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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2305654

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2305654

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2305654
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7éme chambre
Avocat requérantAARPI ANDOTTE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n°2305654 :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 juillet, 13 septembre, 3 octobre, 30 octobre 2023 et les 4 janvier et 23 février 2024, le Syndicat solidaires étudiant-e-s, syndicat de luttes, représenté par Me Lionel Crusoé et Me Marion Ogier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) de Versailles a consenti un droit d'occupation au bénéfice des étudiants pour l'année 2024 limité au 30 juin 2024 ;

2°) d'enjoindre au CROUS de Versailles de renouveler les droits à occupation temporaire pour l'année universitaire 2023-2024 jusqu'au 31 août 2024, sans délai, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du CROUS de Versailles la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le syndicat a intérêt à agir ; le secrétariat fédéral pouvait engager l'association auprès des tribunaux ;

- il existe une décision faisant grief ;

- la décision a été prise par une autorité incompétente ; elle devait être prise par le conseil d'administration du CROUS de Versailles ;

- la procédure suivie est entachée d'irrégularité, faute d'avoir été précédée d'une délibération à l'occasion de laquelle les représentants des étudiants se seraient exprimés ;

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 631-12 du code de la construction et de l'habitation, et 19 de la loi du 26 mars 2018 ; ces dispositions autorisent seulement la location des logements vacants au 1er juillet 2024 ;

- la décision est entachée de détournement de pouvoir ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 septembre, 19 octobre et 6 décembre 2023, et les 23 janvier et 23 février 2024, le CROUS de Versailles et le centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS) en qualité d'observateur, représentés par Me Sébastien Gallo, concluent au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge du syndicat requérant d'une part, de la somme de 1 000 euros chacun au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et d'autre part, de la somme de 13 euros chacun au titre du droit de plaidoirie en application des dispositions des articles L. 723-3 et R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale.

Ils soutiennent que :

- la requête est irrecevable ; il n'est pas justifié que les membres de l'association ont été informés préalablement de cette action ; le syndicat n'a pas intérêt à agir ; l'acte attaqué n'a aucun caractère décisoire ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 20 septembre 2023, la Fondation Abbé A pour le logement des défavorisés (FAP), la Fédération Droit au logement (DAL fédération), la Ligue des droits de l'homme, représentées par Me Lionel Crusoé et Me Marion Ogier, présentent une intervention volontaire à l'appui de la requête du syndicat Solidaires étudiant-e-s.

La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 12 mars 2024.

II. Sous le n°2400165 :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 janvier et 22 mars 2024, le dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, le Syndicat solidaires étudiant-e-s, syndicat de lutte, et l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), représentés par Me Marion Ogier, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 7 novembre 2023 du conseil d'administration du CROUS de Versailles ;

2°) de mettre à la charge du CROUS de Versailles une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle fait primer sur l'intérêt des étudiants des considérations étrangères à la mission des CROUS ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle diminue le volume de logements susceptibles d'accueillir des populations sans logement, mal logées, ou en situation d'extrême précarité ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce que ses modalités ne garantissent pas le relogement des étudiants désireux de se maintenir en résidence universitaire à proximité de leurs intérêts moraux et matériels ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle ne prévoit pas une juste indemnisation des étudiants contraints de déménager ;

- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2024, le CROUS de Versailles et le CNOUS, représentés par Me Sébastien Gallo, concluent au rejet de la requête, ainsi qu'à la mise à la charge de chacune des associations requérantes de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de la somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie.

Ils soutiennent que :

- la requête est irrecevable, à défaut d'intérêt à agir des associations requérantes ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 29 février 2024, la Fondation Abbé A pour le logement des défavorisés, représentée par Me Marion Ogier, s'associe aux conclusions du Syndicat solidaires étudiant.e.s.

Le ministre de l'éducation nationale a produit des observations par mémoire du 8 mars 2024.

La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 26 mars 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fejérdy, première conseillère,

- les conclusions de Mme Cerf, rapporteure publique,

- et les observations de Me Ogier, représentant les requérants, de Me Gallo, représentant le CROUS de Versailles, et de M. B, représentant le CNOUS.

Considérant ce qui suit :

1. Par la requête n°2305654, l'association Syndicat Solidaires étudiant.e.s, syndicat de luttes, demande l'annulation de la décision du centre régional des œuvres universitaires et scolaire (CROUS) de Versailles, révélée selon elle par différents articles de presse et courriers électroniques, de consentir un droit d'occupation au bénéfice des étudiants pour l'année 2024 limité au 30 juin 2024, dans le cadre des jeux olympique de Paris 2024. Sous le n°2400165, la même association et le syndicat UNEF demandent l'annulation de la délibération du 7 novembre 2023 par laquelle le conseil d'administration du CROUS de Versailles a décidé de mettre à disposition des logements inoccupés dans trois résidences pour les agents publics exceptionnellement mobilisés pour les jeux olympiques de Paris 2024.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°2305654 et 2400165 posent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les interventions :

3. La fondation Abbé A pour le logement des défavorisés, la fédération Droit au logement et la Ligue des Droits de l'Homme justifient, eu égard à la nature et l'objet des questions soulevées par le litige, d'un intérêt suffisant pour intervenir en défense dans l'instance n°2305654, ainsi que, s'agissant de la Fondation Abbé A, dans l'instance n°2400165. Leur intervention est, par suite, recevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation présentées dans la requête n°2305654 :

4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de différents articles de presse datés de mai 2023 que, dans le cadre de l'organisation des jeux olympiques à l'été 2024, le gouvernement, à la recherche d'environ 3 200 logements pour les agents publics chargés d'assurer l'organisation et la sécurité des Jeux, a demandé aux CROUS d'Ile-de-France de bien vouloir étudier la possibilité de mettre à sa disposition certaines résidences universitaires pendant la période olympique. L'association requérante produit divers documents, dont un courriel daté du 15 mai 2023 adressé aux " résidents non-concernés par les Jeux Olympiques 2024 ", ainsi que plusieurs articles de presse. Ces documents traduisent l'existence d'une campagne d'information, en mai 2023, par les CROUS d'Ile-de-France et notamment celui de Versailles, à destination des étudiants logés en résidence universitaire, sur d'une part le projet d'une mise à disposition de certaines résidences universitaires pour les agents assurant l'organisation et la sécurité des Jeux olympiques pendant l'été 2024, et d'autre part les solutions de relogement envisagées pour les étudiants concernés.

5. Il ressort des pièces du dossier que le conseil d'administration du CROUS de Versailles a fixé, par délibération n° CA 20231107-2 du 7 novembre 2023, l'ensemble des modalités selon lesquelles il garantira le renouvellement du droit d'occupation des étudiants occupant un logement dans l'une des résidences qui seront mises à disposition pour les personnels de l'Etat participant à l'organisation et au bon déroulement des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris de 2024 et leur accordera diverses aides pour pallier les conséquences d'un changement de logement et de résidence universitaire. Il s'ensuit que la décision non formalisée qui aurait été révélée par les éléments produits par l'association requérante, et qui fait l'objet de la présente requête, doit être regardée comme ayant, en tout état de cause, été rapportée par cette délibération qui a le même objet, et en définit le cadre et les modalités concrètes. Dès lors, la requête n°2305654 du syndicat Solidaires étudiant.e.s doit être regardée comme étant devenue, postérieurement à son introduction, sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation présentées dans la requête n°2400165 :

6. L'association Syndicat solidaires étudiant.e.s et l'UNEF demandent l'annulation de la délibération du 7 novembre 2023.

Sur les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure :

7. En premier lieu, aux termes de l'article 7 du règlement intérieur du conseil d'administration du CROUS de Versailles : " Le conseil d'administration est convoqué par son président qui en fixe l'ordre du jour. / La convocation est adressée aux membres du conseil d'administration par tous moyens au moins huit jours avant la date retenue. () / L'ordre du jour et tous les documents nécessaires à la compréhension et à l'étude des questions figurant à l'ordre du jour sont joints à la convocation. () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que les membres du conseil d'administration ont été convoqués par courriel du 27 octobre 2023, pour une réunion du 7 novembre suivant, soit dans le délai prévu à l'article 7 du règlement intérieur. Par ailleurs, cette convocation était assortie de différents documents d'information, dont le projet de délibération accompagné de son exposé des motifs. Les membres du conseil d'administration doivent donc être regardés comme ayant été suffisamment informés.

9. En second lieu, aux termes de l'article 9 du règlement intérieur du conseil d'administration : " Le conseil d'administration ne peut valablement délibérer que si le tiers au moins de ses membres de droit assiste à la séance. () Les décisions sont alors prises à la majorité des administrateurs présents. () " Il ressort de ces dispositions, combinées à celles de l'article 2, qui fixe à 27 le nombre des membres du conseil d'administration, que le quorum est atteint dès lors que 9 membres sont présents.

10. Il ressort des mentions de la délibération attaquée, qui indiquent l'expression de 24 suffrages, que le quorum était atteint.

Sur le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation :

11. D'une part, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 822-1 du code de l'éducation : " Le réseau des œuvres universitaires contribue à assurer aux étudiants une qualité d'accueil et de vie propice à la réussite de leur parcours de formation () / Il contribue aussi à l'amélioration des conditions de vie et de travail de l'ensemble des membres de la communauté universitaire, telle que définie à l'article L. 111-5 () ". Aux termes du septième alinéa du même article : " Les décisions concernant l'attribution des logements destinés aux étudiants sont prises par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires ". Aux termes de l'article R. 822-1 du même code : " () / Le réseau des œuvres universitaires participe au service public de l'enseignement supérieur et contribue à la mise en œuvre de la politique nationale de vie étudiante définie par le ministre chargé de l'enseignement supérieur. / Il a pour missions : / 1° De favoriser l'amélioration des conditions de vie étudiante par ses interventions dans les domaines, notamment de l'accompagnement social des études et de leur financement, de la restauration, du logement () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Relèvent des interventions du réseau des œuvres universitaires : / 1° Les étudiants ou élèves en formation initiale ou continue inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur () / 2° Les titulaires d'une carte d'étudiants des métiers () ; / 3° Les personnes accomplissant un service civique (); / 4° L'ensemble des usagers et personnels membres de la communauté universitaire () ; / 5° A titre secondaire, d'autres catégories de personnes déterminées par le conseil d'administration des centres régionaux, après avis du centre national () ". Aux termes de l'article R. 822-9 du même code : " Les centres régionaux sont des établissements publics à caractère administratif chargés de remplir une mission de service public à l'égard de leurs publics bénéficiaires mentionnés à l'article R. 822-2. / () Les centres régionaux contribuent, dans leur ressort géographique, à la mise en œuvre de la politique nationale de vie étudiante définie par le ministre de l'enseignement supérieur en proposant les prestations et les services propres à améliorer les conditions de vie et d'étude. Ils créent, dans ce but, les services leur permettant d'adapter et de diversifier les prestations qu'ils proposent aux usagers en tenant compte de leurs besoins () ".

12. D'autre part, aux termes de l'article L. 631-12 du code de la construction et de l'habitation : " La résidence universitaire () accueille des étudiants, des personnes de moins de trente ans en formation ou en stage et des personnes titulaires d'un contrat de professionnalisation ou d'apprentissage. A titre exceptionnel, cet établissement peut accueillir des enseignants et des chercheurs. / () / Le contrat de location a une durée maximale d'un an. Il peut être renouvelé dès lors que l'occupant continue à remplir les conditions précisées au présent article () ". Aux termes de l'article L. 631-12-1 du même code, créé par l'article 140 de la loi du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale : " Par dérogation à l'article L. 631-12, le gestionnaire d'une résidence universitaire qui n'est pas totalement occupée après le 31 décembre de chaque année peut louer les locaux inoccupés pour des séjours d'une durée inférieure à trois mois s'achevant au plus tard le 1er octobre de l'année suivante, particulièrement à des publics reconnus prioritaires par l'Etat au sens de l'article L. 441-1. / Lorsque les logements loués en application du premier alinéa du présent article sont libérés, ils sont proposés en priorité aux personnes mentionnées au premier alinéa de l'article L. 631-12 ".

13. Si, en vertu des dispositions de l'article L. 822-1 du code de l'éducation, le réseau des œuvres universitaires a pour mission de contribuer à assurer aux étudiants une qualité d'accueil et de vie propice à la réussite de leur parcours de formation, notamment en matière de logement, aucune disposition législative ne fait obstacle à ce qu'un centre régional des œuvres universitaires et scolaires prévoie que la mise à disposition de logements étudiants, dont la durée de location ne peut excéder un an, prenne fin le 30 juin, ce qui correspond, en règle générale, à la fin de l'année de formation dispensée dans les établissements d'enseignement supérieur.

14. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 631-12-1 du code de la construction et de l'habitation permettent au gestionnaire d'une résidence universitaire qui n'est pas totalement occupée de louer les locaux inoccupés après le 31 décembre de chaque année pour des séjours d'une durée inférieure à trois mois s'achevant au plus tard le 1er octobre de l'année suivante. Si ces dispositions prévoient que cette faculté est susceptible de bénéficier, en particulier, aux publics reconnus prioritaires par l'Etat au sens de l'article L. 441-1 du même code, elles n'ont pas pour portée d'en réserver le bénéfice à ces publics et ne s'opposent pas, s'agissant de l'année universitaire 2023-2024, à ce que de tels locaux soient loués à l'Etat pour y loger des personnels mobilisés pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris de 2024.

15. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre législatif rappelé aux points précédents, et au vu du nombre de vacances constatées habituellement dans les résidences de son ressort pendant les mois de juillet et août, le CROUS de Versailles a décidé de mettre, du 1er juillet au 19 août 2024, les logements de trois résidences à disposition des personnels de l'Etat participant à l'organisation et au bon déroulement des Jeux Olympiques. La délibération attaquée prévoit la garantie, pour les étudiants de ces résidences en exprimant le souhait, d'être relogés dans une autre résidence pendant les mois de juillet et août, aux mêmes conditions tarifaires ou à des conditions plus favorables, d'obtenir le renouvellement de leur droit d'occupation pour l'année universitaire suivante, et enfin de bénéficier d'une aide de 100 euros. Au vu de l'existence de ces garanties, et alors d'une part qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne donne aux étudiants logés dans une résidence du CROUS un droit systématique ni à un bail de 12 mois couvrant la période de l'été, ni au renouvellement de leur droit d'occupation pour l'année universitaire suivante, et d'autre part que l'intérêt des étudiants commande leur regroupement dans des résidences qui leur sont dédiées, plutôt que leur cohabitation avec les personnels de l'Etat dont le rythme et les contraintes seront très différents, la délibération attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que l'association Syndicat solidaires étudiant.e.s et l'UNEF ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 7 novembre 2023.

Sur les frais liés au litige :

17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles R. 723-26-1 et R. 723-26-2 du code de la sécurité sociale.

D E C I D E :

Article 1er : Les interventions de la Fondation Abbé A, de la Fédération Droit au Logement et de la Ligue des droits de l'homme sont admises.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par le Syndicat solidaires étudiant-e-s, syndicat de luttes dans la requête n°2305654.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n°23056654 est rejeté.

Article 4 : La requête n°2400165 est rejetée.

Article 5 : Les conclusions présentées par le CROUS de Versailles au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles R. 723-26-1 et R. 723-26-2 du code de la sécurité sociale sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié au Syndicat solidaires étudiant-e-s, syndicat de luttes, à l'UNEF, au CROUS de Versailles, au CNOUS, à la Fondation Abbé A pour le logement des défavorisés, à la Fédération droit au logement et à l'Association ligue des droits de l'homme.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Ouardes, président,

- Mme Fejérdy, première conseillère,

- M. de Miguel, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

B. Fejérdy

Le président,

Signé

P. Ouardes

La greffière,

Signé

C. Benoit-Lamaitrie

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2-2400165

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