vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2204061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2022, par lequel le préfet de la Somme a refusé de renouveler son titre de séjour mention "étudiant", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour mention "étudiant", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant ce délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de lui un délivrer le titre séjour est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il justifie d'une progression dans ses études, que le rythme de sa progression n'a jusqu'alors pas empêché le renouvellement de ses titres de séjour mention "étudiant" ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors il aurait pour effet de lui faire perdre le bénéfice de cinq années d'études, alors qu'il ne lui reste que six mois pour obtenir un diplôme ;
- l'obligation de quitter le territoire français le prive de la possibilité de passer le diplôme qu'il prépare depuis cinq ans ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il vit avec sa compagne depuis mai 2020 ;
- le refus de lui octroyer un délai supérieur à trente jours est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il justifie de circonstances particulières, en raison de la brièveté du délai à courir jusqu'à ses examens.
Le préfet de la Somme a produit des pièces, le 31 janvier 2023, qui n'ont pas été communiquées.
Le requérant a produit des pièces, le 1er février 2023, qui n'ont pas été communiquées.
Par ordonnance du 16 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er février 2023, à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo, né le 17 avril 1997, est entré en France le 18 septembre 2017, sous couvert d'un visa long séjour étudiant. Le 20 octobre 2022, il a sollicité le renouvellement du titre de séjour étudiant délivré le 26 novembre 2021. Par un arrêté du 30 novembre 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour portant la mention "étudiant", d'apprécier si le demandeur peut être regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné au caractère réel et sérieux, ainsi qu'à la progression des études poursuivies.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B, entré en France le
18 septembre 2017, sous couvert d'un visa étudiant, a validé les deux premières années de licence en sciences pour la santé entre 2017 et 2020. Si l'intéressé a pu justifier d'une progression dans ses études jusqu'en 2020, il n'en va en revanche plus de même depuis son inscription, à la rentrée universitaire de 2020, en troisième année de ce même cursus, dont il a été ajourné à deux reprises. Les certificats de scolarité que se borne à produire M. B, et qui attestent de ses inscriptions successives à l'université de Picardie Jules Verne, ne sont de nature à établir, à eux seuls, ni du caractère réel et sérieux de ses études, ni de leur progression. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis d'erreur d'appréciation en refusant de renouveler son titre de séjour étudiant.
4. En deuxième lieu, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le refus de renouveler son titre de séjour étudiant aurait pour effet de lui faire perdre, à six mois de l'obtention du diplôme de licence, le bénéfice de cinq années d'études, alors même que le cursus dans lequel il est inscrit sanctionne trois années d'études et qu'il a échoué à deux reprises à valider la troisième année de ce diplôme. Par suite, le refus de renouvellement de son titre de séjour n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
6. M. B, qui réside sur le territoire français depuis le 18 septembre 2017, justifie de plusieurs certificats de travail depuis le mois de septembre 2020, sans toutefois que ces éléments ne traduisent d'une relation d'emploi particulièrement stable ou ancienne. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier qu'il mène une vie commune avec sa compagne depuis le mois d'avril 2021, cette relation est assez récente. Dans ces conditions, M. B, qui n'a pas d'enfant et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en République démocratique du Congo, où résident ses parents et où il a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Somme aurait porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français.
7. Ainsi qu'il a été exposé au point 4 du présent jugement, M. B, qui a été ajourné à deux reprises aux examens validant la troisième année de sa formation, ne démontre pas avoir des sérieuses chances de valider sa troisième année de licence. Par ailleurs, s'il soutient ne pas pouvoir poursuivre ses études en République démocratique du Congo, il ne le démontre pas. Le préfet n'a, par suite, pas commis d'erreur manifeste en obligeant le requérant à quitter le territoire français.
8. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas () ".
9. Le préfet de la Somme n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que M. B ne faisait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé, dès lors notamment qu'il n'est pas justifié de la brièveté particulière du délai entre la mesure d'éloignement et la période des examens.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 8 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Richard, premier conseiller,
- Mme Rondepierre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026