jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 12 novembre 2020 et 1er mars 2021 par lesquelles l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service des maladies de l'épaule droite dont il est atteint, les décisions des 6 janvier 2020, 20 janvier 2020, 10 février 2020, 6 mars 2020, 2 avril 2020, 4 avril 2020, 2 juin 2020, 2 septembre 2020, 28 septembre 2020, 12 novembre 2020, 5 décembre 2020, 6 janvier 2021 et 3 mars 2021 le plaçant en congé maladie ordinaire ou à deux tiers de traitement et les décisions des 3 mars et 21 septembre 2021 le plaçant en disponibilité d'office ;
2°) d'enjoindre à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle de le placer en position de congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le directeur de l'établissement s'est mépris sur l'étendue de sa compétence en se croyant lié par les avis émis par la commission de réforme ;
- la commission de réforme était irrégulièrement composée les 22 octobre 2020 et 18 février 2021 et elle aurait dû comprendre un médecin spécialisé ;
- les maladies dont il est affecté au niveau de son épaule droite sont imputables au service et justifient qu'il soit placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
- l'établissement n'a pas respecté ses obligations en matière de reclassement avant de le placer en disponibilité d'office ;
- l'ensemble des décisions contestées doivent être annulées par voie de conséquences de l'annulation des décisions ayant refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de ses maladies.
Une mise en demeure a été adressée le 29 juin 2023 à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle qui n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 26 octobres 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988.
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boutou,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Homehr, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, aide-soignant au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle a été placé en congé maladie à compter du 3 janvier 2020 à raison d'une tendinopathie de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite. L'établissement a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de cette maladie par une décision du 12 novembre 2020. Après réexamen de sa situation, ayant fait apparaitre en plus de cette affection initiale, une tendinopathie du long biceps, l'établissement a maintenu ce refus par une seconde décision du 1er mars 2021. En conséquence et par treize décisions successives, l'intéressé a été placé en congé maladie ordinaire puis à deux tiers de traitement. Il a été placé en disponibilité d'office pour épuisement des droits à congé par des décisions des 3 mars et 21 septembre 2021. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions des 12 novembre 2020 et 1er mars 2021 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service des maladies de M. B :
2. Il ressort des termes mêmes des décisions des 12 novembre 2020 et 1er mars 2021 que le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle s'est cru, à tort, lié par les avis rendus par la commission de réforme les 22 octobre 2020 et 18 février 2021 pour refuser de reconnaitre l'imputabilité aux services des maladies de M. B dès lors qu'il expose que ce refus est prononcé " en conséquence " de ces avis.
3. Par suite, M. B est fondé à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête présentés à l'encontre de ces deux décisions.
En ce qui concerne les décisions plaçant M. B en congé maladie ordinaire, à deux tiers de traitement :
4. Compte-tenu de ce qui vient d'être dit, M. B est fondé à demander que les décisions le plaçant à deux tiers de traitement prises à compter du 12 novembre 2020 soient annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions refusant de reconnaitre l'imputabilité au service des maladies dont il est atteint. En revanche, l'annulation prononcée par le présent jugement des décisions des 12 novembre 2020 et 1er mars 2021 n'implique pas que soient annulées par voie de conséquences les décisions antérieures des 6 janvier 2020, 20 janvier 2020, 10 février 2020, 6 mars 2020, 2 avril 2020, 4 avril 2020, 2 juin 2020, 2 septembre 2020, 28 septembre 2020 plaçant l'intéressé en congé maladie ordinaire ou à deux-tiers de traitement.
En ce qui concerne les décisions des 3 mars et 21 septembre 2021 plaçant M. B en disponibilité d'office :
5. Aux termes de l'article 71 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur et dans sa rédaction applicable : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état de santé, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état de santé. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps ou cadre d'emplois en priorité dans leur administration d'origine ou à défaut dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. / Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. Par dérogation, la procédure de reclassement peut être engagée en l'absence de demande de l'intéressé. Ce dernier dispose en ce cas de voies de recours. ". Aux termes de l'article 29 du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition : " La mise en disponibilité d'office prévue à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2°, au premier alinéa du 3° et au 4° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée ne peut être prononcée que s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues par la section 3 du chapitre V de cette loi. () ".
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que lorsqu'un fonctionnaire a été, à l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie, reconnu inapte à la reprise des fonctions qu'il occupait antérieurement et alors que le comité médical ne s'est pas prononcé sur sa capacité à occuper, par voie de réaffectation, de détachement ou de reclassement, un autre emploi, éventuellement dans un autre corps ou un autre grade, l'autorité hiérarchique ne peut placer cet agent en disponibilité d'office sans l'avoir préalablement invité à présenter, s'il le souhaite, une demande de reclassement. La mise en disponibilité d'office peut ensuite être prononcée, soit en l'absence d'une telle demande, soit si cette dernière ne peut être immédiatement satisfaite.
7. M. B a été placé en disponibilité d'office à raison de l'épuisement de ses droits à congé à compter du 3 janvier 2021 par une décision du 3 mars 2021. Cette disponibilité a été reconduite par une décision du 21 septembre 2021. M. B soutient qu'aucune recherche de reclassement n'a été faite préalablement à ces décisions et qu'il a spontanément présenté une demande en ce sens le 5 octobre 2021, postérieurement à sa mise en disponibilité, qui a d'ailleurs été refusée.
8. A cet égard, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Une copie de la requête de M. B a été communiquée le 17 novembre 2021 à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle qui a été mis en demeure le 29 juin 2023 de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure est demeurée sans effet. L'inexactitude des faits allégués par M. B ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle doit être réputé avoir admis leur exactitude matérielle conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative.
9. Par suite, en plaçant M. B en disponibilité d'office sans l'inviter à présenter une demande de reclassement, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle a méconnu les dispositions précitées de l'article 29 du décret du 13 octobre 1988 et entaché ses décisions des 3 mars et 21 septembre 2021 d'illégalité.
10. Par suite, M. B est fondé à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen présenté contre elles.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Les annulations prononcées par le présent jugement, compte-tenu des motifs qui les fondent, n'impliquent pas nécessairement que les maladies de M. B soient reconnues imputables au service et qu'il soit en conséquence placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service comme il le demande. En revanche, elles impliquent que l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle se prononce à nouveau sur la demande de reconnaissance de leur imputabilité au service et sur les droits à congés en découlant de M. B. Il y a lieu d'enjoindre à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle de procéder à ce nouvel examen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle des 12 novembre 2020 et 1er mars 2021 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service des maladies de M. B, les décisions des 12 novembre 2020, 5 décembre 2020, 6 janvier 2021 et 3 mars 2021 le plaçant à deux tiers de traitement et les décisions des 3 mars et 21 septembre 2021 le plaçant en disponibilité d'office sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle de se prononcer à nouveau sur la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service des maladies de M. B et sur ses droits à congés en découlant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle versera la somme de 1 500 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Résidence du Parc " de Nesle.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
M. Menet, premier conseiller,
Mme Parisi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
B. Boutou
L'assesseur le plus ancien,
Signé
M. MenetLa greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026