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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2101335

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2101335

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2101335
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantFRANKLIN SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 avril 2021, 1er septembre 2021 et 25 avril 2022, sous le n° 2101335, la commune de Persan, l'association Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise (ROSO), la communauté de communes du Haut Val-d'Oise (CCHVO) et la commune de Bernes-sur-Oise, toutes représentées par Me Gentilhomme, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de la commune de Mesnil-en-Thelle a délivré à la société Cotrafi un permis de construire un bâtiment à usage de stockage, de bureaux administratifs et d'un logement de gardien, sur un terrain sis 4 route départementale et cadastré ZD n°54 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mesnil-en-Thelle une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- leur intérêt pour agir est établi ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé dès lors que les prescriptions du permis en litige ne sont pas motivées ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article AU 2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Mesnil-en-Thelle dès lors qu'il compromet irrémédiablement la poursuite de l'urbanisation de la zone d'activités " Quatre Rainettes " ; d'une part, il expose les parcelles cadastrées ZD n° s 30, 42 et 44 à des seuils d'effets irréversibles des fumées d'incendie des cellules n° 1 à 3 qui stockent des produits non dangereux ; d'autre part, il expose la parcelle cadastrée ZD n°30 à des bris de vitre en cas d'explosion de la chaufferie et en cas de survenance d'un incendie généralisé des cellules précitées ;

- il méconnaît l'article AU 4 du règlement du PLU dès lors que les eaux usées seront rejetées dans une installation d'assainissement non-collectif ;

- il méconnaît l'article AU 4 du règlement du PLU dès lors que les eaux pluviales seront traitées sur le terrain d'assiette du projet alors qu'elles pouvaient l'être dans le réseau des eaux pluviales existant ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article AU 10 du règlement du PLU qui limite la hauteur des constructions à 14 mètres ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-16 j) du code de l'urbanisme ; le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas une attestation de prise en compte de la règlementation thermique et l'article 5 de l'arrêté ne peut régulariser cette omission par l'édiction d'une prescription spéciale ; à supposer que l'attestation RT 2012 du 24 avril 2020 a été jointe au dossier de demande de permis de construire pour le bâtiment de bureaux et de logement en raison d'une température supérieure à 12° ainsi que le soutient la société Cotrafi, cette dernière ne justifie pas de la température des entrepôts de stockage les excluant du champ d'application de l'attestation précitée ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-16 a) du code de l'urbanisme dès lors que le contenu de l'étude d'impact sur les dangers créés par le projet en litige est insuffisant au regard de l'article R. 122-5 du code de l'environnement dès lors qu'elle renvoie à une étude de dangers qui est elle-même lacunaire sur le risque foudre, les compositions des fumées pouvant être produites en cas d'incendie et la chronologie des moyens d'extinction ainsi que sur l'effet domino des risques en raison de la proximité d'autres installations classées pour la protection de l'environnement ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juin 2021, 1er juillet 2021 et 28 mars 2022, la SAS Cotrafi, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérantes la somme de 30 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérantes n'établissent pas leur intérêt à agir ni leur qualité pour agir et ne justifient pas avoir notifié leur recours contentieux dans les conditions prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire, enregistré le 25 avril 2022, la SAS Cotrafi, représentée par Me Marchand, conclut à la condamnation solidaire des requérantes au paiement de la somme de 50 000 euros par mois d'instruction de la présente instance sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à leur charge solidaire la somme de 30 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la présentation de cette requête est abusive eu égard à l'inanité des moyens invoqués, à l'objectif poursuivi par les requérantes de geler le projet pendant le délai d'instruction et au préjudice résultant du report du projet de construction qui peut être évalué à 50 000 euros par mois d'instruction de la présente instance.

Par une ordonnance du 26 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 mai 2022.

Par une lettre du 27 mars 2023, les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le présent jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité au regard des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme des moyens nouveaux tirés de la méconnaissance par l'arrêté attaqué des articles R. 111-2 et R. 431-16 a) du code de l'urbanisme.

Le 31 mars 2023, la commune de Persan, l'association Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise (ROSO), la communauté de communes du Haut Val-d'Oise (CCHVO) et la commune de Bernes-sur-Oise ont présenté des observations sur ce moyen d'ordre public qui ont été communiquées le 3 avril 2023.

Par un courrier du 3 mai 2023, le tribunal a sollicité de la société Cotrafi, sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, la production des pièces du dossier du permis de construire.

Les pièces produites ont été enregistrées et communiquées le même jour.

La société Cotrafi a produit des mémoires complémentaires, enregistrés le 9 et 10 mai 2023, qui n'ont pas été communiqués.

La requête a été communiquée à la commune de Mesnil-en-Thelle, qui n'a pas produit d'observations en défense.

II - Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2021, sous le n° 2102334, la société par actions simplifiées (SAS) Guisset Conseil, l'association syndicale libre de la ZAC dite " les Quatre rainettes ", la société à responsabilité limitée (SARL) SFQR, la SAS Cercle Vert et la SAS Ladougne, toutes représentées par Me Guinot, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire la commune de Mesnil-en-Thelle a délivré à la société Cotrafi un permis de construire un bâtiment à usage de stockage, de bureaux administratifs et d'un logement de gardien, sur un terrain sis 4 route départementale cadastré ZD n°54, ensemble la décision du 5 mai 2021 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mesnil-en-Thelle une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- leur intérêt pour agir est établi ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme en raison de l'insuffisance de la notice de présentation et de ses contradictions avec le plan de masse ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme en raison de l'insuffisance du document graphique d'insertion ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-16 j) du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas l'attestation relative à la prise en compte de la règlementation thermique ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas le dossier relatif aux règles d'accessibilité et celui relatif aux règles de sécurité requis au titre des établissements recevant du public pour le bâtiment secondaire du projet ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-16 a) du code de l'urbanisme dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'étude d'impact contenue dans le dossier d'évaluation environnementale présentée par la société Victor Martinet ;

- à supposer que l'étude d'impact a été jointe au dossier de demande de permis de construire, son contenu était insuffisant ; elle a indiqué, à tort, que le projet relevait du statut " Seveso seuil haut ", ce qui a engendré une instruction de l'autorisation de construire sur la base d'une information erronée ; la description des incidences environnementales résultant de chaque phase de travaux n'est pas proportionnée à la nature et à l'importance des travaux en méconnaissance des dispositions de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ; les effets négatifs du projet sur l'économie agricole n'ont pas été suffisamment analysés ; l'étude d'impact est silencieuse sur les effets directs et indirects de la présence de produits toxiques dans l'entrepôt pour la santé des salariés, sur les mesures de protection des eaux en cas de rejets aqueux et sur les effets possibles de la plateforme sur les cultures agricoles avoisinantes ; l'étude d'impact réalisée en 2018 se fonde sur des études de 2017, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 122-5 précité qui imposent une étude des incidences sur l'état actuel de l'environnement ;

- alors que le projet relève de la rubrique n°39 du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'urbanisme relatif aux travaux créant une surface de plancher de plus de 10 000 m², il n'a pas fait l'objet d'une demande d'examen au cas par cas, en méconnaissance de l'article R. 431-16, a) du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas assorti de prescriptions spéciales relatives au diagnostic archéologique du projet ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme dès lors qu'il ne comporte pas de prescriptions relatives aux " mesures d'accompagnement renforcé " en vue de protéger l'avifaune durant les travaux ;

- il méconnaît l'article AU 2 du règlement du PLU de Mesnil-en-Thelle dès lors que le projet en litige remet en cause la poursuite du développement des activités économiques dans la zone d'activités " Les Quatre Rainettes " ;

- il méconnaît l'article AU 3 du règlement du PLU précité dès lors que le terrain d'assiette n'est pas desservi par une voie équipée conforme aux dispositions du PLU, et que le projet ne comporte qu'un unique accès commun aux poids lourds et aux véhicules légers ne permettant pas d'assurer la sécurité de l'accès au site ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article AU 4 du règlement du PLU précité dès lors qu'il autorise le raccordement du projet à l'installation d'un assainissement autonome pour le rejet des eaux usées ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article AU 10 du règlement du PLU précité dès lors que la hauteur du bâtiment principal, qui doit être calculée en incluant la partie des différents murs " REI " dépassant la toiture d'un mètre, excède la hauteur maximale autorisée de 14 mètres ;

- il méconnaît les dispositions de l'article AU 11 du PLU et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- le projet contrevient, en raison de ses dimensions, à l'orientation du projet d'aménagement et de développement durable (PADD) du PLU visant à éviter une consommation de l'espace non maitrisée ;

- il méconnaît les dispositions applicables en secteur 1 AUe de l'article AU 13 du règlement du PLU précité ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L.111-11 du code de l'urbanisme dès lors que le maire ne pouvait légalement mettre à la charge du pétitionnaire la prise en charge financière des travaux d'extension du réseau public d'électricité nécessités par le projet, après que la commune a refusé de prendre en charge ces travaux ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 142-1 et R. 142-12 du code de l'urbanisme dès lors que le permis attaqué est incompatible avec le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du Pays de Thelle approuvé le 29 juin 2006, visant à favoriser l'implantation d'activités " non nuisantes ".

Par un mémoire en défense, enregistrés le 4 octobre 2021, la SAS Cotrafi, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête, à la condamnation solidaire des requérantes au paiement de la somme de 50 000 euros par mois d'instruction de la présente instance sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et à ce que soit mise à leur charge solidaire la somme de 30 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'aucune des requérantes ne justifie de son intérêt pour agir, et que le représentant de l'association syndicale libre de la ZAC dite " les Quatre rainettes " n'établit pas non plus sa qualité pour ester en justice ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 21 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 novembre 2022.

Par un courrier du 8 mars 2023, le tribunal a sollicité de la société Cotrafi, sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, la production des versions intégrales des différents plans de coupe et/ou de façade du bâtiment.

La pièce produite, enregistrée le 9 mars 2023, a été communiquée le 10 mars suivant.

Par un courrier du 24 mars 2023, le tribunal a sollicité de la société Cotrafi, sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, la production de l'avis du SDIS et de l'intégralité du bordereau de dépôt des pièces jointes à la demande du permis de construire attaqué.

La pièce produite, enregistrée le 27 mars 2023, a été communiquée le 26 avril suivant.

Par un courrier du 24 mars 2023, le tribunal a sollicité des requérantes, sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, la production de l'avis du SDIS.

La pièce produite, enregistrée le 27 mars 2023, a été communiquée le 26 avril suivant.

La société Cotrafi a produit des mémoires, enregistrés les 9 et 10 mai 2023, qui n'ont pas été communiqués.

La requête a été communiquée à la commune de Mesnil-en-Thelle, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,

- les observations de Me Guranna substituant Me Gentilhomme, représentant la commune de Persan, l'association ROSO, la CCHVO et la commune de Bernes-sur-Oise ;

- et les observations de Me Marchand, représentant la société Cotrafi.

Une note en délibéré a été produite pour la commune de Persan, l'association ROSO, la CCHVO et la commune de Bernes-sur-Oise le 11 mai 2023 dans l'instance n° 2101335.

Des notes en délibéré ont été produites pour la société Cotrafi le 14 mai 2023 dans les instances n°2101335 et 2102334.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 15 février 2021, le maire de la commune de Mesnil-en-Thelle (Oise) a délivré à la société Cotrafi un permis de construire un bâtiment à usage de stockage, de bureaux administratifs et d'un logement de gardien, sur un terrain sis 4 route départementale à Mesnil-en-Thelle, cadastré ZD n°54. Par la requête enregistrée sous le n° 2101335, la commune de Persan, l'association Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise (ROSO), la communauté de communes du Haut Val-d'Oise (CCHVO) et la commune de Bernes-sur-Oise demandent l'annulation de cet arrêté. Par la requête enregistrée sous le n° 2102334, la société par actions simplifiées (SAS) Guisset Conseil, l'association syndicale libre de la ZAC dite " les Quatre rainettes ", la société à responsabilité limitée (SARL) SFQR, la SAS Cercle Vert et la SAS Ladougne demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que la décision du 5 mai 2021 portant rejet de leur recours gracieux.

2. Les requêtes n° s 2101335 et 2102334 concernent la légalité de l'arrêté du 15 février 2021 portant autorisation de construire cité au point 1, présentent à juger des questions semblables, et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

En ce qui concerne l'intérêt pour agir et la capacité à ester en justice des requérantes :

S'agissant de la commune de Persan :

3. D'une part, la commune de Persan, qui est voisine de la commune de Mesnil-en-Thelle, soutient que le projet en litige, qui est une installation classée pour la protection de l'environnement également classée Seveso seuil bas, est de nature à avoir une incidence sur son territoire, notamment sur l'application de la règlementation d'urbanisme en zone UG de son plan local d'urbanisme (PLU). Cette zone autorise des constructions à destination principale d'habitation de type pavillonnaire et interdit, à l'article UG1, notamment les constructions à usage industrielle soumises à autorisation au titre de la législation sur les installations classées ainsi que les constructions destinées à la fonction d'entrepôt. Or, il n'est pas contesté que l'habitation la plus proche du site est située sur le territoire de la commune de Persan, à 230 mètres du site d'exploitation en litige. La commune fait également valoir que le projet entraînera l'augmentation du trafic routier sur la RD 4, qui constitue un axe important de la commune. Par suite, la commune de Persan justifie, compte tenu des incidences du projet sur son territoire, d'un intérêt suffisant lui donnant qualité pour demander l'annulation du permis de construire attaqué.

4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que par une délibération n°14-2020 du 23 mai 2020, le conseil municipal de la commune de Persan a délégué au maire, sur le fondement des articles L. 2122-22 et L. 2122-23 du code général des collectivités territoriales (CGCT) le pouvoir d'intenter au nom de la commune, toutes les actions en justice, que ce soit en défense, en demande ou en intervention, devant toutes les juridictions, qu'elles soient pénales, civiles, administratives, financières ou arbitrales. Ainsi, le maire de Persan justifie de sa qualité à ester en justice au nom de la commune à l'encontre du permis de construire attaqué. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'un intérêt à agir et de la capacité à ester en justice de la commune de Persan contre le permis de construire attaqué, opposée par la société Cotrafi doit être écartée.

S'agissant de l'association Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise (ROSO):

5. Aux termes de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme : " Une association n'est recevable à agir contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation des sols que si le dépôt des statuts de l'association en préfecture est intervenu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".

6. Aux termes de l'article 2 des statuts de l'association ROSO déclarés en préfecture le 16 décembre 1975, publiés au Journal officiel le 22 janvier 1976 et mis à jour les 20 novembre 1992, 19 mars 1994, 16 décembre 1994, 17 novembre 1995, 10 octobre 1998, mai 1999, septembre 1999, 20 mars 2004, 17 mars 2007, 27 mars 2010, 5 avril 2014 et 26 septembre 2020 : " buts et moyens du regroupement : () - maintenir la qualité du cadre de vie ainsi que la protection de la nature, de la biodiversité et du patrimoine. - lutte contre toutes les atteintes à l'environnement et à la santé humaine par les pollutions de nature biologique, physique, chimique ou radiologique pouvant avoir des conséquences toxicologiques et éco-toxicologiques sur la santé de l'homme et de son environnement. () Ester en justice tant seul qu'en appui des membres actifs contre toute atteinte aux buts défendus par le regroupement () Et, généralement, protéger la nature et le cadre de vie par tous moyens et toutes interventions utiles () ". Selon l'article 12 des mêmes statuts relatifs au rôle du conseil d'administration : " le conseil d'administration a notamment compétence : () pour approuver les actions contentieuses engagées par le président. () ". Selon l'article 13 de ces statuts : " Le président () représente le regroupement dans tous les actes de la vie civile et est investi de tous pouvoirs à cet effet () est notamment qualifié pour ester en justice au nom du regroupement, tant en demande qu'en défense () ".

7. Compte-tenu de son objet statutaire, l'association ROSO, dispose d'un intérêt suffisamment direct et certain à contester l'arrêté du 15 février 2021. A cet égard, les mentions des statuts qui ont fait l'objet de la dernière mise à jour sont matérialisés en rouge et ne concernent pas l'article portant sur l'objet social de l'association. Ainsi, à supposer même que cet article ait été modifié lors de l'avant-dernière mise à jour, le 5 avril 2014, le dépôt des statuts de l'association en préfecture intégrant cette modification a nécessairement eu lieu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. En outre, le président de l'association ROSO est habilité à ester en justice en vertu de l'article 13 des statuts, et par une délibération du 6 février 2021, le conseil d'administration a approuvé la décision du président de l'association ROSO de former un recours contentieux contre le permis de construire délivré à la société Cotrafi, conformément à l'article 12 des statuts. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir et de la qualité à ester en justice de l'association ROSO doit être écartée.

S'agissant de l'intérêt à agir de la société Cercle Vert :

8. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

9. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.

10. D'autre part, eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

11. Il ressort des pièces du dossier que selon un bail de sous-location commerciale valable jusqu'au 31 août 2024, la société Cercle Vert est occupante de la parcelle cadastrée ZD n°69, qui jouxte la parcelle ZD n°54. Cette parcelle ZD 69 étant comprise dans le périmètre de seuils d'effets irréversibles en cas d'accident survenant dans l'installation de stockage en litige, le projet est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien. Ainsi, la société Cercle Vert dispose d'un intérêt suffisamment direct et certain à contester l'arrêté du 15 février 2021 et la décision de rejet du recours gracieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir de la société Cercle Vert doit être écartée.

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme opposée dans la requête n°2101335 :

12. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de () de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. (). L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. (). / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que la requête n°2101335 a été notifiée le 20 avril 2021 par courriers recommandés avec accusés de réception au maire de la commune de Mesnil-en-Thelle et à la société Cotrafi. Ainsi, l'ensemble des formalités imposées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ayant été accomplies, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée par la société Cotrafi.

14. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'intérêt pour agir de la CCHVO, de la commune de Bernes-sur-Oise, de l'association syndicale libre de la ZAC dite " les Quatre rainettes ", de la société SFQR, de la société Guisset Conseil, et de la société Ladougne, que la société Cotrafi n'est pas fondée à soutenir que les requêtes enregistrées sous les n° 2101335 et 2102334 sont irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

15. En premier lieu, aux termes de l'article AU 4 du règlement du PLU de Mesnil-en-Thelle relatif à la desserte par les réseaux : " II-Assainissement / 1. Eaux usées : / Toute construction ou installation doit être raccordée au réseau collectif d'assainissement en respectant ses caractéristiques. / Tout déversement d'eaux usées autres que domestiques dans les égouts publics doit se faire dans les conditions prévues par l'article 1331-10 du code de la Santé Publique et par l'article R. 111-12 du Code de l'Urbanisme. () 2. Eaux pluviales : / Les eaux pluviales doivent être dirigées vers un dispositif de traitement. En l'absence de réseau ou en cas de réseau insuffisant, les eaux pluviales doivent être traitées à la parcelle () ".

16. D'une part, il ressort des termes de l'article AU4 du règlement précité que les eaux usées doivent obligatoirement être rejetées dans un réseau collectif d'assainissement et que les auteurs du règlement n'ont entendu prévoir aucune dérogation.

17. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué, notamment de son article 8, que le projet prévoit une installation d'assainissement autonome. S'il résulte des avis de la société Suez du 24 décembre 2020 et de la société Véolia du 1er février 2021 qu'un réseau collectif d'assainissement des eaux usées existe au sein de la zone d'activité des Quatre Rainettes, la société Cotrafi fait valoir en défense qu'elle a été contrainte de prévoir l'installation d'un assainissement autonome, faute d'avoir pu obtenir l'accord des propriétaires du réseau appartenant à la zone d'activité précitée pour procéder au raccordement de son projet au réseau d'assainissement. Toutefois, contrairement à ce que soutient la société Cotrafi, le point 1 de l'article AU 4 ne prévoit aucune dérogation à l'obligation de raccordement des eaux usées à un réseau collectif d'assainissement. Dans ces conditions, les requérantes sont fondées à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article AU 4 du règlement du PLU de Mesnil-en-Thelle.

18. En second lieu, aux termes de l'article AU10 du règlement du PLU de Mesnil-en-Thelle relatif à la hauteur maximale des constructions : " Définition de la hauteur au faîtage : la hauteur des constructions est mesurée à partir du sol naturel (avant travaux) jusqu'au sommet du bâtiment. Les ouvrages indispensables et de faible emprise, tels que souches de cheminée et de ventilation, locaux techniques d'ascenseurs, garde-corps, acrotère, etc., ne sont pas pris en compte pour la détermination de la hauteur. / Dans le secteur 1AUe : La hauteur maximale de toute construction est limitée à 14m au faîtage. / Un dépassement de la hauteur maximale peut être autorisée pour des raisons techniques ou fonctionnelles lorsqu'il est rendu nécessaire par l'activité : élévateur, trémie, moteur électrique, gaine technique, bande de transport, colonne d'aération, cheminée, réservoir, etc./ Ces dispositions ne s'appliquent pas pour les équipements publics ou d'intérêt collectif (constructions, ouvrages, installations) si des contraintes techniques ou fonctionnelles le justifient ".

19. Il ressort des pièces du dossier et notamment du plan de façade Nord-Est et des profils d'insertion précisant la hauteur du terrain naturel qu'au niveau de l'angle Est de l'entrepôt, la façade Nord-Est du bâtiment présente une hauteur supérieure à 14 mètres, cette hauteur devant être déterminée entre le terrain naturel et le sommet du bâtiment. Ce dépassement concerne également une partie du premier mur REI 120 en partant de l'angle Est du bâtiment, dans sa partie la plus proche de la façade Nord-Est. La société Victor Martinet soutient que la hauteur du bâtiment reste néanmoins inférieure à 14 mètres, car les façades sont surmontées d'acrotères d'une hauteur de 1 mètre dépassant du faitage, acrotères devant selon elle être exclus du calcul de la hauteur du bâtiment. Si le profil d'insertion et la coupe AA mentionnent un " acrotère formant garde-corps " dépassant d'un mètre le point le plus haut de la toiture, il résulte du plan de façade Nord-Est que la partie sommitale de la façade n'est pas distincte du reste de la façade et ne constitue ni un acrotère ni un garde-corps. Par suite, ni cette partie de façade, ni le sommet du mur REI 120 dépassant de la toiture ne constituent des ouvrages de faible emprise au sens des dispositions précitées, et ces éléments ne peuvent être exclus du calcul de la hauteur du bâtiment. Dans ces conditions, les requérantes sont fondées à soutenir que le projet, sur la façade Nord-Est et pour une partie du mur REI 120 précité, excède la hauteur maximale de 14 mètres au faîtage fixée l'article AU10 du règlement du PLU de Mesnil-en-Thelle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être accueilli.

20. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de la décision attaquée.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

21. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

22. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé en vertu de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il résulte des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, éclairés par les travaux parlementaires, que, lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge administratif doit, en application de l'article L. 600-5-1, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation.

23. Si le vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article AU 10 du règlement du PLU de Mesnil-en-Thelle est régularisable, celui tiré de la méconnaissance de l'article AU 4 du même règlement relevé au point 17 n'est pas régularisable, dès lors que la société Cotrafi indique être dans l'impossibilité de raccorder la construction au réseau d'assainissement collectif existant dans la zone d'activité des Quatre Rainettes, faute d'avoir obtenu l'accord des propriétaires de ce réseau, et que l'article AU 4 du règlement précité ne prévoit aucune dérogation à l'obligation pour toute construction de se raccorder au réseau d'assainissement collectif. Ainsi, il ne peut être fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

24. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du maire de la commune de Mesnil-en-Thelle du 15 février 2021 doit être annulé ainsi que la décision du 5 mai 2021 portant rejet du recours gracieux formé par la société Guisset Conseil, l'association syndicale libre de la ZAC dite les Quatre rainettes , la société SFQR, la société Cercle Vert et la société Ladougne.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par la société Cotrafi tendant à l'application des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

25. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. ".

26. L'arrêté attaqué du maire de la commune de Mesnil-en-Thelle du 15 février 2021 ainsi que la décision du 5 mai 2021 portant rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté par la société Guisset Conseil, l'association syndicale libre de la ZAC dite " les Quatre rainettes ", la société SFQR, la société Cercle Vert et la société Ladougne doivent être annulés ainsi qu'il a été dit au point 24. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par la société Cotrafi sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

27. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mesnil-en-Thelle une somme globale de 1 500 euros à verser aux requérantes dans l'instance n°2101335 et une somme globale de 1 500 euros à verser aux requérantes dans l'instance n°2102334, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les conclusions de la société Cotrafi, partie perdante dans la présente instance, formulées au titre des mêmes dispositions, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 15 février 2021 par lequel le maire de la commune de Mesnil-en-Thelle a délivré à la société Cotrafi un permis de construire pour la construction d'un bâtiment à usage de stockage en rez-de-chaussée ainsi que des bureaux administratifs en R+1 et la création d'un logement de gardien est annulé, ensemble la décision du 5 mai 2021 portant rejet du recours gracieux de la société Guisset Conseil et autres.

Article 2 : La commune de Mesnil-en-Thelle versera à la commune de Persan, à l'association Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise, à la communauté de communes du Haut Val-d'Oise et à la commune de Bernes-sur-Oise une somme globale de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La commune de Mesnil-en-Thelle versera à la SAS Guisset Conseil, à l'association syndicale libre de la ZAC dite " les Quatre rainettes ", à la SARL SFQR, à la SAS Cercle Vert, à la SAS Ladougne la somme globale de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la société Cotrafi sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.

Articles 5 : Les conclusions présentées par la société Cotrafi sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Persan, représentante unique dans l'instance n°2101335 en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la société Guisset Conseil, représentante unique dans l'instance n°2102334, à la commune de Mesnil-en-Thelle et à la société Cotrafi.

Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Beauvais en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

Mme Pellerin, première conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

signé

C. Pellerin

La présidente,

signé

C. Galle Le greffier,

signé

J.F. Langlois

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2101335 et 2102334

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