité réduites ;

- ce projet méconnaît l'article UAa 12 du règlement du PLU, dès lors qu'aucune place n'est prévue pour les personnes à mobilité réduite et que le nombre de places requis pour le stationnement n'est pas respecté ;

- le permis de construire initial méconnaît les dispositions de l'article UAa 10 du règlement du PLU en ce qui concerne les hauteur à l'égout du toit et au faîtage du bâtiment 2, ainsi que celle de son rez-de-chaussée ; le permis de construire modificatif confirme le bien-fondé de ces vices qui entachent le permis initial ;

- ce projet méconnaît l'article UAa 4.2 du règlement du PLU dès lors qu'il ne contient aucune précision quant au respect de ces dispositions relatives à l'assainissement, et au regard de la gestion eaux pluviales ;

- ce projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors, d'une part, que la zone est concernée par le risque de retrait gonflement d'argile risque aggravé par les caractéristiques du projet, notamment les décaissements prévus, alors que, contrairement aux prescriptions de l'article UAa 2, il ne comporte aucune précision en ce qui concerne les fondations ; aucune étude géotechnique ne permet d'évaluer le risque pour les constructions avoisinantes en dépit des termes de l'article L. 112-23 du code de la construction et de l'habitation ; l'autorité administrative a méconnu les dispositions de l'article L. 562-1 du code de l'environnement en délivrant le permis de construire litigieux ; le permis de construire modificatif est insuffisant en se bornant, sans descriptif, à indiquer que des fondations spéciales seront réalisées pour tenir compte de ce risque ; d'autre part, les constructions à démolir peuvent s'avérer contenir de l'amiante, aucun diagnostique n'ayant été réalisé en méconnaissance de l'article R. 1334-19 du code de la santé publique ;

- le permis de démolir n'a pas été précédé d'un accord exprès de l'architecte des bâtiments de France en méconnaissance des articles R. 425-18 et L. 341-10 du code de l'environnement ;

- la production du permis de construire modificatif révèle la méconnaissance, par le permis de construire initial et par le permis de construire modificatif, de l'article UAa 7 du règlement du PLU en prévoyant une terrasse en limite séparative à plus de 0,60 cm de hauteur avec vue directe qui ne figure pas sur le plan de masse du permis de construire initial ;

- le permis modificatif a été obtenu en dépit des demandes de règlement amiable et sans concertation avec les requérants.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 janvier et 14 décembre 2020, M. V N J, représenté par Me Julien Borderieux, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de chacun des requérants de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les requérants n'établissent pas leur intérêt à agir à la date d'affichage de la demande de permis de construire initial ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2021, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une lettre en date du 7 mai 2021, le tribunal a invité les parties à présenter leurs observations sur la mise en œuvre éventuelle de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, dans le cas où le tribunal accueillerait le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UAa 7 du plan local d'urbanisme, en l'espèce la réalisation sur le bâtiment B2 d'une terrasse avec vue directe à moins de 8 mètres de la limite séparative, interdite par ces dispositions.

Par un courrier du 15 juillet 2021, le tribunal a informé les parties qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les moyens tirés de la méconnaissance des articles UAa 7 et UAa 11 du PLU de la commune sont irrecevables en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

Par un courrier du 2 septembre 2021, le tribunal a informé les parties qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions dirigées contre l'arrêté du 23 novembre 2020 délivrant un permis de construire modificatif sont tardives et donc irrecevables.

Par un courrier du 13 septembre 2021, les requérants ont présenté des observations.

Procédure devant le Conseil d'Etat :

Par une décision n° 459243 du 1er février 2023, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par M. G R F, Mme D F, M. B M et Mme K M a annulé le jugement n°1908427 du 8 octobre 2021, par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté leur requête, et a renvoyé le jugement de cette affaire devant le même tribunal.

Procédure devant le tribunal après renvoi :

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 12 mai et 6 octobre 2023, le préfet de l'Essonne persiste dans ses précédentes conclusions et ses précédents moyens.

Par deux mémoires complémentaires, enregistrés les 8 septembre et 13 octobre 2023, ce denier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. G R F, Mme D Q F née H, M. E O, Mme S K T A, M. B P M et Mme K U M, représentés par Me Riccardi, persistent dans leurs conclusions à fin d'annulation et demandent, dans le dernier état de leurs écritures de mettre à la charge de l'Etat et de M. N J une somme de 3 000 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils reprennent leurs précédents moyens et soutiennent, en outre, que :

- l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du permis de construire initial découle également de l'absence de preuve de publication ou d'affichage de l'arrêté de délégation produit ;

- ni le permis de construire initial, ni le permis de construire modificatif ne prévoit de local pour les déchets, en méconnaissance de l'article UAa 4.4 du règlement du PLU ;

- l'emprise du projet méconnaît l'article UAa 9 du règlement le PLU ;

- le permis de construire modificatif méconnaît l'article UAa 10 du règlement du PLU concernant le rez-de-chaussée des bâtiments 1 et 2 ;

- en l'absence d'information sur les autres clôtures que le grillage en fonds de parcelle, il doit être conclut à la méconnaissance du point 4 de l'article UAa 11 du règlement du PLU ;

- le permis de construire modificatif méconnaît les dispositions de l'article UAa 12 du règlement PLU, en ce qui concerne notamment le bâtiment 1 du projet.

Par une ordonnance du 11 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 octobre 2023 à 12 heures.

Par un courrier du 7 novembre 2023, le tribunal a informé les parties qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité, en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, des moyens tirés de la méconnaissance, par le permis de construire initial du 13 août 2019, des articles UAa 4.4 et UAa 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Pierre-du-Perray, et des moyens tirés de la méconnaissance, par le permis de construire modificatif du 23 novembre 2020, des articles UAa 4.4, UAa 9, UAa 10.2 et UAa 12 du même règlement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'environnement ;

- le code de la santé publique ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boukheloua, vice-présidente,

- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,

- les observations de Me Riccardi, pour les requérants,

- et les observations de Mme L, cheffe du bureau des affaires juridiques, mandatée par le préfet de l'Essonne pour le représenter.

Une note en délibéré, présentée pour les requérants, a été enregistrée le 15 novembre 2023.

Une note en délibéré, présentée pour le préfet de l'Essonne, a été enregistrée le 17 novembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 13 août 2019, le maire de Saint-Pierre-du-Perray a délivré à M. N J, au nom de l'Etat, un permis de construire comprenant des démolitions portant sur un projet d'édification de deux bâtiments à usage d'habitation, comprenant trois logements avec terrasse et garage, sur la parcelle cadastrée section AB n°356, au 46 rue Pasteur. Par un arrêté du 23 novembre 2020, la même autorité a délivré, au même pétitionnaire, un permis de construire modificatif, dont l'objet est de ramener le nombre de logements autorisés par le projet à deux, de corriger des erreurs figurant dans le dossier de permis de construire initial concernant le bâtiment 1, de modifier les hauteurs, les façades et les lucarnes du bâtiment 2, ainsi que le stationnement, la végétation et le raccordement de l'évacuation des eaux pluviales de ce projet. M. et Mme F, M. O, Mme A ainsi que M. et Mme M demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, d'annuler ces deux arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation

En ce qui concerne la fin de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-3 du code de l'urbanisme : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".

3. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des avis d'imposition 2019 au titre de la taxe foncière de M. et Mme F, de M. O et Mme A, et de M. et Mme M, qu'ils établissent être propriétaires, à la date d'affichage en mairie de la demande de permis de construire initial qui est intervenue au plus tôt à la date du dépôt de cette demande, soit le 14 février 2019, de maisons d'habitation situées respectivement sur les parcelles cadastrées section AB n°355, n°473 et n°474, qui sont chacune contiguës à la parcelle servant de terrain d'assiette au projet litigieux. Chaque requérant démontre, du reste, que la réalisation du projet va entraîner une dégradation de la vue existant depuis les fenêtres de leur bien et une perte de luminosité. Dès lors, chacun des requérants justifie de son intérêt à agir à l'encontre du permis de construire initial à la date de l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire, et la fin de non-recevoir opposée par M. N J doit être écartée.

En ce qui concerne la compétence de l'auteur de l'arrêté de permis de construire initial :

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté de permis de construire initial, en date du 13 août 2019, est signé par M. C. Or, par un arrêté n° 2016-44 du 26 mai 2016, régulièrement publié au registre des arrêtés du maire de la commune de Saint-Pierre-du-Perray le 2 juillet 2017, ce dernier a donné délégation de fonctions à M. I C, huitième adjoint, dans le domaine de l'urbanisme et de l'environnement. En outre, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun principe général du droit, que cet arrêté de délégation devait être annexé à l'arrêté attaqué pour en assurer la légalité, qu'il aurait dû faire l'objet d'un affichage en mairie en plus de sa publication pour être opposable, ou que le tampon apposé sur la signature de l'arrêté attaqué ne serait pas de nature à en assurer l'authentification. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que cet arrêté est signé par une autorité incompétente.

En ce qui concerne l'avis de l'architecte des bâtiments de France :

5. Aux termes de l'article L. 341-1 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable au litige : " Il est établi dans chaque département une liste des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général. () / L'inscription entraîne, sur les terrains compris dans les limites fixées par l'arrêté, l'obligation pour les intéressés de ne pas procéder à des travaux autres que ceux d'exploitation courante en ce qui concerne les fonds ruraux et d'entretien en ce qui concerne les constructions sans avoir avisé, quatre mois d'avance, l'administration de leur intention ". Aux termes de l'article R. 425-18 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur la démolition d'un bâtiment situé dans un site inscrit en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement, le permis de démolir ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès de l'architecte des Bâtiments de France ".

6. S'il est constant que le projet se situe dans le périmètre du site inscrit " Rives de Seine ", il est tout aussi constant que l'architecte des bâtiments de France a été consulté sur le dossier de permis de construire valant permis de démolir déposé en mairie par le pétitionnaire le 14 février 2019, qui comportait un plan de masse des démolitions prévues et des photographies des bâtiments à démolir, et a donné lieu un avis favorable le 24 juin 2019 au visa de l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Ainsi, en dépit du fait que cet avis mentionne, au titre de son objet, la " demande de permis de construire ", à défaut d'autres circonstances particulières, il doit être regardé comme tenant lieu de l'accord de l'architecte des bâtiments de France prescrit par l'article R. 425-18 du code de l'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit donc être écarté.

En ce qui concerne la concertation :

7. Il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun principe général du droit, que l'obtention du permis de construire modificatif litigieux aurait dû être précédé d'une concertation avec les requérants. Aussi, si les requérants entendent se plaindre de l'absence d'une telle concertation, un tel moyen doit être écarté comme étant inopérant.

En ce qui concerne la qualité du pétitionnaire pour déposer la demande de permis de construire initiale :

8. Selon le a) de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, les demandes de permis de construire sont adressées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés, notamment, " par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des déclarants ; () / La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable ".

9. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il en résulte que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Si l'autorité saisie d'une telle demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.

10. Les requérants se bornent à faire valoir, sans assortir leur allégations de circonstances particulières, que le pétitionnaire n'établit pas sa qualité de propriétaire du terrain d'assiette du projet ni sa qualité pour déposer le permis de construire initial. Or, il ressort des pièces du dossier que M. V N J, a attesté, en signant le cadre 9 de la demande de permis de construire déposée le 14 février 2019, jointe au permis de construire délivré le 13 août 2019, remplir les conditions définies à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen des requérants doit être écarté.

En ce qui concerne le dossier du permis de construire initial :

11. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; () / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. () ".

12. En premier lieu, et d'une part, il résulte des termes mêmes de la notice du permis de construire initial, qu'elle décrit les constructions existantes sur le terrain d'assiette du projet qui vont être démolies et qu'elle liste les différents types de clôtures existantes sur ce terrain. D'autre part, compte tenu des mentions figurant sur le plan de masse de ce dossier, les constructions à édifier y sont cotées dans les trois dimensions et les plantations à créer y sont figurées. Enfin, les documents photographiques de ce dossier permettent de situer le terrain d'assiette du projet dans son environnement proche à partir de la rue Pasteur. Par suite, les allégations des requérants soutenant le contraire, qui manquent en fait, doivent être écartées.

13. En deuxième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

14. D'une part, contrairement aux allégations des requérants, les dispositions de l'article UAa 13 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Saint-Pierre-du-Perray, applicable au projet litigieux, n'imposent pas de conserver ou de remplacer les plantations et la végétation existantes sur le terrain d'assiette d'un projet de construction, en dehors des bosquets identifiés sur le plan de zonage de ce PLU et protégés à ce titre en application de l'ancien article L. 123-1 7° de code de l'urbanisme, désormais codifié à l'article L.151-23 du même code. Or, il est constant que le plan de zonage du PLU n'identifie aucun de ces bosquets sur le terrain d'assiette du projet. Ainsi, à supposer même que l'affirmation qui figure dans la notice du permis de construire initial, selon laquelle " le terrain () comporte peu de végétation ", serait erronée, et alors même que ni cette notice ni le plan de masse n'indiquent la végétation supprimée ou conservée, ces insuffisances n'ont pu être de nature, par elles-mêmes, à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

15. D'autre part, lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

16. En outre, un permis de construire n'a d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci.

17. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette est clos, au nord-ouest, par un mur en brique, et au sud-est en partie par un mur en brique, et en partie par un grillage. A cet égard, les requérants ne produisent aucun commencement de preuve au soutien de leur allégation selon laquelle un " mur de pierre " protégé par le PLU existerait sur le terrain d'assiette du projet. En outre, il ressort du plan de masse et du plan d'élévation nord-ouest du bâtiment 1 à créer, implanté en limite séparative nord-ouest, qui n'ont pas été modifiés sur ce point par le permis de construire modificatif, que le mur pignon nord-ouest de ce bâtiment se confond avec le mur de clôture en brique existant. Il ressort, par ailleurs, du dossier de permis de construire modificatif, en particulier du plan de masse et des plans d'élévation sud-est et nord-ouest du bâtiment 2 à créer, que les murs pignons de ce nouveau bâtiment, implanté sur les deux limites séparatives, se confondent avec les clôtures existantes. Or, si le mur pignon sud-est est appelé à remplacer en partie le grillage existant, un tel grillage ne peut être regardé comme constituant une construction soumise à permis de démolir. En outre, la circonstance que les murs pignon nord-ouest des deux nouveaux bâtiments se confondent, en partie, avec la clôture en brique existante, ne saurait suffire à démontrer que le projet prévoit la démolition partielle de cette clôture. A cet égard, la notice du permis de construire modificatif, dans laquelle ne figure plus la mention incluse dans celle du dossier de permis de construire initial, selon laquelle " aucune clôtures (sic) en limites séparatives ne seront touchées ", décrit avec précision les modalités de ravalement de ces façades. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit aux points 13, 15 et 16, et sachant qu'un permis de construire est délivré sous réserve des droits des tiers, si les requérants ont entendu se prévaloir des dispositions de l'article 8 des dispositions générales du règlement du PLU portant sur les démolitions au soutien de leur moyen tiré des insuffisances ou erreurs qui entachaient la notice et le plan de masse du permis de construire initial au sujet des murs de clôtures, un tel moyen ne saurait être retenu.

18. Enfin, l'ensemble des pièces du dossier de permis de construire initial, complétées et modifiées par celles du permis de construire modificatif, dont font partie notamment le plan de situation et les documents photographiques du dossier de permis initial, qui témoignent du caractère pavillonnaire dense du secteur d'implantation du projet, ainsi que les plans de coupe et d'élévation modifiés et le document graphique portant spécifiquement sur le bâtiment 2 joint au dossier de permis de construire modificatif, dont il résulte que le projet porte finalement sur deux maisons individuelles de type R+1+C dans un terrain en pente, permettent d'apprécier l'impact visuel du volume de ces deux nouvelles constructions dans le secteur. Ainsi, compte tenu du principe mentionné au point 15, les requérants ne peuvent utilement faire valoir, au soutien de leurs conclusions à fin d'annulation du permis de construire initial, les insuffisances de la notice du dossier de ce permis, en ce qu'elle ne précise pas, du point de vue notamment du volume de ces deux bâtiments, les partis retenus pour en assurer leur insertion dans leur environnement, et celles du document graphique d'insertion de ce même dossier qui ne permet d'apprécier cette insertion que du point de vue de la rue Pasteur.

19. En troisième lieu, les requérants n'assortissent pas leur moyen, selon lequel aucune notice paysagère n'a été produite, de suffisamment de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il doit donc être écarté.

20. En quatrième lieu, il ne résulte pas des dispositions citées au point 11, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun principe général du droit, que les plans joints à un dossier de permis de construire doivent permettre de calculer la surface de plancher définie à l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme. Par suite, les requérants ne peuvent utilement faire valoir que les plans joints au dossier de permis de construire initial ne permettent pas de faire un tel calcul. En tout état de cause, la surface de plancher est mentionnée dans le cadre 9-1 du formulaire Cerfa du dossier de permis de construire initial.

21. En dernier lieu, ainsi qu'il est dit au point 1 du présent jugement et qu'il ressort des pièces du dossier, le permis de construire modificatif a notamment pour objet de corriger une erreur sur le plan de masse, concernant le bâtiment 1 du projet, et de modifier le bâtiment 2, ces modifications appelant celles des emprises au sol et des surfaces de plancher du projet. Les informations figurant sur ces points modifiés par le permis de construire modificatif ayant vocation à se substituer à celles figurant dans le dossier de permis de construire initial, les requérants ne peuvent utilement relever des " incohérences " entre ces deux dossiers sur la surface de plancher et l'emprise au sol indiquées.

En ce qui concerne l'accès et la voie interne au projet :

22. Aux termes de l'article UAa 3 du règlement du PLU relatif aux " conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public " : " 1. Conditions de desserte par les voies publiques ou privées. () / Les voies en impasse doivent permettre le demi-tour des véhicules, l'aménagement de l'aire de demi-tour devant être conçu pour consommer la moindre superficie de terrain tout en permettant une manœuvre simple. () / 3. Cheminements pour piétons et cycles. / Les cheminements pour piétons et cycles devront être convenablement aménagés, éclairés et plantés. () Ils devront assurer la circulation des personnes à mobilité réduite. () ". Selon l'article 11 des dispositions générales du règlement du PLU, portant sur les définitions, une emprise privée n'est susceptible de constituer une voie nouvelle que si elle dessert au moins trois logements, " L'accès est constitué par la limite entre le terrain et la voie qui le dessert ", et " A la différence du trottoir, le cheminement piétons/cycles n'est pas jumelé à une voie automobile ".

23. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la voie aménagée dans le terrain d'assiette en vue de desservir le bâtiment 2 ne constitue pas la voie de desserte du projet au sens des dispositions combinées de l'article UAa 3 et des définitions du règlement du PLU de la commune de Saint-Pierre-du-Perray. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que cette voie devrait prévoir une aire de retournement.

24. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès situé à la limite entre le terrain d'assiette du projet et la rue Pasteur ne serait pas accessible aux piétons, aux cycles et aux personnes à mobilité réduite. Si les requérants entendent faire valoir l'absence de cheminement pour piétons, cycles et personnes à mobilité réduite, au sein du terrain d'assiette, il ne résulte pas des dispositions de l'article UAa 3, qui se borne à en définir les caractéristiques lorsqu'ils sont prévus par le projet, une quelconque obligation à en prévoir.

25. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le projet de l'article UAa 3 du règlement du PLU doit être écartés comme étant inopérant en toutes ses branches.

En ce qui concerne l'assainissement et les eaux pluviales :

26. Aux termes de l'article UAa 4 du règlement du PLU : " () / 2 - Assainissement / a) Eaux usées / Le branchement à un réseau collectif d'assainissement est obligatoire pour toute construction ou installation engendrant des eaux usées. () / b) Eaux pluviales / () en cas d'existence d'un réseau collecteur d'eaux pluviales, les aménagements réalisés sur le terrain devront garantir l'écoulement des eaux pluviales dans ce réseau. () / Toutefois, la mise en place de techniques alternatives, privilégiant () l'infiltration d'eaux pluviales non souillées, sera préférée à une solution de collecte qui amplifie les phénomènes de débordement. () ".

27. En premier lieu, il ressort des mentions figurant dans la notice jointe au dossier de permis de construire initial, non modifié sur ce point, par le permis de construire modificatif, que " les eaux usées seront raccordées au réseau collectif ". Ainsi, le moyen tiré de ce que le projet ne contient aucune précision quant au respect des dispositions relatives à l'assainissement de l'article UAa 4 du règlement du PLU doit être écarté comme manquant en fait. En tout état de cause, l'arrêté de permis de construire initial, non modifié sur ce point par l'arrêté de permis de construire modificatif, prévoit une prescription imposant de se conformer aux préconisations assortissant l'avis favorable du service d'assainissement qui rappelle les règles applicables. Dès lors, en toute hypothèse, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UAa 4.2 doit être écarté en tant qu'il porte sur l'assainissement.

28. En deuxième lieu, si le dossier de permis de construire initial mentionnait un puisard et l'écoulement des eaux pluviales par infiltration naturelle, le projet prévoit désormais, par application du permis de construire modificatif, que les eaux pluviales seront raccordées au réseau collectif, directement sur la rue Pasteur, gravitairement pour le bâtiment 1 et avec une pompe de relevage pour le bâtiment 2. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement faire valoir, au soutien de leurs conclusions dirigées contre le permis de construire initial, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UAa 4.2 en tant qu'il porte sur les eaux pluviales.

29. En troisième lieu, les requérants n'assortissent d'aucun commencement de preuve leurs allégations selon lesquelles, d'une part, la pompe de relevage ne pourra pas être évacuée sur la rue Pasteur qui n'a pas vocation à récupérer ce débit supplémentaire, et d'autre part, la circonstance que la perméabilisation des sols va provoquer un écoulement des eaux pluviales et leur accumulation au niveau du bâtiment 2 et sur les terrains voisins. Par suite, ce moyen tiré de la méconnaissance par le permis de construire modificatif de l'article UAa 4.2 en tant qu'il porte sur les eaux pluviales doit être écarté comme non fondé.

En ce qui concerne le traitement des déchets :

30. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " () lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code (), les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. / Lorsqu'un permis modificatif () est contesté dans les conditions prévues à l'article L. 600-5-2, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant ".

31. Il résulte de ces dispositions qu'un moyen nouveau présenté après l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense est, en principe, irrecevable. Il est toujours loisible au président de la formation de jugement de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens s'il estime que les circonstances de l'affaire le justifient. Il doit y procéder dans le cas particulier où le moyen est fondé sur une circonstance de fait ou un élément de droit dont la partie concernée n'était pas en mesure de faire état avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense et est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire. Les effets de la cristallisation intervenant en application des dispositions de l'article R. 600-5 ne cessent pas à la reprise de l'instance après cassation avec renvoi au juge du fond, prononcée en application de l'article L. 821-2 du code de justice administrative, et ce alors même que l'instruction est rouverte.

32. Les moyens tirés de ce que ni le permis de construire initial, ni le permis de construire modificatif ne prévoient de local nécessaire au stockage des déchets en méconnaissance de l'article UAa 4.4 du règlement du PLU de Saint-Pierre-du-Perray, ont été présentés pour la première fois par les requérants dans leur mémoire enregistré, le 8 septembre 2023, postérieurement au délai de deux mois à compter de la communication du premier mémoire en défense, effectuée le 29 janvier 2020 pour le permis de construire initial, et effectuée le 16 août 2021 pour le permis de construire modificatif. De tels moyens ne sont fondés sur aucune circonstance de fait ou de droit dont les requérants n'auraient pu faire état avant l'expiration des délais précités ni n'apparaissent procéder d'une adaptation de leurs prétentions et argumentations en fonction des motifs et du dispositif de la décision de cassation. Dès lors, en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, ils doivent être écartés comme irrecevables.

En ce qui concerne l'implantation des constructions :

33. En premier lieu, le moyen tenant à ce que le permis de construire initial, qui n'est pas modifié sur ce point par le permis de construire modificatif, méconnait les dispositions de l'article UAa 7 règlement PLU concernant la terrasse sud-ouest du bâtiment 2, figure pour la première fois dans le mémoire enregistré le 3 février 2021, et a, dès lors, été présenté plus de deux mois à compter de la communication du premier mémoire en défense, effectuée le 29 janvier 2020. Contrairement aux allégations des requérants, les caractéristiques de cette terrasse apparaissant clairement dans le dossier de permis de construire initial attaqué par les requérants, si bien que ce moyen ne saurait être regardé comme fondé sur une circonstance de fait dont les requérants n'auraient pu faire état avant l'expiration de ce délai, en l'occurrence par la prise de connaissance du dossier de permis de construire modificatif. Ainsi, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 31, le moyen tiré de la méconnaissance, par le permis de construire initial, de l'article UAa 7 du règlement du PLU est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme cité au point 30.

34. En second lieu, aux termes de l'article UAa 7 du règlement du PLU : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. / () Aucune vue directe ne pourra être créée à moins de 8 m des limites séparatives. () ". Selon l'article 11 des dispositions générales du règlement du PLU, portant sur les définitions, " Sont considérées comme constituant des vues directes au sens du présent règlement : () / - les terrasses situées à plus de 0,60 m du terrain naturel () ".

35. Il ressort des pièces du dossier que la terrasse nord-est du bâtiment 2, créée par le permis de construire modificatif, est située à plus de 60 cm du sol naturel et à moins de 8 mètres de la limite séparative sud-est alors qu'elle crée une vue directe en direction de cette limite séparative. C'est donc à bon droit que les requérants soutiennent que cette terrasse méconnaît l'article UAa 7 du règlement du PLU.

En ce qui concerne l'emprise au sol :

36. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 31 et 32 le moyen nouveau figurant pour la première fois dans le mémoire enregistré le 8 septembre 2023, tenant à ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article UAa 9 du règlement PLU, est irrecevable en application de l'article R. 600-5 de ce code.

En ce qui concerne la hauteur des constructions :

37. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 31 et 32, le moyen nouveau figurant pour la première fois dans le mémoire enregistré le 8 septembre 2023, tenant à ce que le permis de construire modificatif, dont les parties ont pris connaissance en décembre 2020 dans les conditions prévues à l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, méconnaît les dispositions de l'article UAa 10.2 du règlement PLU, en ce qui concerne le rez-de-chaussée du bâtiment 1, est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du même code.

38. En second lieu, aux termes de l'article UAa 10 du règlement du PLU : " 1. La hauteur totale des constructions nouvelles ne doit pas excéder 12 mètres comptés à partir du terrain naturel, sans que la hauteur à l'égout du toit ne puisse excéder 7 mètres. / 2. Le niveau bas des rez-de-chaussée des constructions d'habitation ne peut pas être surélevé de plus de 0,60 mètre par rapport au sol naturel () ".

39. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif a notamment pour objet d'abaisser la hauteur du bâtiment 2 du projet de sorte à ce qu'elle n'excède plus les limites mentionnées au point précédent pour le faitage, l'égout du toit et le niveau du rez-de-chaussée. Ainsi, compte tenu du principe mentionné au point 15, les requérants ne peuvent utilement faire valoir, au soutien de leurs conclusions à fin d'annulation du permis de construire initial, la méconnaissance de l'article UAa 10.1 du règlement du PLU.

En ce qui concerne l'insertion du projet :

40. Aux termes de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article UAa 11 du règlement du PLU de la commune : " 1 - Principes : / () Les constructions par leur situation ne devront pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. / Elles devront posséder un caractère propre qui assurera une diversité architecturale. Ce caractère trouvera notamment sa traduction dans les volumétries des toitures utilisées, le volume des constructions, l'aspect, le rythme ou la coloration de façade. / Elles doivent toutefois être conçus de manière à s'insérer dans leur environnement quel que soit le type d'architecture (traditionnel ou contemporain) utilisé. () / 4 - Clôtures : / Tant en bordure des voies qu'entre les propriétés, les clôtures doivent être conçues de manière à s'harmoniser avec la ou les clôtures existantes sur la propriété et dans le voisinage immédiat. L'utilisation de type plaques et poteaux en béton est interdite pour l'ensemble des clôtures. Sur rue, les murs pleins sont interdits. La hauteur totale maximale est fixée à 2 mètres. / La partie pleine est limitée à 1 mètre sur rue à l'exception des sous-secteurs soumis aux risques d'inondation à l'intérieur desquels les murs pleins sont interdits / 5 - Mouvements de terre : / Il ne sera pas créé de mouvement de terre important (affouillement et exhaussement des sols), sauf s'ils sont nécessaires à l'adaptation de la construction à la pente de terrain. () ".

41. Dès lors que les dispositions de l'article UAa 11 du règlement du PLU de Saint-Pierre-du-Perray invoquées par les requérants ont le même objet que celles, également invoquées, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et prévoient des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du PLU que doit être appréciée la légalité des permis de construire attaqués. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions des arrêtés attaqués.

S'agissant des clôtures :

42. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier du permis de construire initial, tel que modifié par le permis de construire modificatif, que le projet prévoirait de modifier les clôtures existantes du terrain d'assiette, en dehors des linéaires où les murs pignons des bâtiments 1 et 2 soit se substitueront au grillage sud-ouest, soit incorporeront la clôture en brique au nord-est. Par suite, le moyen tiré de ce qu'en l'absence d'information sur les modifications apportées aux clôtures, le projet doit être regardé comme méconnaissant l'article UAa 11.4 doit être écarté comme manquant en fait.

S'agissant de la légalité du permis de construire modificatif :

43. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la comparaison des plans de coupe des permis de construire initial et modificatif, que le bâtiment 2 du projet a été abaissé de niveau de sorte que le vide sanitaire initialement prévu au-dessus du niveau du terrain naturel, est transformé en cave et rez-de-jardin dont le niveau altimétrique nécessite un affouillement dont il résulte que le niveau bas de ce rez-de-jardin se situe à 42,4 mètres NGF, tandis que le terrain naturel, en pente vers le sud, se situe entre 44,56 mètres NGF et 43,1 mètres NGF. En outre, il ressort des mêmes pièces que le permis de construire modificatif réduit de 2 degrés la pente de la voie interne au projet et remonte le niveau de l'aire de stationnement située entre les deux bâtiments du projet, de sorte à réduire sensiblement les affouillements relatifs à la réalisation de ces aménagements, permettant ainsi que le niveau de l'aire de stationnement se situe désormais à 44,6 mètres NGF au lieu de 46,20 mètres NGF. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces affouillements puissent être qualifiés d'importants au sens du point 5 de l'article UAa 11 du règlement du PLU. En tout état de cause, l'abaissement contesté permet de faire coïncider le niveau du rez-de-chaussée du bâtiment 2 avec celui du terrain naturel au nord-est. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que cet affouillement est nécessaire à l'adaptation de cette construction à la pente de terrain. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du point 5 de l'article UAa 11 du règlement du PLU par le permis de construire modificatif doit être écarté.

S'agissant de la légalité du permis de construire initial modifié par le permis de construire modificatif :

44. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la protection dont bénéficie ce site au titre d'autres législations.

45. S'il est constant que le projet se situe dans le périmètre du site inscrit " Rives de Seine ", ainsi qu'il est dit au point 18, il ressort des pièces du dossier qu'il s'insère dans une zone pavillonnaire dense, en particulier au nord du projet, comprenant des maisons d'architecture variée, parfois contemporaines, et sans caractère particulier ni harmonie d'ensemble. Le projet consiste à remplacer, dans un terrain en lanière d'une surface de 838 mètres carrés, en pente descendante vers le fond de parcelle, une maison individuelle de type R+2, par deux maisons de type R+1+C situées l'une derrière l'autre, la seconde maison, située à l'arrière de la parcelle culminant à 12 mètre par rapport au point le plus bas du terrain au droit de sa façade sud-ouest. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ce projet, même modifié par le permis de construire modificatif, trancherait avec son environnement par son supposé caractère massif, ni que l'architecture contemporaine qui le caractérise serait en rupture avec le bâti environnant. Du reste, ce projet a donné lieu à deux avis favorables successifs de l'architecte du bâtiment de France au titre de la législation des sites inscrits. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet issu du permis de construire initial, même modifié par le permis de construire modificatif, serait entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du point 1 de l'article UA 11 du règlement du PLU.

En ce qui concerne le stationnement des véhicules :

46. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 31 et 32, le moyen nouveau, figurant pour la première fois dans le mémoire enregistré le 8 septembre 2023, tenant à ce que le permis de construire modificatif, dont les parties ont pris connaissance en décembre 2020 dans les conditions prévues à l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, méconnaît les dispositions de l'article UAa 12 du règlement PLU, est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du même code.

47. En second lieu, aux termes de l'article UAa 12 du règlement du PLU : " () Il doit être créée 1,5 place de stationnement par tranche de 30m² de surface de plancher affectée au logement, plafonné à 3 places par logement. () / 2. Accessibilité des personnes handicapées aux places de stationnement. / des emplacements de stationnement réservés aux véhicules transportant des personnes à mobilité réduite doivent être réalisés à raison de 5% des places réalisées et convenablement réparties. () / 3. Nombre d'emplacements / Le calcul des places de stationnement nécessaires à l'opération sera arrondi à l'unité inférieure en dessous de 0,5 et à l'unité supérieure pour 0,5 et au-dessus () ".

48. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire initial prévoyait, avant d'être modifié par le permis de construire modificatif, pour les 3 logements créés, 9 places de stationnement. Or, le projet ayant été modifié sur ce point par le permis de construire modificatif, qui crée désormais 2 logements et 7 places de stationnement, le moyen est inopérant. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire initial méconnaissait l'article UAa 12 du règlement du PLU doit être écarté.

En ce qui concerne la sécurité :

49. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. En outre, il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.

S'agissant du risque lié à l'amiante :

50. En premier lieu, aux termes de l'article R. 1334-19 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles bâtis mentionnés à l'article R. 1334-14 font réaliser, préalablement à la démolition de ces immeubles, un repérage des matériaux et produits de la liste C contenant de l'amiante ". Aux termes de l'article R. 1334-15 auquel renvoie l'article R. 1334-13 de ce code : " Les propriétaires d'immeubles d'habitation ne comportant qu'un seul logement font réaliser, pour constituer l'état prévu à l'article L. 1334-13 en cas de vente, un repérage des matériaux et produits des listes A et B contenant de l'amiante ".

51. Contrairement aux allégations des requérants, ces dispositions ne s'appliquent pas en cas de démolition d'une maison d'habitation. En tout état de cause, les requérants ne produisent aucun commencement de preuve au soutien de leur allégation selon laquelle la maison d'habitation et ses annexes dont il est prévu la démolition par le projet litigieux, seraient amiantées.

52. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Saint-Pierre-du-Perray aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en accordant le permis de démolir litigieux.

S'agissant du risque lié au retrait gonflement d'argile :

53. D'une part, aux termes de l'article L. 112-23 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsqu'un contrat a pour objet des travaux de construction ou la maîtrise d'œuvre d'un ou de plusieurs immeubles à usage d'habitation ou à usage professionnel et d'habitation ne comportant pas plus de deux logements, le constructeur de l'ouvrage est tenu : / 1° Soit de suivre les recommandations d'une étude géotechnique fournie par le maître d'ouvrage ou que le constructeur fait réaliser par accord avec le maître d'ouvrage, qui prend en compte l'implantation et les caractéristiques du bâtiment ; /2° Soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire. / Si l'étude géotechnique indique l'absence de risque de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols, le constructeur n'est pas tenu par cette obligation. ". En application de l'article L. 112-20 du même code, ces dispositions s'appliquent " dans les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols ", zones elles-mêmes " définies par arrêté des ministres chargés de la construction et de la prévention des risques majeurs ".

54. D'autre part, aux termes du deuxième alinéa de l'article UAa 2 du règlement du PLU : " en raison de l'instabilité du coteau (), des dispositions constructives et notamment la réalisation de fondations spéciales pour répondre aux recommandations exprimées dans les conclusions du rapport d'étude diligenté par la commune de Saint Pierre du Perray de janvier 2002 (voir annexe n°7 du rapport de présentation), doivent être prises pour tout projet nécessitant des fondations ".

55. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé dans le périmètre d'une zone, mentionnée dans le document graphique du règlement du PLU de la commune, de risque lié au " retrait gonflement d'argile " ainsi que dans la zone à " exposition forte au risque de retrait-gonflement des sols argileux " de la carte annexée à l'arrêté du 22 juillet 2020 définissant les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux. Or, le permis de construire modificatif prévoit, à son article 2, et conformément aux dispositions de l'article UAa 2 du règlement du PLU, la réalisation de fondations spéciales. Dans ces conditions, les requérants n'établissant pas, en faisant valoir que le projet n'a pas été précédé d'une étude géotechnique, et en se bornant à se plaindre de l'absence de plan de ces fondations, que cette mesure serait insuffisante pour répondre au risque. A cet égard, ils n'établissent pas que le projet serait, par lui-même, de nature à aggraver ce risque par la suppression de la végétation, les décaissements et la perméabilisation du sol qu'il engendre. Par suite, ils ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Saint-Pierre-du-Perray aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en accordant le permis de démolir litigieux.

56. En second lieu, en l'absence de plan de prévention du risque naturel de retrait gonflement d'argile, ou de projet d'un tel plan opposable au projet litigieux, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'autorité administrative a méconnu les dispositions de l'article L. 562-1 du code de l'environnement en délivrant le permis de construire litigieux.

57. Il résulte de tout ce qui précède que seul le moyen tiré de ce que le permis de construire modificatif méconnaît l'article UAa 7 du règlement du PLU de Saint-Pierre-du-Perray en ce qui concerne la terrasse nord-est du bâtiment 2, est fondé.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 ou L. 600-5 du code de l'urbanisme :

58. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

59. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

60. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme F et autres sont seulement fondés à soutenir que le permis de construire modificatif est entaché d'un vice tiré de la méconnaissance de l'article UAa 7 du règlement du PLU de Saint-Pierre-du-Perray en ce qui concerne la terrasse nord-est du bâtiment 2. Les règles d'urbanisme en vigueur permettent une mesure de régularisation de ce vice qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. En outre, en ne portant que sur la terrasse nord-est du bâtiment 2, il n'affecte qu'une partie du projet. Il y a donc lieu, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de fixer à six mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel M. N J devra en demander la régularisation.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :

61. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. N J au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme globale de 1 000 euros à la charge de M. N J, et une somme de globale de 1 000 euros à la charge de l'Etat, à verser aux requérants sur le fondement des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le maire de Saint-Pierre-du-Perray a délivré, au nom de l'Etat, un permis de construire modificatif à M. N J est annulé en tant que la terrasse nord-est du bâtiment 2 méconnaît l'article UAa 7 du règlement du PLU de Saint-Pierre-du-Perray.

Article 2 : M. N J demandera la régularisation de ces permis de construire dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : M. N J versera une somme globale de 1 000 euros aux requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : L'Etat versera une somme globale de 1 000 euros aux requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. G F, représentant unique des requérants, au préfet de l'Essonne, à la commune de Saint-Pierre-du-Perray et à M. V N J.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente-rapporteure,

Mme Caron, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.

La présidente-rapporteure,

signé

N. BoukhelouaL'assesseure la plus ancienne,

signé

V. Caron

La greffière,

signé

B. Bartyzel

L'assesseure la plus ancienne,

signé

V. CaronLa République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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