lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303857 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARLU HAGEGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Hagege, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer un récépissé en application de l'article R. 431-15-1 du code de justice administrative dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé assorti d'une autorisation de travailler, sous astreinte de 15 euros par jour de retard ;
2°) à défaut, d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 15 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve dans l'impossibilité de poursuivre ses études, de voyager et d'exercer une activité professionnelle au soutien de ses études et que cette situation précaire a des incidences sur sa santé psychologique ;
Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- la décision attaquée porte une atteinte grave et illégale à sa vie privée et son droit d'accès à l'emploi et à poursuivre ses études ;
- elle porte également une atteinte à sa santé psychologique et à sa dignité humaine dès lors que la multiplication des démarches qu'elle entreprend qui se heurte à l'indifférence de la préfecture la plonge dans un état de stress, d'humiliation et d'incertitude préjudiciable à sa santé.
La procédure a été communiquée au préfet de police de Paris qui n'a présenté aucune observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Degorce, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 mai 2023, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Degorce, juge des référés ;
- les observations orales de Me Hagege pour Mme B qui persiste dans ses précédentes écritures ;
- le préfet de police de Paris n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 10h03.
Considérant ce qui suit :
1. Pour faire cesser les atteintes qu'elle estime graves et manifestement illégales à sa vie privée et son droit d'accès à l'emploi, à son droit à l'éducation, à sa dignité humaine et à son droit à la santé, Mme A B, ressortissante tunisienne née le 9 octobre 2000 demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ou, à défaut, un titre de séjour portant la mention " étudiant ".
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
En ce qui concerne l'office du juge des référés et les libertés fondamentales en jeu :
2. Il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, résultant de l'action ou de la carence de cette personne publique, de prescrire les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte, dès lors qu'existe une situation d'urgence caractérisée justifiant le prononcé de mesures de sauvegarde à très bref délai et qu'il est possible de prendre de telles mesures. Celles-ci doivent, en principe, présenter un caractère provisoire, sauf lorsque aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Le caractère manifestement illégal de l'atteinte doit s'apprécier notamment en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.
3. La liberté d'aller et venir, le droit à l'éducation et le droit au travail constituent des libertés fondamentales au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
5. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
6. En l'espèce, Mme B, qui n'est plus en mesure de justifier de la régularité de son séjour en France, ne peut plus ni poursuivre la formation en productions horticoles qu'elle mène dans le cadre de son inscription, depuis le mois de novembre 2022, de son certificat d'aptitude professionnelle des métiers de l'agriculture ni encore s'inscrire à des stages ou formations professionnelles complémentaires. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale portée à une liberté fondamentale :
7. Entrée en France sous couvert d'un visa D de long séjour portant la mention " étudiant ", valable du 19 août 2020 au 19 mars 2021, Mme B a sollicité, le 20 janvier 2021, le renouvellement de son titre de séjour auprès des services de la préfecture de police de Paris. Une attestation de décision favorable sur une demande de renouvellement de titre de séjour lui a ainsi été notifiée le 3 février 2021, indiquant qu'elle serait prochainement informée de la réception en préfecture de son titre de séjour et des démarches à accomplir pour venir le retirer. Sans nouvelles de la préfecture en dépit de relances de sa part et d'alertes concernant ses difficultés de connexion sur le site de l'administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), Mme B a finalement été informée, le 13 juin 2022, que son titre de séjour en qualité d'étudiant, valable du 20 mars 2021 au 19 mars 2022, avait été détruit faute de retrait dans les délais. La requérante a donc déposé une nouvelle demande de renouvellement de titre de séjour le 4 juillet 2022 au guichet de la préfecture de police de Paris et s'est vu remettre à cette occasion un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 3 novembre 2022. Le 12 décembre 2022, elle a été informée que sa demande de récépissé avait été instruite par la préfecture, qu'elle avait été validée et qu'elle pourrait venir retirer son titre de séjour dès que ce dernier serait disponible. Ayant obtenu un rendez-vous en préfecture le 25 avril 2023 afin de se voir remettre, selon les termes de sa convocation datée du 12 avril 2023, son titre de séjour, elle s'est cependant vu refuser au guichet, sans autre motif que celui tiré de " problèmes informatiques " ainsi qu'il est soutenu à l'audience sans contradiction du préfet de police, la délivrance de son titre de séjour portant la mention " étudiant " comme celle d'un récépissé.
8. De l'ensemble des faits rapportés et établis par la requérante, et non contestés par le préfet de police de Paris qui n'a produit, dans le cadre de la présente instance, aucune observation écrite ou orale, il résulte que Mme B est privée de tout document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour, de poursuivre ses études et de travailler depuis l'expiration, le 3 novembre 2022, de son récépissé de demande de titre. Dans ces conditions, en privant Mme B, depuis le 4 novembre 2022, de tout document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour, sans apporter aucune justification légale à cette privation, le préfet de police de Paris a porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées par la requérante que sont la liberté d'aller et venir, le droit à l'éducation et le droit au travail tel qu'elle entend l'exercer dans le cadre de ses études.
9. Les deux conditions posées par l'article L. 521-2 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de Paris de délivrer à Mme B, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, un récépissé de demande de titre de séjour valable l'autorisant à travailler. En revanche, dès lors que cette délivrance est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif des libertés fondamentales auxquelles il est porté atteinte, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à la requérante le titre de séjour " étudiant " dont elle sollicite le renouvellement. Enfin, il n'y a pas lieu, pour le moment, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de Paris, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, de délivrer à Mme B un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de police de Paris et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Versailles le 15 mai 2023.
La juge des référés,
Signé
Ch. Degorce
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026