jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | LOUISA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2023, Mme D B, représentée par Me Louisa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application des article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur le refus de séjour :
- la décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- le refus de séjour est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision refusant l'admission au séjour ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur le délai de départ volontaire de trente jours :
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur le pays de destination :
- le préfet a méconnu l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête, au motif qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 4 avril 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé à Mme B l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. de Miguel.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, ressortissante de nationalité congolaise née le 3 juin 1999 à Brazzaville, est entrée en France le 1er février 2021 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour pour suivre des études. Le 18 janvier 2022 elle a sollicité le renouvellement de ce titre. Par un arrêté du 30 décembre 2022, dont Mme B demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure.
Sur les moyens communs aux décisions de l'arrêté :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-247 du 16 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 126 du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. C A, directeur de l'immigration et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme B, dont les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et pour fixer le pays de renvoi. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation ne peuvent qu'être écartés.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui n'avait pas à reprendre l'intégralité de la situation de la requérante, aurait entaché son arrêté d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
Sur le refus de renouvellement du titre de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par le bénéficiaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Dès lors, pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement considéré comme poursuivant effectivement des études.
6. Pour refuser à Mme B le renouvellement de son titre de séjour, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur les circonstances que l'intéressée ne présentait pas de certificat d'inscription dans un établissement d'enseignement en France pour les années universitaires 2021-2022 et 2022-2023 et que le cursus suivi en distanciel ne correspondait pas à la formation pour laquelle lui a été délivré le visa pour études.
7. Pour contester la mesure attaquée, Mme B se borne à produire d'une part, un certificat de formation émanant de l'établissement Activ'métiers en date du 15 décembre 2022, qui certifie qu'elle est inscrite à la formation " manager d'unité marchande type B ", pour la période de novembre 2022 à novembre 2023, sans toutefois assortir cette attestation de relevé de notes ou d'autres éléments de nature à démontrer la réalité de ces études. D'autre part, elle produit un relevé de notes non signé ni visé pour l'année 2020-2021 de l'établissement Adoni-Distance, pour une formation à distance ne correspondant pas à celle pour laquelle elle avait obtenu le visa de long séjour pour études et qui indique, en outre, une moyenne de 12,81 / 20 alors qu'elle n'a pas obtenu de note pour trois matières sur 9 où elle n'a pas rendu de devoir et obtenu 5,92 / 20 en culture générale où son niveau est jugé insuffisant. Si l'intéressée soutient qu'elle a dû changer de formation pour des motifs tenant au coût de scolarité de l'établissement initial, elle ne le démontre par aucun élément. Dans ces conditions, Mme B ne démontre pas qu'elle remplissait les conditions pour obtenir le renouvellement du titre de séjour pour études. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
8. Compte tenu de ce qui vient d'être exposé aux points 2 à 7, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, ne peut qu'être écarté.
9. Mme B est célibataire et sans charge de famille et ne fait état d'aucun lien personnel ou familial ni d'une insertion dans la société française. Elle n'est pas dépourvue de toutes attaches avec son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie et où elle a vécu jusqu'à l'âge de 21 ans. Par suite, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
10. Les moyens dirigés à l'encontre des décisions accordant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de destination ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, Mme B ne justifie pas d'une situation personnelle particulière de nature à motiver l'octroi d'un délai supérieur à trente jours pour exécuter la mesure de départ volontaire, tandis qu'elle ne justifie pas que la formation à distance délivrée par ADONI ne pourrait être suivie depuis son pays d'origine.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles aux fins d'injonction et d'astreinte et de condamnation aux frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ouardes, président,
Mme Fejerdy, première conseillère,
M. de Miguel, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F-X de Miguel
Le président,
Signé
P. OuardesLa greffière,
Signé
C. Benoît-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026