jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303442 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NZAMBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me Nzamba, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui communiquer une date de rendez-vous pour déposer son dossier en vue d'un renouvellement de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence et d'utilité est remplie, dès lors que son titre de séjour est valide jusqu'au 13 octobre 2023 et qu'elle tente sans succès d'en demander le renouvellement depuis le mois de juillet 2023 ; cette situation la met en situation irrégulière et l'empêche de conclure un contrat de travail alors qu'elle avait obtenu une offre d'embauche ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'il ressort des mentions du site internet de la préfecture que la demande de la requérante devait être adressée par voie postale et non présentée par voie électronique. Par suite, elle ne justifie pas d'une urgence à statuer sur sa demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Il résulte de l'instruction que Mme A a tenté à de multiples reprises depuis le 10 juillet 2023 de présenter une demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " sur le site internet administration-etrangers-en-france.interieur.gouv. Il ressort des captures d'écran qu'elle produit que lorsqu'elle a pu accéder au service électronique, il lui a été délivré un message indiquant que la téléprocédure de demande de titre de séjour pour le motif qu'elle indiquait n'était pas accessible en ligne et qu'elle devait se connecter au site internet de la préfecture dont dépend sa résidence pour se renseigner sur les démarches à effectuer. Ce site indique, comme le présente en défense la préfète de l'Oise, qu'une telle demande devait être présentée par voie postale à la sous-préfecture de son lieu de résidence. Ainsi, il résulte de l'instruction que l'incapacité de Mme A de prendre un rendez-vous pour l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour résulte de sa seule incompréhension de la procédure qu'il lui incombait de suivre. S'il est regrettable que la complexité de la démarche administrative imposée aux usagers du service soit de nature à les induire en erreur, la requérante ne peut toutefois être regardée que comme s'étant mise elle-même, en l'espèce, dans la situation d'urgence qu'elle invoque. La condition d'urgence n'étant pas satisfaite, sa demande d'injonction ne peut qu'être rejetée, comme le sera, par voie de conséquence, sa demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la préfète de l'Oise.
Fait à Amiens, le 19 octobre 2023
Le juge des référés,
Signé :
B. Boutou
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.