vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | AUERBACH |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2307909/2-1 du 2 mai 2023, le tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête de M. B C enregistrée le 6 avril 2023.
Par cette requête et des mémoires, enregistrés les 12 mai, 31 mai 2023 et 14 juin 2023, M. B C, représenté par Me Panarelli, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2023 par lequel le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de 24 mois ;
2°) d'annuler la décision du préfet de Police prononçant une interdiction de retour sur le territoire et de procéder pendant une durée de 24 mois et le signalant aux fins de non admission dans le système d'information Schengen (SIS) ;
3°) d'enjoindre au préfet de Police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à l'effacement de son signalement dans le fichier SIS ou à défaut de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation.
M. C soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- il méconnait les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.121-1 du Code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnait l'article L.114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle méconnait l'article 27 de la directive de 2004 et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile et celles de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnait l'articles 27 de la directive de 2004 et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnait l'article 27 de la directive de 2004 et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnait l'articles 27 de la directive de 2004 et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par un courrier du 11 décembre 2023, les parties ont été avisées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français inexistante et d'effacement d'un signalement dans le fichier SIS.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Rivet.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant bulgare, né le 7 juillet 2002, a été interpellé le 2 avril 2023 pour trafic de stupéfiants. Placé en garde à vue, il a été entendu le 3 avril 2023 et le préfet de Police a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ et fixant le pays de destination, avec interdiction de circuler sur le territoire français. M. C demande l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ et fixant le pays de destination, ainsi que d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police n° 75-2023-056 du même jour, le préfet de Police a donné délégation à Mme D A, adjointe au chef de la division des reconduites à la frontière, pour signer la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. () ", aux termes de l'article L. 613-2 de ce même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées "
4. L'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il vise l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement duquel il a été pris et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8 et indique les éléments relatifs à la situation personnelle de M. C qui s'est maintenu en situation irrégulière. Il relève également qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale et que ce dernier n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Pour refuser à M. C le bénéfice de l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet s'est fondé sur le motif de l'urgence, l'intéressé ayant été interpellé le 2 avril 2023 pour des faits de vol, acquisition, détention, offre ou cession de produits stupéfiants. Il précise également que M. C, de nationalité bulgare, ne justifie d'aucune ressource ni activité professionnelle en France. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Police n'a pas procédé à un examen sérieux et attentif de sa situation.
6. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. () ". Et aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
7. D'une part, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui d'un recours en annulation dirigé contre une mesure de police administrative, qui n'est pas une sanction pénale. D'autre part, il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure auxquelles sont soumises les décisions portant obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions accessoires. Dès lors, les dispositions générales de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent être utilement invoquées. En tout état de cause, d'une part, les conditions de notification d'une décision administrative sont par principe sans incidence sur la légalité de cette décision et, d'autre part, M. C n'établit ni même n'allègue qu'il aurait en vain, suite à son audition du 3 avril 2023 durant laquelle il a eu l'occasion de s'exprimer sur sa situation administrative, tenté de faire valoir des observations auprès des services préfectoraux ou qu'il n'aurait pas pu utilement exposer des circonstances susceptibles d'infirmer le sens de la décision prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention précitée et de l'article L. 121-1 du code précité doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. () ". La circonstance que le préfet de Police n'a pas invité M. C à compléter son dossier, en application des dispositions précitées de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que ces dispositions ne s'appliquent que lorsque l'intéressé présente une demande à l'administration, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. Par suite, ce moyen, qui est inopérant, doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / () L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ". Aux termes de l'article 27 de la directive 2004/38/CE du 29/04/04 relative au droit des citoyens de l'Union européenne et des membres de leur famille de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres prévoit que : " 1. () les États membres peuvent restreindre la liberté de circulation et de séjour d'un citoyen de l'Union ou d'un membre de sa famille, quelle que soit sa nationalité, pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique. () / 2. Les mesures d'ordre public ou de sécurité publique doivent respecter le principe de proportionnalité et être fondées exclusivement sur le comportement personnel de l'individu concerné. L'existence de condamnations pénales antérieures ne peut à elle seule motiver de telles mesures. Le comportement de la personne concernée doit représenter une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société. Des justifications non directement liées au cas individuel concerné ou tenant à des raisons de prévention générale ne peuvent être retenues. () ".
10. Pour décider d'obliger M. C à quitter le territoire français, le préfet de police s'est fondé sur la double circonstance, d'une part, qu'il constituait une menace à l'ordre public et d'autre part, qu'il ne disposait pas de ressources suffisantes pour justifier son séjour en France. Il est toutefois constant que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur le second motif et la circonstance que M. C, ressortissant de l'Union européenne, qui a déclaré être présent en France depuis 7 mois à la date de l'arrêté attaqué, ne justifiait d'aucun droit au séjour tel que prévu par l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 27 de la directive 2004-/38/CE du 29 avril 2004, et de l'article L. 251-1 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation, doivent être écartés.
11. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;
12. M. C a déclaré être sans domicile et sans ressources et avoir déjà fait l'objet d'une procédure pour trafic de stupéfiants. Il n'a pas été en mesure de présenter de documents d'identité. Il est célibataire et sans enfant et déclare être présent en France depuis seulement 7 mois. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il a été signalé le 21 mars 2023 pour détention, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants et a été interpellé le 20 mars 2023 en tant que dealer. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation de l'intéressé ne peuvent qu'être écartés.
13. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire, qui ne fixe pas le pays de destination.
14. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 avril 2023 par laquelle le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la mesure d'éloignement doit être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ". Aux termes de l'article 27 de la directive 2004/38/CE du 29/04/04 relative au droit des citoyens de l'Union européenne et des membres de leur famille de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres prévoit que : " / 2. Les mesures d'ordre public ou de sécurité publique doivent respecter le principe de proportionnalité et être fondées exclusivement sur le comportement personnel de l'individu concerné. () ".
17. M. C n'établit pas avoir fixé en France le centre de ses intérêts personnels et moraux. Ainsi, au regard des faits qui lui sont reprochés, le préfet de Police a pu, sans méconnaître les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, refuser d'accorder à M. C un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 27 de la directive 2004-/38/CE du 29 avril 2004 doit être écarté.
18. En troisième lieu, eu égard aux motifs précédemment exposés au point 12 du présent jugement, les moyens tirés de l'erreur de fait, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent également être écartés.
19. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre du refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, qui ne fixe pas le pays de destination.
20. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 avril 2023 par laquelle le préfet de police a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
21. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la mesure d'éloignement doit être écarté.
22. En deuxième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 27 de la directive 2004-/38/CE du 29 avril 2004 et de l'article 8 sont inopérants à l'encontre d'une décision fixant le pays de destination et doivent être écartés.
23. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
24. M. C n'assortit pas le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
25. En quatrième et dernier lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur de fait doivent également être écartés.
26. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
27. Il ne ressort pas de l'arrêté attaqué que M. C a fait l'objet d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français avec signalement dans le fichier SIS. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation d'une telle décision sont irrecevables ne peuvent qu'être rejetées.
28. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 avril 2023, par lequel le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, et a fixé le pays de destination de son retour.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
29. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de Police et à Me Panarelli.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne[RS1].
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
S. Rivet
La présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
[RS1]a été incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, dans le département de l'Essonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026