lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2410563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BOIARDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2024 M. A B, représenté par Me Boiardi, avocat désigné d'office, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de 3 ans, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office ;
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui a produit un mémoire en défense enregistré le 18 décembre 2024. Il conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens présentés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Brumeaux pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux article L. 921-1 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L. 922-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 décembre 2024 :
- le rapport de M. Brumeaux ;
- les observations de Me Boiardi, avocat désigné d'office, représentant M. A, présent. Elle conclut aux mêmes fins que la requête. Elle soutient que l'arrêté est insuffisamment motivé et qu'il n'a pas été précédé d'un examen sérieux de la situation de M. A. Celui-ci n'a plus d'attaches familiales en Autriche et il réside en France chez sa sœur. Il ne peut pas travailler en raison de l'interdiction de circulation dont il fait l'objet. La durée de l'interdiction de circuler est excessive.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant autrichien, né le 17 décembre 1993, est entré sur le territoire français au début de juin 2024 selon ses déclarations alors qu'il était frappé d'une interdiction de circulation sur le territoire français. A la suite de son interpellation le 14 juin 2024 en état d'ivresse sur un scooter volé, il a été condamné le 17 juin 2024 par la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire d'Evry à 22 mois d'emprisonnement pour vol en réunion, refus d'obtempérer et refus de se soumettre à des tests et analyses pour établir son état alcoolique et l'usage de stupéfiants. Il avait été condamné par la même juridiction à une peine de 12 mois d'emprisonnement le 16 novembre 2023 pour vol en réunion et récidive, par le tribunal correctionnel de Nanterre le 23 juin 2020 à 4 mois d'emprisonnement pour vol, par le tribunal correctionnel d'Evry le 28 février 2017, à 6 mois d'emprisonnent pour vol, par le même tribunal le 19 octobre 2016 à 6 mois d'emprisonnement pour vol, le 2 septembre 2015 et le 27 juin 2014 à 2 mois d'emprisonnement pour vol. En outre, du 6 mai 2015 au 16 juin 2022, M. A a fait l'objet de 22 signalements pour vol, conduite en état d'ivresse et recel. Par un arrêté du 4 décembre 2024, la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office. M. A, actuellement détenu au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société (.) ".
3. L'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A, ainsi que les éléments sur lesquels la préfète s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français sans délai, l'interdire de circuler sur le territoire français pour une durée de 3 ans, et pour fixer le pays de destination. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté.
4. Si le requérant soutient que la préfète n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A, entré en France pour la dernière fois début juin 2024, a été interpellé pour vol en réunion le 14 juin 2024. Sa situation personnelle a alors été examinée lors de l'audition du même jour, comme il ressort du procès-verbal. Par suite ce moyen doit être écarté.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6 Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté du 4 décembre 2024 porterait au droit de M. A, célibataire et sans enfants, au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. En effet, s'il fait valoir que ses frères et sœurs résident en France, il n'exerce pas d'activité professionnelle en France et n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Autriche, où réside sa mère. La préfète n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs la préfète n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation du requérant.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
7 Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ".
8 Si M. A soutient que la décision lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français est excessive, il ressort de ce qui a été exposé au point 6 sur sa situation familiale et professionnelle et au regard de la menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société que constitue la présence de l'intéressé, la préfète n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation en retenant la durée maximale d'interdiction à son encontre.
9 Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 décembre 2024 de la préfète de l'Essonne doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
M. Brumeaux Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026