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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405861

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405861

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405861
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantYAHIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Yahia, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision en date du 20 juin 2024 du directeur de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Essonne portant suspension d'exercice dans le cadre conventionnel pour une durée de six mois ;

2°) de mettre à la charge de la CPAM de l'Essonne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite dès lors que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle ; le cabinet se trouve privé des deux principaux infirmiers qui réalisent la très grande majorité des soins et donc l'essentiel de la facturation ; la décision l'oblige à suspendre des soins auprès de patients chroniques ; son foyer qui comporte deux enfants se trouve privé de revenus ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors qu'elle est entachée d'un double vice de procédure, qu'elle est insuffisamment motivée et qu'elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation.

Vu :

- la requête au fond ;

- les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 18 juillet 2007 portant approbation de la convention nationale destinée à régir les rapports entre les infirmières et les infirmiers et les organismes d'assurance maladie ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

4. Pour établir l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige portant suspension d'exercice dans le cadre conventionnel, la requérante soutient que cette décision préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle, que le cabinet se trouve privé des deux principaux infirmiers qui réalisent la très grande majorité des soins et donc l'essentiel de la facturation, que la décision l'oblige à suspendre des soins auprès de patients chroniques et que son foyer qui comporte deux enfants se trouve privé de revenus ; Pour autant, la décision de déconventionnement n'a pas pour conséquence d'interdire à Mme A d'exercer toute activité professionnelle d'infirmière, faisant seulement obstacle à ce qu'elle continue d'exercer sa profession en statut libéral conventionné. S'agissant tant des revenus du cabinet que de ceux de son foyer, elle n'apporte pas suffisamment de justificatifs au soutien de ses allégations. Dans ces circonstances, en l'état du dossier et de l'argumentation de Mme A, la condition tenant à l'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite. Il résulte de ce qui précède que ses conclusions doivent être rejetées, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Versailles, le 15 juillet 2024,

Le juge des référés,

signé

P. Ouardes

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2405861

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