LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2302605

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2302605

vendredi 28 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2302605
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSAIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 31 mars et le 20 avril 2023, M. B A, représenté par Me Saïdi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour, à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de l'intervention du jugement, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge du préfet de l'Essonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il séjourne en France depuis 13 ans ;

- le préfet a manqué à son devoir de loyauté en instruisant sa demande ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour qui la fonde ;

- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par une ordonnance du 3 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mai 2023.

Un mémoire a été enregistré pour le préfet de l'Essonne le 12 juin 2023 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,

- les observations de Me Saïdi,

- et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien né le 16 août 1988, a déclaré être entré en France en août 2010 et y séjourner depuis. Il a sollicité, le 16 mai 2022, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 22 mars 2023, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, en fixant le pays de destination. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions applicables notamment l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, il résume précisément la situation administrative et familiale de M. A. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 22 mars 2023 serait insuffisamment motivé.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

4. M. A soutient séjourner en France sans interruption depuis 2010 et transmet de nombreux documents afin de démontrer ses allégations. Toutefois, il ne démontre pas, par les pièces produites, qu'il séjournait de manière habituelle en France en 2011, 2012 et 2013, années pour lesquelles les pièces versées sont éparses et peu probantes (un seul relevé bancaire pour l'année 2012 notamment). Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en cause serait entaché d'un vice de procédure à défaut pour le préfet d'avoir préalablement pris l'attache de la commission du titre de séjour.

5. En troisième lieu, portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant tunisien qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.

6. Le requérant fait valoir qu'il séjourne en France depuis plus de dix ans et démontre, par la production de contrats de travail et de bulletins de salaire, y travailler depuis 2017, et depuis septembre 2020 auprès d'un même employeur. Il soutient ainsi, qu'en raison de la durée de son séjour en France, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de régulariser sa situation. Toutefois, ainsi que cela a été dit au point 4, M. A ne démontre pas, par les pièces produites, qu'il séjourne habituellement en France depuis 2011. En outre, en l'état du dossier, il ne se prévaut d'aucune autre circonstance de nature à constituer des motifs exceptionnels au sens des dispositions applicables. A cet égard, il n'apporte pas d'élément de nature à établir qu'il aurait transmis un pack employeur dans le cadre de sa demande de titre ainsi que le préfet l'y avait invité. Enfin, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a également pris en compte les antécédents judiciaires relatifs à l'intéressé, qui comprend des faits de " violence sans incapacité " qui auraient été commis en 2013 ainsi que des faits de " conduite d'un véhicule malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points " en décembre 2017 et des faits " d'usage de faux documents administratifs " en décembre 2020. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de l'Essonne doit être écarté.

7. En quatrième lieu, il ne saurait utilement soutenir que le préfet aurait manqué de loyauté s'agissant de l'instruction de sa demande de titre.

8. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour la fondant ne peut qu'être écarté.

9. En sixième lieu, l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

10. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet s'est fondé, pour édicter l'obligation de quitter le territoire français litigieuse, sur la circonstance que le requérant s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, conformément aux dispositions reproduites au point précédent, visées dans l'arrêté en cause. Ainsi, M. A ne peut utilement soutenir qu'il ne constitue pas un trouble à l'ordre public, dès lors que ce motif n'est pas au nombre de ceux retenus par le préfet pour prendre la décision contestée.

11. En septième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

12. M. A se prévaut de la présence sur le territoire de nombreux cousins et cousines en situation régulière ou de nationalité française, ainsi que de la durée de son séjour en France. Toutefois, il n'établit pas entretenir des liens intenses avec eux, alors que ses parents et ses deux sœurs résident dans son pays d'origine, où lui-même a vécu la majeure partie de sa vie. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 doit donc être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2023. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Gosselin, président,

- Mme Vincent, première conseillère,

- Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023

La rapporteure,

Signé

M. Geismar

Le président,

Signé

C. GosselinLa greffière,

Signé

S. Burel

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions