jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300001 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 janvier 2023, Mme C D agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure B E, représentée par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'acte du 3 novembre 2022 par lequel l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a refusé d'examiner la demande d'asile de l'enfant B E ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de procéder à l'examen de la demande d'asile de l'enfant B E ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- les tribunaux administratifs sont seuls compétents pour statuer sur la décision de refus d'examen d'une demande d'asile du directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
- la demande d'asile de l'enfant B E a été déposée postérieurement à l'audience du 1er février 2022 concernant sa propre demande d'asile, de sorte que la décision de la Cour nationale du droit d'asile du 22 février 2022 n'a pu statuer sur la demande de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que l'acte concerné n'est pas une décision et que si tel était le cas seule la Cour nationale du droit d'asile pourrait statuer sur la demande d'asile de l'enfant B E et subsidiairement qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par décision du 8 mars 2023, le bureau d'aide juridictionnelle s'est déclaré incompétent et a renvoyé devant le bureau d'aide juridictionnelle de la Cour nationale du droit d'asile, la demande d'aide juridictionnelle formée par Mme D agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure B E.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Homehr pour Mme D agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure B E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante congolaise, née le 27 septembre 1987, a déposé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 1er septembre 2019. L'intéressée a donné naissance à l'enfant B E le 10 juillet 2021.
2. Par décision du 17 septembre 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande précitée. La Cour nationale du droit d'asile a confirmé cette décision le 22 juillet 2022. Auparavant, le 7 juillet 2022, Mme D avait déposé une demande d'asile pour sa fille auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
3. Par courriel du 3 novembre 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a informé une intervenante sociale de ce que la décision précitée de la Cour nationale du droit d'asile avait statué sur la demande d'asile de l'enfant B E et qu'il appartenait à la mère, si elle entendait soumettre une nouvelle demande d'asile, d'entamer une procédure de réexamen. Par la présente requête, Mme D, agissant en qualité de représentante légale de l'enfant B E demande l'annulation de cet acte.
4. Aux termes de l'article L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La Cour nationale du droit d'asile, dont la nature, les missions et l'organisation sont notamment définies au titre III du livre I, statue sur les recours formés contre les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides prises en application des articles L. 511-1 à L. 511-8, L. 512-1 à L. 512-3, L. 513-1 à L. 513-5, L. 531-1 à L. 531-35, L. 531-41 et L. 531-42 ". Les tribunaux administratifs sont compétents pour connaître des recours contre les décisions prises par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides prises sur le fondement des articles L. 531-36 à L. 531-40 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, elle est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants ".
6. A ressort des pièces du dossier que par l'acte en litige, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'a pas refusé l'examen de la demande d'asile de l'enfant B E sur le fondement des articles L. 531-36 à L. 531-40 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais a indiqué qu'il avait déjà été statué sur cette demande par la décision de la Cour nationale du droit d'asile du 22 juillet 2022.
7. Ainsi, la contestation de cet acte ne relève pas de la compétence de la présente juridiction mais de celle de la Cour nationale du droit d'asile. Il y a donc lieu de transmettre la requête à cette juridiction.
D É C I D E :
Article 1 er : Le dossier de la requête présentée par Mme D agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure B E est transmis à la Cour nationale du droit d'asile.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure B E, à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, à Me Homehr et à la Cour nationale du droit d'asile.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
M. Menet, premier conseiller,
Mme Parisi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition le 22 février 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2300001
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026