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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2303289

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2303289

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2303289
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantKEMFOUET KENGNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 avril 2023, M. B E, représenté par Me Kemfouet Kengny, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 24 mars 2023 par lesquelles le préfet de l'Essonne a refusé le renouvellement d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

M. C soutient que les décisions :

- méconnaissent les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que, dans leur avis, les médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ne prennent pas en compte le système de soins et le plateau technique médical congolais;

- méconnaissent l'intérêt supérieur de son enfant et sont entachées d'erreur de fait en ce qu'il est de l'intérêt de sa fille que son père se fasse soigner à l'étranger pour retourner au Congo une fois guéri.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2023, le préfet l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 8 juin 2023, l'instruction a été réouverte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Winkopp-Toch.

Considérant ce qui suit :

1. M. B E, ressortissant congolais né le 18 octobre 1982 à Pointe-Noire, est entré en France le 4 janvier 2019 selon ses déclarations. Il a sollicité le renouvellement d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 24 mars 2023, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai 30 jours et a fixé le pays de destination. M. M. C demande l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat.".

3. Dans son avis du 21 décembre 2022, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Congo, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et, qu'en outre, son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier que M. C est atteint d'un glaucome sévère aux deux yeux nécessitant une surveillance par consultation et examen du champ visuel tous les 6 mois. Pour contester l'arrêté du préfet de l'Essonne, le requérant soutient que les soins appropriés ne seraient pas disponibles au Congo en produisant des attestations des Dr A et Kryslouvila. Toutefois, ces seuls documents, rédigés en des termes identiques et émanant de médecins généralistes ne suffisent pas à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII et à démontrer l'indisponibilité de l'examen clinique du champ visuel au Congo. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. C est le père d'une enfant née le 28 juillet 2012 et scolarisée au Congo où elle réside avec sa mère. Il ressort également des pièces du dossier que ses parents et sa fratrie résident au Congo. Dès lors que le centre des intérêts personnels et familiaux se trouvent au Congo, les décisions en litige ne sont ni entachées d'erreur de fait, ni contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Delage, président,

Mme Winkopp-Toch, première conseillère,

M. Thivolle, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

A. Winkopp-Toch

Le président,

Signé

Ph. DelageLa greffière,

Signé

V. Retby

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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