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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2305658

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2305658

vendredi 18 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2305658
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAMBA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Bertin, demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L.521-4 du code de justice administrative :

1°) de prendre toutes les mesures qu'il estimera utiles afin de faire exécuter les ordonnances n° 2208428 et n° 2301845 respectivement rendues le 30 novembre 2022 et le

11 avril 2023 par le tribunal administratif de Versailles ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de la convoquer afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.

Elle soutient que :

- par une première ordonnance n° 2208428 rendue le 30 novembre 2022, le juge des référés a enjoint au préfet de l'Essonne de la convoquer dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance, afin de lui permettre de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour ; le préfet de l'Essonne n'ayant pas exécuté cette ordonnance, par une deuxième ordonnance n° 2301845 rendue le 11 avril 2023, le juge des référés a enjoint au préfet de l'Essonne de la convoquer dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance et de lui verser la somme de 500 euros ; le préfet de l'Essonne n'a pas exécuté l'ordonnance alors qu'elle lui a demandé cette exécution par courrier du 20 juin 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, le préfet de l'Essonne, représenté par Me Samba, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les services préfectoraux ont convoqué la requérante le

22 septembre 2023 à 9 heures 45 et qu'ainsi la condition d'urgence n'est pas remplie.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 9 août 2023, Mme B A, représentée par Me Bertin, maintient ses conclusions tendant à l'application de l'article

L. 761-1 du Code de justice administrative.

Elle soutient que le juge administratif peut mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens du requérant même lorsqu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.521-4 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article

L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". Si l'exécution d'une ordonnance prise par le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut être recherchée dans les conditions définies par le livre IX du même code, et en particulier les articles L. 911-4 et L. 911-5, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l'exécution.

2. Par une ordonnance n° 2208428 du 30 novembre 2022, le juge des référés du tribunal de céans, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de l'Essonne de recevoir Mme A en vue de la régularisation de sa situation administrative, dans un délai maximum de deux mois à compter de la notification cette ordonnance. Par une ordonnance n° 2301845 du 11 avril 2023, le juge des référés du tribunal de céans, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L.521-4 du code de justice administrative, a enjoint au préfet de l'Essonne de recevoir Mme A dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance en vue de la régularisation de sa situation. Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de prendre toutes mesures utiles pour faire exécuter ces deux ordonnances et de la convoquer afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard. Le préfet de l'Essonne est réputé, en application des dispositions de l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative, avoir reçu la notification de l'ordonnance du 30 novembre 2022, mise à disposition par la juridiction le même jour sur l'application informatique " Télérecours ", le

2 décembre 2022 et celle du 11 avril 2023, le 14 avril 2023. Le délai imparti à l'administration pour exécuter cette dernière ordonnance expirait dès lors le 24 avril 2023.

3. Toutefois, il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté par la requérante que le préfet de l'Essonne l'a convoquée en préfecture le 22 septembre 2023 à 9 heures 45, pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Ainsi, alors même que les périodes d'exécution qui assortissent les injonctions qui ont été faites au préfet de l'Essonne par le juge des référés dans les ordonnances n° 2208428 et n° 2301845 ne peuvent pas être regardées, à la date de la présente ordonnance, comme respectées, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la présente requête tendant, sur le fondement de l'article L.521-4 du code de justice administrative, d'une part, à prendre toute mesure afin de faire exécuter ces deux ordonnances et, d'autre part, à enjoindre au préfet de l'Essonne de convoquer la requérante afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant, d'une part, à prendre toute mesure afin de faire exécuter les ordonnances n° 2208428 du 30 novembre 2022 et n° 2301845 du 11 avril 2023 du présent tribunal et, d'autre part, à enjoindre au préfet de l'Essonne de convoquer la requérante afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Versailles, le 18 août 2023.

La juge des référés,

signé

Naïla Boukheloua

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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